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Les travaux préparatoires du tramway au centre-ville de Québec risquent de compliquer l’été des restaurateurs de la Grande Allée. L’artère ne pourra pas accueillir de terrasses supplémentaires pendant la saison estivale, de quoi plomber les revenus des commerçants.
En raison des travaux sur le boulevard René-Lévesque, la circulation sera redirigée vers la Grande Allée dès ce printemps. La rue passera donc de deux à quatre voies routières. Pendant la période la plus faste de l’année pour les commerçants, les terrasses qui apparaissent habituellement le long des trottoirs ne pourront pas être installées, faute de place.
Concrètement, c’est une perte d’espace, à travers nos trois restaurants, de 280 places durant les fins de semaine. De semaine, on va perdre environ 180 places, explique Fabio Monti, l’un des copropriétaires du Groupe Maestro, qui possède les restaurants L’Atelier, Ophelia et Mora sur la Grande Allée.
Sans ses terrasses pendant l’ensemble de la période estivale, Fabio Monti estime déjà des pertes quotidiennes de plusieurs dizaines de milliers de dollars.
C’est un impact financier d'environ 160 $ par place assise par jour, mentionne-t-il.

Alexandre Grenier (gauche) et Fabio Monti (droite) sont copropriétaires des restaurants L'Atelier, Ophelia et Mora situés sur la Grande Allée.
Photo : Radio-Canada / Jérémie Camirand
Ces travaux arrivent au pire moment de l’année, concède Alexandre Grenier, également copropriétaire du Groupe Maestro.
Pendant le Festival d’été de Québec, la Grande Allée se transformera en rue piétonne. Des terrasses pourront donc être installées le temps de l’événement. Les deux restaurateurs prévoient également un achalandage conséquent, puisque la Grande Allée deviendra le principal axe routier est-ouest pendant la durée des travaux.
Notre problème, c'est de ne pas être capables d'accueillir ces gens-là par manque de place, s’inquiète Alexandre Grenier.
Il faut faire vite, disent les restaurateurs
Dans ce contexte, le Groupe Maestro espère pouvoir construire une nouvelle terrasse, à l’arrière de leurs établissements. Un tel ajout permettrait au groupe de créer entre 80 et 100 places.
C'est une solution qui ne dérange personne, c'est une solution qui, sur le long terme, ne va impacter aucun citoyen, pense Alexandre Grenier.
Seul problème : le règlement de zonage municipal empêche de telles constructions. Les restaurateurs ont déjà rencontré la Ville à ce sujet, mais attendent toujours une réponse.
On aimerait avoir une dérogation pour toute la durée des travaux. [...] Il faut faire vite. Naturellement, l'été arrive à grands pas et on a besoin de beaucoup de souplesse de la part de la Ville et de la rapidité, dit Fabio Monti.

C'est dans le stationnement de leurs restaurants qu'Alexandre Grenier et Fabio Monti souhaitent construire une nouvelle terrasse.
Photo : Radio-Canada / Jérémie Camirand
Les deux restaurateurs proposent aussi l'octroi d'une permission spéciale du vendredi au dimanche soir.
Ce qu'on aimerait, c'est avoir la possibilité d'être en discussion constante avec la Ville pour analyser le trafic réel qu’il y a sur la rue et voir la possibilité de venir installer nos terrasses à partir du vendredi soir, sur toute la fin de semaine, jusqu'au dimanche, suggère Fabio Monti.
Si aucun ajustement n’est apporté, le Groupe Maestro pourrait encaisser des pertes de deux millions de dollars, seulement cet été. Le groupe sent toutefois l’intérêt de la Ville à l'accommoder.
On ne prévoit pas d'arriver à ce constat-là à la fin de l'été. On pense que ça va bien se passer. On est très optimistes pour l'été, nuance M. Grenier.
La Ville veut être proactive
L'administration Marchand soutient être à l'écoute des besoins des restaurateurs et dit analyser les différentes solutions réalisables. Aucune décision n'a toutefois encore été prise en ce qui a trait aux accommodements possibles.
La Ville doit focusser sur le quoi et le besoin, estime la conseillère municipale du district du Cap-aux-Diamants, Mélissa Coulombe-Leduc.
L'objectif, c'est d'être le plus proactif et agile possible dans le contexte pour trouver des accommodements, ajoute-t-elle.

Mélissa Coulombe-Leduc est conseillère municipale du district du Cap-aux-Diamants et responsable de l’urbanisme au comité exécutif de la Ville de Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Xavier Gagnon
Pour ce qui est de la demande du Groupe Maestro au sujet d'un changement de zonage en vue de la construction d'une terrasse à l'arrière des bâtiments, la Ville ne veut pas sauter d'étapes.
Est-ce que c'est nécessairement une modification de zonage? Il faudra voir, surtout dans le contexte où il faudra agir rapidement. En vertu de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, on est quand même contraints à un certain processus de modification, indique Mme Coulombe-Leduc.


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