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Sous un quartier d’Autun dormaient plus de 230 tombes de la fin de l’Empire romain, dont une quinzaine de cercueils en plomb

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Plus de 230 tombes de l’Antiquité tardive dormaient sous un quartier d’Autun, en Saône-et-Loire, tout près de l’ancienne église paléochrétienne de Saint-Pierre-l’Estrier. Parmi elles, une quinzaine de cercueils en plomb, un matériau rare dans la moitié nord de la France. L’Inrap en a fouillé une partie en 2020, en collaboration avec le service archéologique de la ville d’Autun.

Tout part d’un aménagement privé.

La fouille relève de l’archéologie préventive : le sol est exploré avant que les travaux ne l’altèrent. Elle a été prescrite par l’État, par l’intermédiaire de la direction régionale des affaires culturelles de Bourgogne-Franche-Comté, puis réalisée par l’Inrap. Le secteur n’était pas inconnu des spécialistes : il avait déjà fourni la plaque de Pektorios, une des premières inscriptions chrétiennes de France, datée du IVe siècle. Cette fois, ce sont des mausolées, des sarcophages et un mobilier que l’État qualifie d’exceptionnel qui sont sortis de terre.

À retenir

  • Plus de 230 tombes de l’Antiquité tardive ont été découvertes sous un quartier d’Autun.
  • Une quinzaine de cercueils en plomb ont été identifiés, un matériau rare dans la moitié nord de la France.
  • La nécropole couvre 3 hectares et a été utilisée du IIIe au Ve siècle.

Sommaire

  1. 3 hectares de tombes, du IIIe au Ve siècle
  2. Un cercueil qui semblait fermé depuis plus de 1500 ans
  3. Ambre, jais, or et pourpre
  4. Le 19 mai 2026, le mobilier passe à la ville

3 hectares de tombes, du IIIe au Ve siècle

L’espace funéraire couvre 3 hectares, soit à peu près 4 terrains de football. La nécropole a été utilisée du milieu du IIIe siècle jusqu’au Ve siècle, tandis que l’occupation du site court du début du IIIe siècle au milieu du Ve siècle. Elle naît à l’aube de la christianisation du monde romain, avant l’implantation des églises voisines, dont celle de Saint-Pierre-l’Estrier, aux Ve et VIe siècles.

Les chiffres varient selon le moment du décompte. Lors du point d’étape de 2020, l’Inrap comptait près de 150 inhumations, alors que le total cité depuis dépasse 230 tombes, sur une partie seulement de la nécropole.

La variété des sépultures frappe autant que leur nombre. On y a identifié 6 sarcophages en pierre, 6 mausolées et une quinzaine de cercueils en plomb. D’autres défunts reposaient dans des cercueils, généralement en bois ou en plomb.

Ces modes d’inhumation coûtaient cher. Les sarcophages de pierre et les cercueils de plomb nécessitaient d’importantes ressources financières, et certaines tombes appartenaient clairement aux élites de la cité éduenne. À Autun, on connaissait déjà une quarantaine de cercueils de plomb, ce qui en fait l’un des gisements les plus importants de la moitié nord de la France. Au premier bilan de la fouille, 8 d’entre eux en provenaient.

Un cercueil qui semblait fermé depuis plus de 1500 ans

Un des cercueils en plomb, placé dans un sarcophage de pierre, semblait hermétique depuis plus de 1500 ans. Le conditionnel reste de mise, car les comptes rendus de 2020 ne s’accordent pas sur son étanchéité réelle. L’Inrap prévoyait de l’ouvrir après la fouille, annoncée pour août.

Ce cercueil retenait l’attention des chercheurs de l’Inrap.

Plus de 1500 ans, c’est une soixantaine de générations de 25 ans. Les cercueils de plomb de la fouille datent du IVe siècle, et ils ne portent en général ni inscription ni décor. Surtout, les documents publiés ne précisent ni le sexe ni l’âge de la personne inhumée : les comptes rendus évoquent tantôt un adulte très bien conservé, tantôt un enfant, selon la tombe concernée.

Ambre, jais, or et pourpre

Le mobilier est rare, mais prestigieux. Les archéologues ont mis au jour des bijoux en or, des épingles en jais et en ambre, un vase diatrète datant du IVe siècle, ainsi qu’un anneau d’or.

Le vase, une pièce de verre d’une très grande finesse, est l’objet le plus connu de la fouille. Les vestiges d’une grande étoffe teintée de pourpre et tissée de fils d’or ont aussi été retrouvés dans l’une des tombes. Un fragment de cette étoffe a été montré au public dans l’exposition « D’un monde à l’autre, Augustodunum de l’Antiquité au Moyen Âge », présentée au musée Rolin jusqu’au 30 septembre 2022.

Le 19 mai 2026, le mobilier passe à la ville

Le 19 mai 2026, l’État a cédé à la ville d’Autun les biens archéologiques mis au jour. Il en était propriétaire et les avait fait restaurer et étudier par la direction régionale des affaires culturelles. Conformément à la possibilité offerte par le code du patrimoine, celle-ci avait proposé en août 2025 à la ville de devenir propriétaire du mobilier, à titre gratuit. Tant qu’il détenait les objets, l’État avait la possibilité de les prêter pour des expositions.

La cession ne se limite pas aux pièces de prestige. Elle englobe aussi du petit mobilier en métal (clous, monnaie, perles), des accessoires comme des bagues et des boucles d’oreille, des objets en verre et des céramiques.

Autun, ville d’environ 13 000 habitants, en hérite.

Les objets doivent être présentés dans le futur musée Panoptique d’Autun, musée Rolin, aujourd’hui en construction. Le projet étend le musée Rolin à une prison circulaire du XIXe siècle et à l’ancien Palais de Justice, face à la cathédrale Saint-Lazare. L’État s’est engagé à financer 50 % du coût prévisionnel des travaux, dans le cadre du Contrat de plan État-Région.

Cette cession prolonge une habitude ancienne : depuis des décennies, tout ce qui est trouvé en fouille sur le sol d’Autun est transféré à la ville et conservé dans les réserves du musée. Face à la masse de mobilier, l’État a passé une convention avec la ville pour qu’elle conserve ses propres vestiges, afin de ne pas encombrer les autres dépôts régionaux.

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Sources : ateg.hypotheses.org | images-archeologie.fr

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