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À quelques semaines de son 84e anniversaire, Paul McCartney a lancé vendredi son 18e album solo, The Boys of Dungeon Lane. Si l’ex-Beatles a inévitablement perdu du coffre avec l’âge, son talent de compositeur reste intact, alors qu’il propose un opus à la fois énergique et nostalgique, sans jamais s’apitoyer sur les années révolues.
Le titre de l’album fait référence à une rue du quartier où McCartney a grandi avec George Harrison à Liverpool. Dans Down South, il se souvient de trajets en autobus avec le défunt guitariste des Beatles, alors que Days We Left Behind aborde l’impermanence de la vie, sans amertume.
Si plusieurs de ces 14 nouveaux titres sont ancrés dans le passé, c’est avec un regard serein que le légendaire musicien fait le bilan de sa vie bien remplie.
On ne devrait pas s’attendre à de profondes réflexions sur la mortalité de la part de McCartney à l’approche de son 84e anniversaire, écrit David Bauder dans sa critique pour l’Associated Press. Ce n’est pas son style de toute façon. Dans ses meilleurs moments, l’album offre de charmants souvenirs de sa jeunesse.
The Boys of Dungeon Lane oscille entre rock classique, ballades acoustiques et chansons aux influences plus modernes, comme Ripple in a Pond ou Come Inside, un morceau qui évoque le rock-blues radiophonique des Black Keys.
À certains moments, Paul McCartney convoque de manière évidente l'esprit de son ancien groupe Wings. C’est le cas sur le titre d’ouverture As You Lie There, avec ses sections bien distinctes, chacune comme une scène de pièce de théâtre.
L’influence de Wings se fait aussi entendre sur Mountain Top, qui évoque une randonnée sous l'influence de champignons hallucinogènes au sommet d’une montagne.
Sur ces chansons plus rock, McCartney se montre en grande forme vocale, ce qui est parfois moins manifeste sur des ballades comme Days Left Behind, où sa voix plus vacillante trahit son âge. Cette fragilité contribue toutefois à donner un caractère très intime aux titres mélancoliques, comme l’émouvante Life Can Be Hard.
Seule collaboration de l’album : un rare duo entre McCartney et Ringo Starr, l'ancien batteur des Beatles et seul autre membre du groupe toujours en vie. Si Home to Us n’est pas la chanson la plus marquante de l’album, elle cadre bien avec l’amour des deux collègues pour les mélodies plus légères.
À 83 ans, Paul McCartney semble toujours prendre autant de plaisir à faire de la musique, proposant des chansons plutôt simples, mais aux arrangements élaborés.
L’ancien chanteur et bassiste des Beatles joue la grande majorité des nombreux instruments sur l’album, avec quelques coups de main de son coproducteur Andrew Watt, notamment à la guitare électrique.
Ce dernier, de presque 50 ans le cadet de McCartney, insuffle d’ailleurs un vent de fraîcheur à ses chansons. Ce n’est pas un hasard si Watt a aussi produit Foreign Tongues, le prochain album des Rolling Stones, immortels rivaux des Beatles.
Andrew Watt s’assure de ne pas trop ornementer l’énergie brute des instruments enregistrés par Paul McCartney, tout en assurant une production léchée, mais organique.
Un accueil critique chaleureux
Au premier jour de sa sortie, The Boys of Dungeon Lane a eu un accueil chaleureux de la part de la critique. Dans le magazine Variety, Chris Willman affirme qu’il s’agit probablement du meilleur album de McCartney du 21e siècle.
Un sentiment partagé par Alexis Petridis du quotidien britannique The Guardian, qui y va toutefois de quelques bémols.
Comme c’est souvent le cas chez le McCartney contemporain, quelques morceaux ne convainquent pas – Come Inside ou l’insipide First Star of the Night –, mais The Boys of Dungeon Lane semble nettement plus cohérent et ambitieux que plusieurs de ses productions du 21e siècle, écrit-il.
Dans sa critique de 4,5 étoiles sur 5 pour Rolling Stone, Simon Vozick-Levinson qualifie quant à lui l’album de nouveau chef-d’œuvre solo de Paul McCartney. La force vitale de McCartney demeure intacte tout au long de ces 14 morceaux, et le plaisir qu’il trouve à faire de la musique transparaît dans chaque changement d’accord, ajoute-t-il.
Jordan Bassett écrit pour le site NME que si Paul McCartney a prouvé une chose depuis son arrivée au sein des Quarrymen en 1957, c’est qu’il n’est en rien prisonnier d’un son ou d’un style.
Même si l’album reste ancré dans le passé, ce qui impressionne le plus dans Dungeon Lane, c’est sa fraîcheur sonore, alors que McCartney zigzague entre une ballade acoustique empreinte de douceur (Days We Left Behind), un rock d’aréna plein d’assurance (Come Inside) et une pop orchestrale envoûtante (Momma Gets By).
Avec les informations de Associated Press et Rolling Stone


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