Les premières lignes, il est question d’un papillon (le Grand Paon de Nuit) et de sa longue gestation, dans le secret de sa chrysalide. Dans les délicieux chapitres de Trois, Corinne Desarzens évoque la filiation, ses trois enfants, mais aussi ses frères et ses parents. Le récit se construit autour d’anecdotes tour à tour drôles, absurdes, poignantes, fulgurantes.
L’écrivaine signe, dans le chapitre «La lettre», parmi les plus belles pages de son œuvre. Elle reproduit un message reçu en 1986 de sa mère, qui cherchait à la dissuader de garder les jumeaux qu’elle portait dans son ventre. Le mélange de mépris et de condescendance de la missive maternelle est poussé à un tel degré qu’il devient comique. «Voici mes remarques. Comme je te l’ai dit: On est toujours seul. A toi donc de mener ta vie comme bon te semble et de prendre les décisions que tu jugeras opportunes. Par expérience, je tiens toutefois à te dire que, si c’était à refaire, je ne mettrais aucun être au monde.»


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