Souvenez-vous, c’était il n’y a pas si longtemps, dans une contrée pas si éloignée du pays vaudois. Genève célébrait le triomphe de sa majorité de droite: un rabais fiscal d’une moyenne de 8,7% sur le revenu, voté à plus de 60%, taillé pour la classe moyenne, et entré en vigueur au premier jour de l’année 2025. Le canton pouvait déjà s’appuyer sur une baisse de l’impôt sur la fortune de 15% acceptée par le peuple en 2023 à 52,1%. A mesure que s’approche le scrutin vaudois du 27 septembre 2026, l’ombre du voisin genevois s’étire sur le Léman. Avec l’initiative des 12%, promesse d’allègement ou spectre de l’austérité, Vaud contemple sa propre image dans une glace aux reflets incertains.
D’un côté de la rive, les docteurs de la foi libérale vantent une vertu réparatrice. Pour le député du bout du lac UDC Michael Andersen, la baisse d’impôt n’a rien d’un vœu pieux, mais s’apparente à une loi de la nature. Réduire la charge, c’est libérer la sève du travail et redonner de l’air à une classe moyenne étranglée. «L’argument des baisses de prestations est erroné», martèle-t-il, assurant qu’à Genève, l’Etat n’a rien retranché à ses missions fondamentales. Mieux encore, l’impôt amoindri nourrirait l’impôt futur: à chaque concession fiscale, les recettes ont fini par jaillir de plus belle.


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