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Neuf personnes ont été condamnées jeudi soir pour l’enlèvement et les tortures infligées en 2022 à Hacène Larbi, sur fond de dette liée au trafic de stupéfiants.
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Par Thomas Martin Publié le 1 oct. 2026 à 21h37
Des peines allant jusqu’à 14 années de réclusion criminelle ont été prononcées jeudi soir par la cour d’assises spéciales de Seine-Saint-Denis contre les ravisseurs d’Hacène Larbi qui, en mars 2022 avait été séquestré et torturé pendant plus de 24 heures.
« Ils ont tous eu un rôle dans les faits qui, sans eux, n’auraient pas eu lieu ou n’auraient pas duré aussi longtemps », a annoncé la présidente après avoir déclaré coupables les neuf personnes, huit hommes et une femme.
La cour a pris plus de neuf heures pour parvenir à ce verdict et prononcer des peines s’échelonnant de trois ans d’emprisonnement avec sursis à 14 années de réclusion.
Un sourire de l’ange
*C’est la première fois qu’Hacène Larbi, 25 ans, comparaissait en qualité de victime.
Surnommé « le H », il a été condamné à plusieurs reprises, notamment dans des affaires de stupéfiants et de violences.
En mai, il a encore écopé de douze années de réclusion criminelle pour avoir commandité une tentative d’assassinat et c’est depuis la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe qu’il a suivi quelques journées du procès de ses ravisseurs.
La plus lourde peine, 14 années de réclusion criminelle a été prononcée jeudi soir à l’encontre de Mahamadou Sylla qui a infligé, opinel en main, un sourire de l’ange au « H », balafré sur les deux joues.
La cour a prononcé un mandat d’arrêt contre cet homme en fuite au Sénégal.
Son frère, Foussene Sylla a, comme lui, été reconnu coupable d’enlèvement, séquestration, torture et acte de barbarie, en bande organisée et condamné à 11 ans de réclusion criminelle.
Une dette de stupéfiants
Dans son long réquisitoire mardi, l’avocate générale l’avait identifié comme « le commanditaire et exécutant » des crimes subis par la victime alors âgée de 19 ans.
L’affaire jugée pendant trois semaines a pris naissance en raison d’une dette de stupéfiants.
En mars 2022, Hacène Larbi n’aurait pas réglé une commande et Foussène Sylla, qui avait servi d’intermédiaire à la transaction, le confronte car il ne veut ni ne peut régler la dette de plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Poursuivi par ce dernier et deux de ses amis, le « H » se réfugie dans une épicerie de Saint-Denis où il est rapidement rattrapé.
« Je suis mort », aurait alors dit Hacène Larbi, le visage déjà en sang, selon le récit d’un témoin. Contraint de monter dans une voiture, il est conduit dans un entrepôt d’Aubervilliers où il subit des heures de violences et d’humiliations.
C’est dans un appartement d’Ivry-sur-Seine où, déplacé dans la nuit, il est balafré aux deux joues par Mahamadou Sylla.
« Le but n’est pas de blesser la victime mais de la soumettre totalement, de la réduire à l’état d’animal, de l’humilier », avait affirmé l’avocate générale Marina Kieny dans son réquisitoire.
Ce n’est qu’à la faveur d’embouteillages sur le périphérique parisien qu’Hacène Larbi parvient à s’enfuir de la voiture, où il se trouve avec trois de ses ravisseurs, 28 heures après le début de sa captivité.
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