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Les neurosciences définissent la créativité comme la capacité d'une personne à produire des idées originales et pertinentes pour trouver des solutions à un problème ou améliorer une situation. Dans le cerveau, la créativité se traduit par des interactions entre plusieurs zones du cerveau. Deux réseaux principaux ont été mis en avant par les neuroscientifiques.
Que se passe-t-il dans le cerveau quand on est créatif ?
La créativité fait intervenir le réseau cérébral qui nous permet d'avoir un contrôle sur nos pensées, nos actes, nos comportements, dans le but d'atteindre certains objectifs. On l'appelle le réseau du contrôle exécutif.
La créativité fait également intervenir un réseau impliqué dans la cognition spontanée. C'est ce dernier qui opère quand on fait des associations d'idées, que l'on s'égare mentalement. Les neuroscientifiques l'appellent le « réseau par défaut ».
Le premier réseau permet de faire le tri entre les bonnes idées et celles qui ne sont pas intéressantes, tandis que le second favorise la génération spontanée d'idées. La superstition peut avoir une influence positive sur ces réseaux.
Les croyances superstitieuses boostent les performances cognitives
Quelques études se sont intéressées aux liens entre superstition et performance cognitive. L'une d'entre elles, publiée dans la revue Psychological Science, a montré que les personnes qui activent des superstitions positives (associées à la « bonne chance ») avant des exercices de motricité, de mémoire ou de jeux de mots ont tendance à mieux performer dans ces tâches.
Alors il n'y a rien de magique à tout cela. Les chercheurs supposent simplement que les croyances superstitieuses positives (utiliser un porte-bonheur par exemple) augmentent la confiance en soi, qui à son tour améliore les performances cognitives et donc la créativité.
De plus, les superstitions rassurent, ce qui permet de diminuer l'anxiété et d'augmenter le sentiment de contrôle quand nous sommes dans des situations incertaines. Or, nous l'avons vu, la créativité fait intervenir dans le cerveau le réseau du contrôle exécutif.
Les rituels superstitieux libèrent le cerveau de tout ce qui pourrait l'empêcher de performer : anxiété, stress, perte de contrôle... © peopleimages.com, Adobe Stock
La superstition chez les sportifs de haut niveau : un outil pour briller ?
Chez les sportifs de haut niveau, les croyances superstitieuses positives ne sont pas le signe d'une créativité exceptionnelle. Néanmoins, elles optimisent tout un tas de facteurs psychologiques qui laissent le champ libre à l'expression d'une forme de créativité lorsqu'ils exercent leur sport.
Dans le football, l'une des superstitions les plus répandues concerne la tenue des joueurs, notamment leurs chaussettes et leurs chaussures. Beaucoup de joueurs croient au pouvoir des « chaussettes porte-bonheur » ou des « chaussures porte-bonheur », qu'ils portent lors des matchs où ils estiment avoir réalisé une bonne performance. Chez d'autres joueurs, un sens particulier est donné à certains gestes. On se souvient tous de la publicité Volvic avec Zinédine Zidane qui prononce cette phrase avant un match : « D'abord la jambe gauche, toujours. Chaussettes, chaussures, toujours. Puis la jambe droite. ».
Là encore, rien de magique ne se passe sur le terrain. Ces rituels superstitieux permettent de se débarrasser de tout ce qui pourrait nuire aux performances sportives : anxiété, stress, perte de contrôle. Ils libèrent l'esprit, ce qui donne plus de ressources au cerveau pour improviser, anticiper et prendre des décisions créatives en temps réel.
Croyances rigides et envahissantes : quand la superstition bride la créativité
La créativité repose sur une forme de flexibilité cognitive. Quand les croyances superstitieuses prennent trop de place ou sont extrêmes (« si je ne fais pas cela, je ne peux pas performer »), elles peuvent bloquer les pensées créatives. Comment ? En figeant les comportements, en réduisant la curiosité et en limitant notre capacité à nous adapter à des situations nouvelles.
Mais ce n'est pas tout. On est créatif quand on est maître de ce que l'on pense. Or, si l'on attribue nos performances à un objet, un geste ou une « chance » extérieure, la prudence prend le pas sur l'audace et la peur sur la prise de risque créative.
Le meilleur moyen de tirer profit de vos croyances superstitieuses est de ne pas miser toutes vos réussites sur elles. Mais plutôt de les considérer comme un coup de pouce (qui ne marche pas à tous les coups). Faites-vous confiance !


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