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Malgré une vive contestation citoyenne et politique, le conseil par intérim de la municipalité rurale de Sherwood a voté à l’unanimité en faveur de l’agrandissement du centre de données pour l’intelligence artificielle de Bell. Il s’agissait de la dernière séance du conseil avant les élections du 9 novembre.
Initialement prévu sur près de 65 hectares de terres agricoles, le terrain s’étendra sur environ 364 hectares supplémentaires.
Bell prévoit d'y construire jusqu’à neuf nouveaux bâtiments. Le complexe nécessitera 1,2 gigawatt d'électricité pour fonctionner, comparativement aux 300 mégawatts prévus au départ.
Cette décision survient après que le conseil a entendu plusieurs citoyens et représentants venus exprimer leurs vives inquiétudes face au projet. Leurs préoccupations portent notamment sur les besoins colossaux en eau et en énergie, ainsi que sur les répercussions potentielles sur la qualité de l’air et les nuisances sonores.
L'inquiétude des élus de Regina
La conseillère municipale de Regina, Sarah Turnbull, s'est présentée devant le conseil pour exiger davantage de transparence. Elle compte parmi les quatre élues de Regina ayant déposé une motion réclamant une étude sur les répercussions de ce projet pour la capitale provinciale.
Nous partageons notre eau, notre air, a rappelé la conseillère avant le vote, soulignant que la ville de Regina se trouve au centre de la municipalité rurale de Sherwood.
Une résidente de Regina, Genevieve Robinson, a elle aussi pris la parole pour tenter de dissuader les conseillers d'appuyer l'initiative.
Cela va avoir des répercussions financières pour vous, cela va avoir des répercussions sur vos impôts, cela va avoir des répercussions sur l'environnement. Ça va porter atteinte aux droits des peuples autochtones, et ça leur porte déjà atteinte, a-t-elle fait valoir.
Un manque de transparence dénoncé
Le chef de la Première Nation dakota de Standing Buffalo, Roger Redman, demandait pour sa part un report du vote. Il déplore ne pas avoir reçu le rapport d'évaluation approfondi réclamé à Bell afin de mesurer les conséquences du projet sur ses terres ancestrales non cédées.
Travaillez avec nous, donnez-nous ces réponses, laissez-nous mener nos propres évaluations, reconnaissez les droits du peuple [autochtone], a déclaré le Chef.
Tim Bear, Chef de la Nation Ochapowace, est également intervenu lors de l'assemblée.
Nos ancêtres entretenaient un lien profond avec ces terres. Ce n’est pas sans raison que le quatrième traité a été signé. Il s’agit là d’une menace directe pour nos droits constitutionnels et issus des traités, d’autant plus que la province affirme disposer d’une compétence exclusive, a dénoncé Tim Bear.
Le chef de la Nation Ochapowace a également soulevé l'absence d'évaluation environnementale pour cette phase d'agrandissement, ce à quoi Bell a répondu qu'une nouvelle étude sera rendue publique lors des prochaines étapes.
Ce manque de transparence a par ailleurs été décrié à l'Assemblée législative par les néo-démocrates, le gouvernement provincial refusant de rendre publique son entente conclue avec Bell.
La neutralité du conseil défendue
Au cours de la séance, l’un des conseillers a toutefois tenu à saluer la communication de l'entreprise de télécommunications, affirmant avoir pleine confiance dans le protocole d'entente.
Des doutes planaient également sur l'indépendance des membres du conseil, puisque quatre des conseillers ont été désignés directement par le gouvernement.
Le conseiller Mitch Hubert s'est toutefois défendu de toute ingérence politique. À aucun moment on ne m'a demandé ni suggéré que nous devions faire quoi que ce soit. Je dirais plutôt que nous avons été choisis pour notre expérience en tant qu'élus municipaux acquise au fil de ces nombreuses années, a-t-il affirmé.
De son côté, le représentant u géant canadien des télécommunications s'est réjoui de l'issue favorable du vote, réitérant que l'entreprise investira des milliards de dollars dans la province et créera des milliers d'emplois.
Avec des informations de Julien Sturbois, Radi LaRoque et Aliya Marko-Omene


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