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À l'occasion de son 25e anniversaire, le Jardin des Premières-Nations, du Jardin botanique de Montréal, change de nom afin de souligner la présence des Inuit sur le territoire du Québec. Ce lieu devient donc officiellement le Jardin des Nations-Autochtone. Une décision justifiée par une volonté d'inclure ce peuple basé au Nunavik.
La modification du nom peut sembler mineure, mais elle s’inscrit dans un désir institutionnel de ne pas négliger les populations inuit. L’initiative, selon le Jardin botanique, sert à réaffirmer son engagement envers toutes les nations autochtones.
La diplomatie au coeur du projet
Le Jardin des Premières-Nations avait été inauguré le 4 août 2001 pour commémorer la signature du Traité de la Grande Paix de Montréal, 300 ans plus tôt. Un événement historique qui avait mis fin à une période marquée par plusieurs conflits conflits entre Premières Nations, aussi entre certaines de celles-ci et les Français. On voulait un projet structurant qui pouvait célébrer la Grande Paix de Montréal de façon durable. [...] Puis, un jardin, ça s'installe dans le temps, explique Martine Bernier, cheffe de division des programmes publics et de l'éducation au Jardin botanique.
La création du Jardin se voulait une manière de refléter l’importance du partage, de l'écoute et de la diplomatie. Martine Bernier indique que plusieurs éléments de ce projet ont été mis à jour depuis 25 ans afin de suivre les changements qui s’opèrent dans la société.
Notre regard sur les personnes autochtones a changé, tout le discours sur l'autochtonie a changé. [...] Il y a des questions qu'on n'osait pas aborder il y a 25 ans, comme les méfaits du colonialisme. [...] À l'époque dans le jardin, on se tenait à parler des cultures et des relations avec les plantes. Maintenant, on ne peut pas faire fi des enjeux et des questions plus actuelles en lien avec la culture.

Le pavillon du Jardin permet d'en apprendre plus sur les populations autochtones au Québec.
Photo : Radio-Canada / Claude Lafond
Créer des relations qui perdurent
Dès le départ, le Jardin avait pour but de servir d’espace de rencontre et de dialogue en reflétant la diversité du savoir territorial autochtone.
Dominique Rankin, un aîné anichinabé, avait fait partie des Autochtones consultés lors du développement du Jardin, il y a 25 ans. Présent à son ouverture et de nouveau lors de l'annonce du changement de nom, il juge que le Jardin sert d’important lieu culturel pour les autochtones qui ont quitté leur territoire pour la ville. Quand je suis arrivé ici, c'est comme si j'avais amené aussi les arbres, les esprits, dit-il.
C'était d’ailleurs une invitation à visiter son territoire qui avait servi d'élément déclencheur pour amorcer le projet, en 2001. L’aîné traite le Jardin comme lieu de guérison et de connexion avec la culture, qui est plus difficile d’accès pour les Autochtones en milieu urbain.
Un espace éducatif
En plus d’être un lieu culturel, le Jardin des Nations-Autochtones sert de lieu d’apprentissage pour ses visiteurs allochtones. Une équipe de guides autochtones offre des visites guidées tout en expliquant la signification de la flore et des structures aux alentours, en plus d’offrir un contexte historique pour les œuvres d’art autochtone dispersées dans le jardin.

Le Jardin des Nations-Autochtones sert de lieu d'éducation et de partage des savoirs traditionnels autochtones.
Photo : jardin botanique de montréal (gilles murray) / Gilles Murray
Le Jardin offre également des ateliers culturels, comme de la broderie, des conférences et des événements, comme pour la Journée internationale des peuples autochtones, qui aura lieu le 9 août prochain. Une journée de recueillement y est aussi tenue le 30 septembre, lors de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.
Souvent, on observe que les visiteurs et les visiteuses, c'est leur premier contact avec une personne autochtone , dit Martine Bernier. Nos visiteurs allochtones peuvent avoir l'occasion de poser les questions sur les nations autochtones qu'ils n'ont jamais pu vraiment poser parce que, dans leur quotidien, ils n’ont pas ces rencontres-là qui sont possibles.
Invitée pour chanter dans la cérémonie d’ouverture, l’artiste inuit Nina Segalowitz a d'ailleurs parlé de la responsabilité intergénérationnelle au territoire chez les peuples autochtones. C'est pas juste les Premières Nations et les Inuit qui vont prendre soin des arbres, des fleurs, des médecines, de la terre, de la mer. Ça affecte tout le monde.


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