Plus de la moitié des travailleurs en France sont exposés à des horaires « atypiques » : horaires de nuit, travail le week-end, journées longues ou décalées. Or cette organisation du temps de travail pèse sur la santé cardiovasculaire, le sommeil, la santé mentale et l'équilibre vie pro/vie perso, comme le révèle un avis de l'Anses publié ce 2 septembre 2026.

Le Progrès - Aujourd'hui à 17:00 - Temps de lecture :

  • Travailler de nuit, le week-end, plus de 8h par jour ou plus de 40h par semaine… Entre 55 et 75 % de la population française est soumise à des horaires qualifiés « d’atypiques ».Photo Adobe Stock

    Travailler de nuit, le week-end, plus de 8h par jour ou plus de 40h par semaine… Entre 55 et 75 % de la population française est soumise à des horaires qualifiés « d’atypiques ».

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  •  activités nécessitant une continuité de service (sécurité, santé, certains procédés industriels), contraintes temporelles particulières liées à la saisonnalité, aux considérations économiques, sociales et industrielles… Photo Adobe Stock

    Salariés, agents publics ou indépendants, quel que soit le métier, tous les travailleurs peuvent être concernés à différents degrés par ces horaires atypiques. Les motifs sont variés : activités nécessitant une continuité de service (sécurité, santé, certains procédés industriels), contraintes temporelles particulières liées à la saisonnalité, aux considérations économiques, sociales et industrielles… 

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  •  effets « montrés », effets « suggérés » ou connaissances « insuffisantes pour conclure ».Photo Adobe Stock

    Une expertise de l’Anses publiée ce 2 septembre met en évidence des associations statistiques, plus ou moins marquées. Ainsi, les experts classent ces effets selon la solidité des associations : effets « montrés », effets « suggérés » ou connaissances « insuffisantes pour conclure ».

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Travailler de nuit, le week-end, plus de 8h par jour ou plus de 40h par semaine… Entre 55 et 75 % de la population française est soumise à des horaires qualifiés « d’atypiques ».

Salariés, agents publics ou indépendants, quel que soit le métier, tous les travailleurs peuvent être concernés à différents degrés par ces horaires atypiques. Les motifs sont variés : activités nécessitant une continuité de service (sécurité, santé, certains procédés industriels), contraintes temporelles particulières liées à la saisonnalité, aux considérations économiques, sociales et industrielles… 

Des effets démontrés

Une expertise de l’Anses publiée ce 2 septembre met en évidence des associations statistiques, plus ou moins marquées. Ainsi, les experts classent ces effets selon la solidité des associations : effets « montrés », effets « suggérés » ou connaissances « insuffisantes pour conclure ».

Concernant le travail en horaires longs, les données scientifiques montrent des effets néfastes sur la survenue de maladies cardiovasculaires, ainsi que sur l’anxiété et la qualité du sommeil. Ces données suggèrent par ailleurs des effets délétères sur la santé reproductive et métabolique, le risque de dépression, l’équilibre entre vie professionnelle et socio-familiale ainsi que sur les accidents du travail.

Pour le travail le week-end, les études montrent des effets néfastes sur l’équilibre entre vies professionnelle et personnelle. Elles suggèrent également des effets néfastes sur la santé mentale (dépression, anxiété) et la santé physique (troubles du sommeil, douleurs, fatigue, troubles musculosquelettiques, accidents).

Enfin, pour le travail en horaires décalés, la littérature scientifique suggère des effets néfastes sur la vie socio-familiale (surtout pour le travail en soirée), la santé mentale et cardiovasculaire, ainsi que sur la durée et la qualité du sommeil (en particulier pour les postes du matin).

Peser le pour et le contre

L’agence appelle à limiter le recours régulier aux horaires atypiques ou, quand ils ne peuvent être évités, à mieux préparer leur mise en place et les encadrer. Avant de les instaurer ou de les maintenir, elle juge indispensable de peser les avantages et les inconvénients dans une « approche intégrative », en tenant compte de facteurs individuels, sociétaux et environnementaux (transports pour se rendre au travail, mode de garde des enfants, équilibre vie pro/vie perso…).

Par ailleurs, lorsque le recours aux horaires atypiques de travail ne peut être évité, l’Anses recommande de mieux l’encadrer, en envisageant par exemple d’appliquer certaines des mesures déjà prévues pour le travail de nuit : suivi médical adapté, dispositions spécifiques pour les femmes enceintes, etc.

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