NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Ajouter Le Figaro
à vos sources préférées

TRIBUNE - S’il faut préserver les accords du Touquet, qui garantissent la fluidité des échanges entre la France et le Royaume-Uni, il y a urgence à ce que Londres révise sa politique migratoire pour que la France cesse d’en porter seule les conséquences, estime Daniel Fasquelle, maire LR du Touquet.
Daniel Fasquelle est maire LR du Touquet. Il a été député du Pas-de-Calais.
Chaque jour, sur les plages de la Côte d’Opale, se joue un drame humain. En 2025, plus de 41 000 personnes ont tenté la traversée de la Manche à bord d’embarcations de fortune. Des dizaines n’en sont pas revenues. Derrière ces chiffres, il y a des visages, des familles, des espoirs brisés. Et il y a aussi une réalité que les élus locaux, les forces de l’ordre et les habitants subissent au quotidien : une pression insoutenable, devenue structurelle, qui dépasse désormais les capacités de notre territoire.
Aujourd’hui, le constat est implacable et les moyens ne suffisent plus. L’État français déploie des ressources colossales : renforts policiers et gendarmes, drones, hélicoptères, surveillance maritime, coopération franco-britannique. Pourtant, les réseaux de passeurs s’adaptent, les traversées continuent, et le bilan humain s’alourdit. Gérer les conséquences sans traiter les causes, c’est condamner la Côte d’Opale à porter seule le poids d’une crise qui la dépasse.
Dans ce contexte, remettre en cause les accords du Touquet serait une erreur. Signés en 2003, ils permettent aux autorités britanniques d’effectuer des contrôles frontaliers sur le sol français avant l’embarquement. Ils garantissent aussi la fluidité des échanges entre nos deux pays : chaque année, ce sont 1,5 million de poids lourds, 40 millions de tonnes de marchandises et 20 millions de passagers qui transitent par le détroit du Pas-de-Calais. Fragiliser cet équilibre, c’est risquer de désorganiser l’un des principaux corridors économiques d’Europe. Et confondre cette réalité avec la question migratoire, c’est se condamner à l’impasse.
Les migrants qui souhaitent demander l’asile en Grande-Bretagne doivent pouvoir y être accueillis le temps de l’examen de leur demande.
Daniel FasquelleC’est pourquoi, la réponse à cette crise humanitaire est à Londres. Les migrants qui souhaitent demander l’asile en Grande-Bretagne doivent pouvoir y être accueillis le temps de l’examen de leur demande, et non sur les côtes françaises. Vouloir les retenir de force, alors qu’ils sont déterminés à rejoindre le Royaume-Uni, n’a aucun sens. C’est aussi un échec cuisant, malgré les moyens humains et financiers investis.
Pour tarir le flux des traversées, le Royaume-Uni ne pourra plus longtemps éluder la question de son attractivité migratoire : travail illégal, économie parallèle, filières organisées, accès rapide à l’emploi clandestin. Tant que ces facteurs persisteront, les traversées clandestines continueront. Et la France ne peut indéfiniment porter seule les conséquences d’une politique migratoire dont la destination finale est clairement britannique.
C’est pourquoi, il convient de distinguer deux sujets. D’une part, les accords du Touquet, qui doivent continuer à garantir la fluidité des échanges économiques et commerciaux entre la France et le Royaume-Uni. Les remettre en cause brutalement, c’est ajouter du chaos à une situation économique déjà fragilisée par le contexte international. D’autre part, la question des demandes d’asile et de l’attractivité migratoire britannique, qui exige une approche radicalement différente. Cela suppose du courage, des deux côtés de la Manche, et une coopération européenne renforcée.
Et les habitants de la Côte d’Opale comme les élus, témoins quotidiens de cette crise migratoire, en sont convaincus : cette situation ne se résoudra ni par le déni, ni par des mesures symboliques. Elle exige des solutions concrètes, une répartition équitable des responsabilités, et une volonté politique à la hauteur des enjeux humains et économiques. La France a fait sa part. Il est temps que le Royaume-Uni fasse la sienne. Il y a urgence à agir ensemble.


3 week_ago
88



























.jpg)






French (CA)