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Elle refuse les transgenres en compétition féminine et ses chaussures disparaissent des rayons quelques jours plus tard.
Sophie Cunningham is super cute. pic.twitter.com/Yfg9meFhaI
— Yara-Rose (@Yara_Rose71) August 4, 2026
Sophie Cunningham, la joueuse que les réseaux sociaux ont adoptée… Il suffit de regarder les chiffres pour comprendre le phénomène. Selon Front Office Sports, Sophie Cunningham a gagné plus d’un million d’abonnés sur Instagram et TikTok en seulement trente jours durant l’été 2026. Elle s’est installée parmi les joueuses de WNBA les plus suivies, alors même qu’elle n’est pas la principale vedette sportive de son équipe. Son succès tient beaucoup à sa personnalité : elle plaisante, assume son côté exubérant, se moque volontiers d’elle-même et transforme presque chaque séquence virale en nouvelle blague avec ses abonnés.
Son fameux geste du doigt adressé à DeWanna Bonner est ainsi devenu un mème repris dans des milliers de publications. Cunningham joue de cette image sans chercher à se fabriquer un personnage lisse. Dans un long portrait publié par ESPN, elle résume assez bien son rapport au public : « Les gens m’adorent ou me détestent vraiment. Je m’en fiche. » Une franchise qui lui vaut autant de critiques qu’une communauté particulièrement fidèle.
🚨ÚLTIMO | Sophie Cunningham es record en ventas: se agotan sus zapatillas Adidas tras declarar “no a hombres en los deportes femeninos”.
Las zapatillas Adidas de la jugadora de la WNBA Sophie Cunningham se agotaron en cuestión de horas después de que se volviera viral por… pic.twitter.com/wqt4Tz3crn
— 📢Rebelión en la Granja🚨 (@elorwelliano) July 25, 2026
« Protéger les jeunes filles » : Cunningham assume sa position
C’est dans ce même entretien avec ESPN que la basketteuse s’est exprimée clairement sur la participation des femmes transgenres aux compétitions féminines. Cunningham explique vouloir « protéger les jeunes filles » dans les vestiaires et dans le sport, estimant qu’elles ne devraient pas avoir à affronter des personnes de sexe masculin à la naissance. Elle ajoute que sa position n’est pas motivée par une hostilité envers les personnes transgenres.
Depuis, elle n’a pas reculé. Interrogée quelques jours plus tard alors que des rassemblements de soutien et d’opposition accompagnaient certains matchs de l’Indiana Fever, Cunningham s’est décrite comme une personne « pleine d’amour » et « pétillante », avant d’expliquer qu’elle n’allait pas cacher ce qu’elle pense simplement parce que certains ne sont pas d’accord avec elle.
La réaction d’une partie du public montre surtout que cette opinion est loin d’être marginale. Une étude du Pew Research Center publiée en août 2026 indique que 73 % des Américains interrogés se disent peu ou pas du tout à l’aise avec la présence d’athlètes transgenres dans une équipe ne correspondant pas à leur sexe de naissance. Chez les femmes interrogées, cette proportion atteint 69 %. Un sondage Gallup réalisé en 2025 aboutissait presque au même résultat : 69 % souhaitaient que les athlètes transgenres participent aux équipes correspondant à leur sexe de naissance.
Sur le sport féminin, le rejet dépasse largement les États-Unis
Le terme « wokisme » recouvre aujourd’hui tellement de sujets différents qu’il est difficile de mesurer un rejet global. Sur la question précise du sport féminin, en revanche, la tendance est beaucoup plus facile à constater. L’enquête internationale Ipsos 2025 menée dans 26 pays ne comptait plus que 22 % de personnes favorables à ce que les athlètes transgenres concourent selon leur identité de genre. Ce soutien a perdu dix points depuis 2021. Il ne s’agit donc plus seulement d’une bataille politique américaine : le mouvement de recul apparaît aussi dans plusieurs pays européens étudiés par Ipsos.
Pour beaucoup de sportives et de supporters, l’argument est simple : une catégorie féminine existe précisément parce que la puberté masculine produit en moyenne des différences physiques importantes en matière de taille, de masse musculaire, de force ou encore de capacité cardiorespiratoire. La question devient plus complexe après plusieurs années de traitement hormonal. Une méta-analyse publiée en 2026 dans le British Journal of Sports Medicine observe notamment une masse maigre absolue plus élevée chez les femmes transgenres étudiées, mais ne retrouve pas de différence significative de force ou de capacité maximale d’oxygénation par rapport aux femmes non transgenres après traitement hormonal. Les auteurs précisent toutefois que le niveau de certitude des données disponibles reste faible et que les athlètes de très haut niveau sont encore insuffisamment étudiées.
C’est précisément cette incertitude qui nourrit l’affrontement entre deux conceptions : ceux qui privilégient l’inclusion selon l’identité de genre et ceux qui considèrent qu’une catégorie sportive féminine doit rester protégée en fonction du sexe. Cunningham a choisi son camp et beaucoup de femmes semblent désormais moins disposées à garder leur opinion pour elles.
Ses Adidas épuisées quelques heures après leur sortie
Le calendrier n’est évidemment pas passé inaperçu. Trois jours après la publication de l’entretien d’ESPN, Adidas lançait les Crazy Energy « Sophie Cunningham ». Vendue 120 dollars, cette édition personnalisée a rapidement disparu du site de l’équipementier. Sports Illustrated constatait la rupture chez Adidas moins de 24 heures après le lancement.
Sa popularité explosait déjà depuis plusieurs mois. Reste une réalité commerciale difficile à ignorer : une joueuse qui n’était même pas sélectionnée pour le All-Star Game a réussi à écouler très rapidement une édition de chaussures portant son nom. Pour une joueuse de rotation, la performance marketing est rare.
Bud Light, précédent spectaculaire d’un consommateur qui sanctionne
L’histoire rappelle forcément un autre épisode américain. En 2023, Bud Light avait envoyé des canettes personnalisées à l’influenceuse transgenre Dylan Mulvaney dans le cadre d’une opération sur les réseaux sociaux. La réaction d’une partie de la clientèle avait été brutale : boycott, vidéos de consommateurs jetant leurs bières et chute durable des ventes.
À la fin de 2023, les ventes de Bud Light en valeur dans les circuits suivis par NielsenIQ avaient chuté de 20,4 % sur l’année et les volumes de 23,4 %. Les revenus américains d’AB InBev avaient reculé de 9,5 %, le groupe indiquant que la baisse de Bud Light avait largement pesé sur ses résultats aux États-Unis. La marque, autrefois numéro un du marché américain, a payé très cher une opération promotionnelle qui devait au départ rester relativement modeste.
Cunningham représente presque l’image inverse : une sportive qui refuse de lisser son discours, reste drôle, se montre telle qu’elle est sur les réseaux et voit son audience comme son poids commercial augmenter. Cela ne suffit pas à prouver que chaque paire de chaussures a été achetée pour soutenir ses opinions. Mais entre l’explosion de ses abonnés, l’accueil réservé à ses déclarations, les sondages sur le sport féminin et la rupture de stock de ses Adidas, une tendance apparaît clairement : sur ce sujet, beaucoup de consommateurs et de sportives n’ont plus peur de dire non.


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