Près de trois quarts des Suisses rêvent de quitter la vie active avant l’âge légal, mais seule une minorité pourra se le permettre. Voici les principaux enseignements du sondage exclusif MIS Trend réalisé pour Le Temps dans le cadre du Forum Prévoyance.
L’écart entre l’aspiration à une retraite anticipée et sa réalisation concrète est difficile à concrétiser. Si 71% des Suisses aimeraient avancer l’âge légal de départ, à peine 26% prévoient réellement de quitter la vie active plus tôt. Cette fracture s’explique avant tout par la réalité économique des ménages.
59% des sondés désignent leur situation financière comme le facteur décisif pour envisager un départ anticipé. Quitter la vie active prématurément relève donc davantage de la capacité financière que d’une simple question de volonté.
Une confiance solide mais inégale dans le système
Dans un contexte de vieillissement démographique et de réformes structurelles (comme AVS 2030), les Suisses maintiennent leur confiance dans les institutions de prévoyance, avec toutefois une nette préférence pour la capitalisation individuelle. Le troisième pilier génère 83% d’opinions favorables, contre 75% de confiance pour la Prévoyance professionnelle (LPP, deuxième pilier) et 62% pour l’AVS (premier pilier).
Si le premier pilier suscite le plus d’interrogations, la population n’anticipe pas sa disparition. 59% des personnes interrogées estiment que l’AVS existera toujours dans vingt ans, mais sous une forme remaniée.
Vers une fin de carrière à la carte
Face au besoin de pérenniser le système, la solution d’un relèvement généralisé de l’âge de la retraite se heurte à une forte opposition: seuls 18% des sondés l’approuvent. Le modèle d’un âge de départ couperet et identique pour tous semble avoir vécu.
41% accepteraient de travailler plus longtemps, mais uniquement dans les métiers les moins pénibles physiquement (une proportion équivalente y reste totalement opposée). 55% sont favorables à des incitations pour prolonger la vie active sur une base volontaire. 53% souhaiteraient réduire progressivement leur taux d’activité avant la retraite, acceptant en contrepartie une rente légèrement inférieure.
Le débat se déplace désormais vers une transition sur mesure, permettant à chacun de moduler sa fin de carrière tout en préservant l’équilibre financier du système pour les générations futures.


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