NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Par Le Figaro avec AFP
Le 26 juin 2026 à 12h55
Ajouter Le Figaro
à vos sources préférées

«Bien entendu, c’est une décision qui n’a rien à voir avec la justice», a réagi la militante des droits humains, 75 ans. «Elle a à voir avec un régime totalitaire qui veut éliminer l’héritage de l’IVD».
La militante des droits humains Sihem Bensedrine, l'une des opposantes les plus connues de Tunisie, a été condamnée dans la nuit de jeudi à vendredi à 25 ans de prison dans des affaires liées à la justice transitionnelle. «Bien entendu, c'est une décision qui n'a rien à voir avec la justice», a réagi auprès de l'AFP Mme Bensedrine, 75 ans.
«Elle a à voir avec un régime totalitaire qui veut éliminer l'héritage de l'IVD», a-t-elle affirmé vendredi, en référence à l'Instance vérité et dignité dont elle a été la présidente et qui a auditionné des milliers de victimes des pouvoirs de Habib Bourguiba (1957-1987) et Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011). Elle a annoncé qu'elle allait faire appel. Placée en détention en août 2024, elle avait été libérée en février 2025.
Une régression des droits et libertés
De nombreux autres opposants sont en prison ou en exil en Tunisie. Des ONG locales et internationales dénoncent une régression des droits et libertés dans ce berceau du Printemps arabe, depuis un coup de force en juillet 2021 du président Kais Saied par lequel il s'est octroyé les pleins pouvoirs. La justice poursuivait notamment Mme Bensedrine, ancienne journaliste, pour des soupçons de falsification d'une partie du rapport final de cette instance, mise en place après la révolution de 2011.
«Ils veulent effacer la mémoire de la justice transitionnelle», a accusé Mme Bensedrine. L'IVD a mené un long travail de mémoire rendu possible par le soulèvement de 2010-2011, qui a abouti à la chute du président Ben Ali. Elle a enquêté sur les violations des droits humains commises entre juillet 1955 et décembre 2013, dans le but de mettre fin à l'impunité de leurs auteurs et de réhabiliter les victimes.
Les accusations à son encontre étaient «infondées»
Mais si des audiences publiques, retransmises en direct à la télévision en 2016, avaient marqué les esprits, elles étaient malgré tout intervenues dans une société fracturée où certains refusent tout examen de conscience. Sihem Bensedrine, figure très exposée, a été au centre de nombreuses critiques dans ce climat politique fortement polarisé. La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) a jugé cette semaine dans un communiqué que les accusations à son encontre étaient «infondées».
La justice accuse notamment Mme Bensedrine d'avoir abusé de sa fonction de présidente de l'IVD pour avantager un tiers, à savoir l'homme d'affaires Slim Chiboub, lors d'un accord d'arbitrage et de réconciliation conclu avec l'IVD. Cet accord n'a «jamais été exécuté», a précisé à l'AFP son avocat Elyes Bensedrine. Elle a été condamnée à cinq ans dans ce dossier.
«Un système de corruption, de répression et de dictature»
Elle a également été reconnue coupable d'avoir causé un préjudice à l'administration dans l'affaire de la Banque franco-tunisienne (BFT) - accusée de corruption - et de falsification du rapport final de l'IVD dans ce cadre, ce qui lui vaut 20 ans de prison, toujours selon son avocat. Mme Bensedrine affirme être visée par «des fonctionnaires mafieux (qui) prennent l'État en otage», afin de «prendre leur revanche» et «délégitimer nos travaux». Ils veulent «pouvoir avoir une base judiciaire pour dépublier le rapport (de l'IVD), parce que tant qu'il est publié au Journal officiel, il engage l'État», a-t-elle assuré.
La FIDH a écrit que les poursuites contre l'ancienne journaliste soulevaient «de sérieuses préoccupations», car la loi «prévoit qu'aucun membre de l'Instance ne peut être tenu responsable du contenu des rapports produits». Mme Bensedrine, qui dément toute malversation, a expliqué à l'AFP que sa défense avait en effet plaidé que le tribunal n'était pas compétent. Dans son rapport final publié en 2020, l'IVD avait appelé à «démanteler un système de corruption, de répression et de dictature» persistant au sein des institutions de l'État.


4 day_ago
52



























.jpg)






French (CA)