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Six détenus de la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe portent plainte pour violences et harcèlement moral

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La prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe, en mars 2026.

La prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe, en mars 2026. Sébastien SORIANO / LE FIGARO

Le chef d’établissement et ses équipes sont accusés de volontairement «humilier» et «déshumaniser» les personnes incarcérées.

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Six détenus de Condé-sur-Sarthe (Orne) ont porté plainte jeudi pour violences et harcèlement moral, reprochant à la direction de cette prison ultra-sécurisée «d'entretenir un régime de pression psychologique et de domination», a appris mardi l'AFP de source proche du dossier. Le chef d'établissement et ses équipes sont accusés de volontairement «humilier» et «déshumaniser» les personnes incarcérées au quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), afin de briser leur résistance, selon des éléments de cette plainte dont l'AFP a eu connaissance.

Une situation «d'une gravité sans nom», a dénoncé leur avocate, Marie Violleau, sollicitée par l'AFP. «Peu importe leur condition de détenus du haut du spectre, l'État a l'obligation de les respecter. Les infractions pénales dont ils sont victimes doivent cesser». Ces nouveaux quartiers de détention ont déjà fait l'objet de nombreux recours administratifs, sans que les demandeurs obtiennent satisfaction, mais il s'agit de «la première plainte pénale, à ma connaissance», a relevé l'avocate.

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«Le problème est propre à Condé. À Vendin-le-Vieil, il y a des conditions de détention extrêmement difficiles mais la direction, dans le cadre strict qui lui est imposé, semble respecter les détenus et leurs familles.» Contactée par l'AFP, la Chancellerie n'a pas réagi dans l'immédiat.

Les six plaignants sont mis en examen ou condamnés

Les QLCO, créés après la loi contre le narcotrafic, sont récents en France. Le premier a été instauré en juillet 2025, à Vendin-le-Vieil. Le second, à Condé-sur-Sarthe, en octobre 2025. Un troisième doit ouvrir fin juin-début juillet à Réau, en Seine-et-Marne. Leur objectif est d'isoler des détenus présentés par les autorités comme haut placés dans la criminalité organisée, selon un régime de détention strict inspiré de la lutte antimafia en Italie. Ces quartiers sont censés les empêcher de communiquer avec l'extérieur, notamment pour continuer à gérer leurs trafics. À la mi-mai, le ministère de la Justice, sollicité par l'AFP, s'était félicité de leur «parfaite efficacité».

Les six plaignants sont mis en examen ou condamnés pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs criminelle ou règlements de compte, d'après la source proche du dossier. Ils rapportent des fouilles à nu systématisées, un accès à la promenade «soumis au bon vouloir» des surveillants et quasi inexistant aux activités, des agents constamment cagoulés, qui les briment... Certains ne s'adressent à eux que par ordre, «sans faire de phrase». Ces pratiques «quotidiennes» visent à les «intimider», eux et leurs proches, accusent-ils. Les prisonniers reprochent notamment aux agents de palper leurs visiteurs, même enfants.

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