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Un comité indépendant (nouvelle fenêtre) chargé de réaliser un examen approfondi du ministère de l’Éducation au Yukon fait état de « préoccupations importantes » dans son premier rapport, notamment en matière de relations avec le personnel scolaire et d’ingérence politique. Il conclut à la nécessité d’une « réforme majeure ».
Le ministre responsable, Scott Kent, s’est engagé à ce que son gouvernement mette en oeuvre les recommandations du rapport d’étape publié (nouvelle fenêtre) (en anglais) lundi.
Selon le rapport, il y a des conflits au sein du personnel du ministère, avec les écoles et les commissions scolaires. Les personnes consultées décrivent un climat de nous contre eux, des comportements inadéquats ne font pas l’objet de suivi, une tendance à rejeter la faute sur les autres et une crainte de représailles.
Le rapport résume les échanges de 55 séances avec des employés du ministère, des enseignants, des commissions scolaires, des conseils scolaires et d’autres groupes d’intérêt.
Il y a du travail à faire sur le plan des relations et ça va prendre un certain temps pour reconstruire cette confiance, affirme Scott Kent, en réaction à ce premier rapport, une démarche que son parti avait promise durant la campagne électorale de l'automne dernier.
Ingérence politique
Selon le comité, la structure du ministère est trop complexe avec cinq directions, plusieurs sous-directions ainsi que des services aux commissions scolaires francophone et autochtone. L’organigramme fourni compte une trentaine de pages, souligne-t-il.
Les directions d’école, le personnel scolaire et le public ne savent pas toujours à qui s’adresser pour obtenir de l’aide, peut-on lire dans le rapport.
Celui-ci souligne d’ailleurs que certaines décisions du ministère sont influencées par de l’ingérence politique. Celle-ci provient de parents qui font directement pression sur le ministère de l'Éducation, selon Lorraine Taillefer, membre du comité indépendant chargé de l'examen.
On le voit sur Facebook, des gens disent d’aller voir le ministre si vous n’obtenez pas le résultat souhaité, cela a de quoi nuire à la crédibilité et à l’équité, continue-t-elle, en précisant que cette pratique n’est pas propre à ce ministère et à son ministre actuel.
Les décisions ainsi prises ne répondent d'ailleurs pas toujours aux besoins des élèves, souligne le comité.
Selon Ruth Burridge, présidente de l’Association des professionnels de l’éducation du Yukon, l’ingérence peut toucher la taille des classes, les programmes ou le transport, notamment.
J’ai observé que les familles qui maîtrisent les rouages politiques et qui savent comment tirer les ficelles et se faire entendre parviennent souvent à se faire écouter par un sous-ministre ou un ministre.
Le statu quo ne peut réellement pas continuer, soutient Ruth Burridge.
Le comité croit que les parents ont besoin d’une procédure claire pour partager leurs préoccupations. Pour Lorraine Taillefer, il s’agit de revenir à la clarté et à l'intégrité à tous les niveaux.
Le ministre Scott Kent reconnaît qu’il faut un système permettant d’obtenir des résultats sans avoir à s'adresser à leur député, à un ministre ou à un haut fonctionnaire.
Manque de consultation
Le comité rapporte aussi que de nombreuses décisions sont prises sans consulter les commissions scolaires, les conseils scolaires, le personnel scolaire et les Premières Nations.
Ceux-ci, écrit le comité, pensent que cette exclusion est intentionnelle et vise à limiter les échanges et les discussions sur des enjeux importants, peut-on lire.
Les relations seraient devenues si difficiles que des écoles éviteraient de traiter avec les fonctionnaires du ministère.
Le comité estime également que le système ne répond pas aux besoins des élèves, particulièrement ceux avec des besoins particuliers. Il reconnaît aussi des enjeux de discrimination dans les écoles, sur lesquels il se penchera dans un prochain rapport.
Recommandations
Le comité a formulé quatre premières recommandations : limiter l’ingérence politique dans les écoles; séparer les rôles du ministère et des structures de gouvernance scolaire, tant sur le plan opérationnel, physique que financier; renforcer l’inclusion des élèves ayant des besoins particuliers; et mettre en place un système de reddition de comptes.
Lorraine Taillefer, membre du comité, explique que la recommandation de séparer les rôles s’inspire des structures mises en place par la Commission scolaire des Premières Nations et la Commission scolaire francophone du Yukon, qui fonctionnent très bien pour elles.
On croit que c’est la voie à suivre pour le ministère de l’Éducation, souligne-t-elle.
Le ministre Scott Kent affirme qu’ils vont trier les éléments du rapport en se concentrant sur le court et le moyen terme, puis mettre en œuvre ces recommandations dès que possible. Il dit soutenir la séparation des rôles et attendre plus d’informations de la part du comité.
Le comité a été créé par le gouvernement du Parti du Yukon après son élection, l'automne dernier. Durant la campagne électorale, le parti avait promis une révision du ministère, affirmant que l’ingérence politique et la bureaucratie avaient pris le dessus sur la réussite des élèves.
Le comité indépendant poursuit ses réunions avec les acteurs du système scolaire et devrait publier son rapport final d’ici la fin de l’année.
Avec des informations de Chris Windeyer (nouvelle fenêtre) et Elyn Jones


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