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Trois nations innues font front commun

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« On n’a jamais donné notre consentement, on n’a jamais demandé à Kino Aski de parler pour nous autres », déclare Audrey-Lise Rock-Hervieux, vice-cheffe du Conseil des Innus de Pessamit et représentante des Premières Nations d’Essipit, de Mashteuiatsh et de Pessamit dans le dossier de Kino Aski LNG.

Les Premières Nations d’Essipit, de Mashteuiatsh et de Pessamit ont officiellement annoncé qu’elles n’appuient pas le projet de gaz naturel liquéfié (GNL) Kino Aski.

Rappelons qu’en juillet, Marinvest Energy envisageait une usine de gaz naturel liquéfié dans le secteur de la baie des Anglais, à Baie-Comeau.

Quelques semaines plus tard, la Nation atikamekw dévoilait Kino Aski LNG, un projet auquel participe l’entreprise norvégienne et qui prévoit un gazoduc de 1 000 km reliant l’Alberta à la Côte-Nord. Selon le tracé envisagé, celui-ci traverserait le Nitassinan des Innus de Pessamit, d’Essipit et de Mashteuiatsh.

Jusqu’ici, ces trois Conseils innus ne s’étaient pas encore prononcés officiellement sur le projet.

C’est mardi dernier, le 13 octobre, que Pessamit, Essipit et Mashteuiatsh ont officialisé leur non-appui au projet, dans un communiqué de presse diffusé sur leurs pages Facebook respectives.

La Nation atikamekw a présenté son projet comme étant une initiative portée par l’ensemble des Premières Nations du Québec. Sur le site Web de Kino Aski LNG, on peut lire en grosses lettres : GNL canadien à faible empreinte carbone pour l’Europe, dirigé par les Premières Nations.

Kino Aski LNG, prétendant avoir l’appui de l’ensemble des Premières Nations.  Capture d’écran site Web de Kino Aski LNG

Le Conseil des Innus de Pessamit déplore que la Nation atikamekw l’ait représenté sans avoir obtenu son consentement. « Le consentement, ce n’est vraiment pas une formalité. C’est un droit qui doit être respecté », déclare Audrey-Lise Rock-Hervieux.

Pour le développement

« Je tiens à être très claire, on n’est pas contre le développement économique, mais on ne peut pas accepter que des décisions qui auront des conséquences assez importantes sur le Nitassinan se prennent sans nous, puis surtout sans consulter la population », soutient Mme Rock-Hervieux.

Il faut comprendre que, depuis juillet, très peu d’informations ont été données par Marinvest Energy et la Nation atikamekw, qui n’ont encore offert aucune séance d’information. 

« Qu’est-ce qui est envisagé pour le Nitassinan ? Quelles seront les conséquences pour nos familles ? Nous souhaitons vraiment que les membres de Pessamit aient accès à toute l’information nécessaire pour pouvoir se prononcer », lance Audrey-Lise Rock-Hervieux. 

Le Nitassinan des Innus

Audrey-Lise Rock-Hervieux rappelle que le Nitassinan est le territoire ancestral des Innus, tandis que celui de la Nation atikamekw est le Nitaskinan. Elle précise que les Atikamekw ne possèdent pas de droits sur le territoire innu.

« Les gens sont inquiets », confie avec émotion la vice-cheffe.

Sur la Côte-Nord, le tracé envisagé du gazoduc traverserait directement le Nitassinan. Il pourrait également toucher une aire protégée et un massif de conservation, en plus de passer dans l’habitat du caribou forestier. Le secteur concerné comprend notamment le territoire visé par le projet d’aire protégée de Pipmuakan.

« Quand un territoire est fragmenté, on ne peut pas toujours revenir en arrière une fois qu’on a pesé sur le bouton play. Ce sont nos enfants qui devront vivre avec les conséquences écologiques », déclare-t-elle.

Loi C-5 et projet de loi C-39

Les trois nations mobilisées s’inquiètent également du recours que pourrait faire le gouvernement fédéral à la loi C-5 et au projet de loi C-39, deux mesures législatives fédérales qui visent notamment à accélérer la réalisation et l’approbation de grands projets au Canada.

« Notre plus grosse crainte, c’est que ce projet puisse être désigné comme un projet d’intérêt national et qu’on se retrouve devant des décisions très avancées sans avoir pu se faire entendre », conclut Audrey-Lise Rock-Hervieux. 

Une rencontre à Pessamit

Une rencontre entre le Conseil des Innus de Pessamit et le chef de la Nation atikamekw, Constant Awashish, est prévue d’ici la fin octobre. L’objectif sera de mieux comprendre les motivations derrière le partenariat avec Marinvest Energy et les raisons qui ont mené à cette décision.

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Roseline Pelletier

Initiative de journalisme local

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