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46 % des musulmans prêts à quitter la France si Marine Le Pen est élue: « Ils ont tort », répond la candidate
La candidate à la présidentielle a réagi au sondage Ifop de "Marianne" hier soir
Capture d'écran CNews - Europe 1
Le chiffre a beaucoup circulé ces derniers jours : selon une enquête Ifop pour Marianne, 46 % des Français musulmans envisageraient de quitter le pays en cas de victoire de Marine Le Pen en 2027. Interrogée jeudi soir sur CNews et Europe 1, la candidate du Rassemblement national leur a répondu qu’ils avaient « tort » de s’inquiéter et assuré que « l’islam est compatible avec la République ».
C’est l’un des chiffres politiques les plus commentés de la semaine. Une enquête Ifop publiée par Marianne indique que 46 % des Français de confession musulmane envisageraient de quitter la France si Marine Le Pen remportait l’élection présidentielle de 2027. Parmi eux, 20 % déclarent même qu’ils le feraient « certainement ». L’information, notamment reprise mercredi par Causeur, a rapidement circulé sur les réseaux sociaux et dans les médias.
L’enquête ne porte d’ailleurs pas uniquement sur les musulmans. 44 % des Français de confession juive envisageraient également de partir en cas de victoire de Marine Le Pen, de même que 43 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon. Dans l’ensemble de la population, ils sont 21 % à envisager un départ. L’étude a été réalisée par l’Ifop pour Marianne auprès de 9 689 personnes âgées de 18 ans et plus, interrogées en ligne du 25 au 30 septembre.
Les résultats témoignent surtout d’une inquiétude importante chez les Français musulmans interrogés. 81 % estiment qu’une victoire de Marine Le Pen entraînerait une hausse des agressions et des discriminations visant les musulmans. 27 % déclarent qu’ils pourraient alors dissimuler leur appartenance religieuse au quotidien. François Kraus, directeur du pôle politique de l’Ifop, estime qu’une arrivée du RN au pouvoir pourrait ainsi susciter « des blocages importants » et des niveaux élevés de crainte et de sentiment d’insécurité.
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« C’est leur pays, ils sont Français »
Marine Le Pen a répondu directement à ces inquiétudes jeudi soir, indique Le Parisien. Invitée de l’émission Objectif Élysée 2027 sur CNews et Europe 1, elle a estimé que les Français musulmans envisageant de quitter le pays en cas de victoire du RN avaient « tout à fait tort de craindre [son] arrivée au pouvoir ». Une réponse qu’elle a également relayée sur son compte X : « Les Français de confession musulmane qui envisagent de partir si je suis élue ont tort : c’est leur pays, ils sont Français. »
« On n’a qu’un pays », a-t-elle poursuivi sur le plateau. Marine Le Pen a assuré qu’elle serait « la présidente de tous les Français » et s’est présentée comme « éminemment respectueuse de la démocratie et de l’ensemble des opinions politiques ». Une manière de répondre directement à l’un des principaux enseignements du sondage, qui mesure moins une intention de départ certaine qu’un niveau élevé d’inquiétude à l’idée d’une arrivée du Rassemblement national au pouvoir.
La candidate a surtout voulu tracer une frontière nette entre l’islam et l’islamisme. « L’islam est compatible avec la République », a-t-elle affirmé. « Ce qui n’est pas compatible avec la République, c’est la charia et le fondamentalisme islamique. » Elle assure être « extrêmement respectueuse de la liberté de conscience et de la liberté religieuse » et affirme que les musulmans pourront continuer « à exercer leur religion, à avoir leur croyance sans aucune difficulté » si elle accède à l’Élysée.
Les Français de confession musulmane qui envisagent de partir si je suis élue ont tort : c'est leur pays, ils sont Français.
Nous, nous ne sommes pas comme LFI : nous sommes respectueux de tous les Français. pic.twitter.com/jV5fDETWCO
Cette distinction figurait déjà dans l’entretien accordé cette semaine au Financial Times. Interrogée sur les accusations selon lesquelles ses propositions pourraient être dirigées contre les musulmans, Marine Le Pen y répondait que le RN combattait « le fondamentalisme islamiste », présenté comme une idéologie politique, et non « les musulmans » ou « la religion musulmane ».
Sur le voile, Marine Le Pen maintient sa ligne
La réponse rassurante adressée aux musulmans ne signifie cependant pas un abandon des mesures les plus controversées du programme du RN. Marine Le Pen continue de vouloir restreindre le port du voile. Elle a confirmé jeudi soir son intention de soumettre à référendum un projet de loi consacré à la lutte contre les « idéologies totalitaires » et considère que le voile participe de cette idéologie.
Elle évoque désormais une interdiction progressive, qui concernerait d’abord certains espaces comme les universités, les fédérations sportives et les bâtiments publics. La candidate distingue donc explicitement la pratique de l’islam, qu’elle juge compatible avec les institutions françaises, de certaines manifestations religieuses qu’elle rattache au fondamentalisme et qu’elle entend combattre.
C’est précisément cette question qui nourrit une partie des inquiétudes mesurées par l’Ifop. Le sondage intervient alors que la visibilité de l’islam et la laïcité prennent une place croissante dans la campagne présidentielle. Il montre également que les tensions provoquées par une éventuelle victoire de Marine Le Pen dépasseraient largement la seule population musulmane : 44 % des Français juifs envisagent eux aussi de quitter le pays et 45 % des agents de la fonction publique interrogés se disent prêts à désobéir à des lois qu’ils considéreraient comme injustes.
Marine Le Pen cherche donc à tenir deux lignes simultanément : rassurer les Français musulmans sur leur place dans le pays tout en maintenant un programme particulièrement ferme contre l’islamisme et certaines manifestations visibles de l’islam. Le chiffre des 46 % lui a donné jeudi soir l’occasion de préciser cette distinction. À ceux qui envisagent déjà leur départ en cas de victoire du RN, sa réponse tient en quelques mots : « Ils ont tort. C’est leur pays, ils sont Français. »
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