Nouvelle destination pour le rapatriement de migrants. Le Burundi, Etat parmi les plus pauvres du monde, a signé un accord avec les Etats-Unis dans lequel il s'engage à accueillir des ressortissants de pays tiers expulsés par l'administration du président américain Donald Trump. La porte-parole du président burundais l'a indiqué jeudi à l'AFP.
Le petit pays d'Afrique des Grands lacs s'ajoute aux nombreux autres Etats africains avec lesquels l'administration du président Donald Trump s'est mise d'accord pour envoyer des ressortissants de pays-tiers expulsés du territoire américain.
Lire aussi: La Cour suprême américaine autorise l’expulsion d’immigrés vers des pays où ils n’ont jamais mis les pieds, malgré les risques de violation des droits humainsDes préparatifs en cours
Le président burundais Evariste Ndayishimiye a «accepté dernièrement (...) que le Burundi accueille les migrants refoulés par les Etats-Unis, mais uniquement ceux qui ne sont pas poursuivis pour des crimes ou ceux qui ne sont pas soupçonnés de terrorisme», a déclaré à l'AFP sa porte-parole Nancy-Ninette Mutoni.
Des «préparatifs très minutieux» sont en cours, a-t-elle poursuivi, car «il faut prévoir un endroit où les accueillir, le nécessaire pour leur subsistance et comment ils vont cohabiter avec la population», a-t-elle poursuivi.
Aucune date n'a encore été fixée pour l'arrivée des premiers expulsés des Etats-Unis, a encore indiqué la porte-parole, sans plus de précisions.
Un des pays les plus pauvres et censurés
Le Burundi, pays enclavé d'Afrique de la région des Grands lacs d'environ 15 millions d'habitants et ancienne colonie belge indépendante depuis 1963, est selon un classement de la Banque mondiale de 2024 le pays le plus pauvre du monde, notamment frappé par une pénurie récurrente de carburant.
A lire: L’ONU veut une enquête sur des crimes contre l’humanité au BurundiDepuis qu'Evariste Ndayishimiye, un militaire, a succédé en 2020 à Pierre Nkurunziza, décédé, le Burundi oscille entre signes d'ouverture des autorités et ferme contrôle du pouvoir.
L'ONG Reporters sans frontières classe le Burundi au 119e rang sur 180 pays en matière de liberté de la presse, affirmant que «l'environnement (y) reste encore très hostile pour l'exercice du journalisme».
Des migrants en échange de millions de dollars?
Une enquête internationale, publiée en septembre par le consortium Forbidden Stories, estime à 25 000 le nombre de personnes expulsées par Washington vers des pays tiers, aux termes d'accords secrets passés avec 35 pays.
Lire encore: «On m’a inventé une patrie»: le calvaire des migrants déportés par les Etats-Unis vers une Afrique inconnueUne enquête de l'AFP début 2026 avait montré que les Etats-Unis ont incité ces pays, notamment en Afrique, à accepter des expulsés en échange d'une aide se chiffrant en millions de dollars, et en menaçant de restrictions de visas en cas de refus.
Une vingtaine d'experts des Nations unies ont appelé lundi «tous les Etats et territoires concernés (à) immédiatement mettre fin à ces arrangements». «Ce qui est en jeu n'est pas seulement une politique migratoire, mais la vie, la sécurité, la dignité et les droits» des personnes, ont-ils insisté.


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