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« Vos pieds sont sur le sol et vous pensez que toute votre maison va s’écrouler », confie Anne Michaud, résidente du quartier Saint-Georges depuis 24 ans, à Baie-Comeau. Pour elle comme pour d’autres citoyens du quartier, la cohabitation avec la Carrière Jean Fournier a atteint un point de rupture.
Lors des explosions les plus violentes, les fenêtres de Mme Michaud se mettent à chanter sous l’effet de la vibration.

Anne Michaud et son mari habitent le quartier Saint-Georges depuis 24 ans.
Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin
Au-delà des dégâts matériels, l’impact psychologique de cette situation inquiète la citoyenne, particulièrement pour sa fille autiste pour qui ces détonations sont devenues une source d’anxiété supplémentaire.
À quelques rues de là, Gisèle Plourde dresse un constat similaire. Depuis plus de 10 ans, elle consigne les dates où des secousses majeures sont survenues. Pour elle, le dynamitage du 17 juin dernier a marqué un point de rupture. Elle affirme avoir alors tenté de joindre le propriétaire de la carrière sans retour.
Aujourd’hui, elle s’inquiète des conséquences des activités de la carrière sur l’intégrité de sa résidence. Selon elle, les tremblements causent des dommages à sa maison. La propriétaire remarque notamment des joints de brique qui s’effritent et des fenêtres descellées.

Gisèle Plourde remarque l'effritement du revêtement de sa propriété.
Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin
Pour Gisèle Plourde, c’est aussi l’épargne d’une vie qui s’effrite. Elle redoute les conséquences de cette situation sur le prix de vente de sa maison. C’est notre montant pour aller vivre dans une maison de retraite, explique-t-elle.
Comment je vais faire pour vendre ma maison ? s’exclame Anne Michaud, qui pense à prendre sa retraite avec son mari. En tant que vendeurs, les propriétaires savent qu’ils devront déclarer ces nuisances majeures sous peine d’être poursuivis pour vice caché.

Gisèle Plourde consigne les dates des dynamitages dans le quartier depuis plus de 10 ans.
Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin
Une mobilisation citoyenne
Les résidents se plaignent du bruit de la carrière depuis de nombreuses années, souligne le conseiller municipal du quartier Saint-Georges, Marc Rainville. Devant une récente augmentation des plaintes, le conseiller a décidé d’organiser une rencontre le 4 août pour entendre les doléances, plus de 100 citoyens se sont déplacés.

Marc Rainville est le conseiller municipal du quartier Saint-Georges à Baie-Comeau.
Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin
Je veux que la Ville s’occupe de nous , dénonce Anne Michaud. À la suite de l’assemblée du 4 août, un comité citoyen s’est formé. La relocalisation des activités de la carrière est au cœur de leurs revendications.
La carrière est active depuis 40 ans. À l’origine, elle ne devait être exploitée que pendant cinq ans pour fournir l’enrochement nécessaire au parc des Pionniers, explique Marc Rainville.
Moi et tous mes voisins, on nous a abandonnés […], on nous a vendu à un entrepreneur. La Ville nous a laissé tomber. Ça devait durer cinq ans cette carrière, mais ça dure.
Pour le conseiller municipal, l’objectif visé n’est en aucun cas de forcer la fermeture de la carrière qui emploie une cinquantaine de personnes. Selon lui, la relocalisation des activités s’impose comme le scénario idéal, même si le déménagement forcerait l’entreprise à repartir à zéro.
De son côté, la direction de la Carrière Jean Fournier n’était pas disponible pour une entrevue, mais indique vouloir privilégier le dialogue avec les résidents et précise avoir ajusté ses méthodes de travail par le passé.
Avec la collaboration d'Étienne Parent


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