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Séismes au Venezuela : l’angoisse et l’impuissance des Vénézuéliens de Toronto

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Les membres de la communauté vénézuélienne de Toronto sont sous le choc après que deux séismes ont frappé coup sur coup le Venezuela, mercredi soir. Certains s’inquiètent pour leurs proches restés au pays qu’ils peinent encore à rejoindre.

La nuit a été longue, pour Rebecca Sarfatti, cofondatrice du Canada Venezuela Democracy Forum.

La Vénézuélienne d’origine vit à Toronto, mais des membres de sa famille et plusieurs de ses amis sont toujours au Venezuela.

Dieu merci, ils vont bien, dit-elle, rassurée. Au début, ils avaient vraiment très peur, surtout ceux qui ont vécu le tremblement de terre de 1967. Ils comparent cette secousse à celle-là, mais en plus forte, raconte-t-elle.

Les deux derniers séismes les plus forts au Venezuela se sont produits le 29 juillet 1967 – magnitude 6,7, Caracas, plus de 200 morts – et le 9 juillet 1997 – magnitude 7, Cariaco (Sucre), 73 morts.

Rebecca Sarfatti, cofondatrice du Canada Venezuela Democracy Forum.

Rebecca Sarfatti, cofondatrice du Canada Venezuela Democracy Forum, a des proches et des amis qui sont toujours au Venezuela.

Photo : Radio-Canada

Mercredi, le premier séisme était de magnitude 7,2, et le second, de 7,5, soit le plus puissant à survenir au Venezuela en plus d'un siècle, selon le Service géologique des États-Unis.

Les autorités préviennent que d’autres petits séismes pourraient avoir lieu dans les jours et les semaines à venir.

On dit que ça continue de trembler, mais beaucoup moins fort, rapporte Mme Sarfatti. Elle s’inquiète surtout des dommages collatéraux sur le pays. Qu’adviendra-t-il de la nourriture et de tout ce qui se passe lors d’une catastrophe, de toutes les conséquences qui s'ensuivent?, se demande-t-elle.

Pour Yenipher Crespo, c’est une épreuve de plus dont le peuple vénézuélien n’avait vraiment pas besoin. On dirait que tout nous arrive, dit-elle, soulignant les crises économiques, politiques, sociales et financières qui traversent le pays depuis plus de 20 ans.

Nous essayons simplement de survivre, et maintenant, cette catastrophe survient et ajoute encore plus de difficultés, encore plus de stress.

Le Venezuela était déjà en ruines, et maintenant il l’est encore davantage. C’est tout simplement déchirant. J'ai vraiment le cœur brisé en ce moment, ajoute-t-elle.

Selon l’ONU, en 2026, avant même le séisme, près de 8 millions de personnes avaient besoin d’aide humanitaire au Venezuela.

Yenipher Crespo vit à Toronto depuis près de 10 ans. Elle est la seule membre de sa famille au Canada ; tout le reste de sa famille se trouve à Táchira, près de la frontière colombienne.

Des patients, dans leur lit d'hôpital, dehors

Des patients sont allongés à l’extérieur d’un hôpital évacué après avoir été endommagé par un séisme à Catia La Mar, au Venezuela, le jeudi 25 juin 2026.

Photo : Associated Press / Pedro Mattey

Au départ, elle admet avoir sous-estimé la situation, puisque les mouvements de terrain sont fréquents dans la région, explique-t-elle. Ce sont des choses qui arrivent souvent, mais jamais à une telle ampleur. Hier, je ne savais pas encore à quel point c’était grave; aujourd’hui, je le sais, dit-elle.

La jeune femme souligne par ailleurs que plusieurs Vénézuéliens, comme elle, vivent à l’extérieur du pays, loin de leurs proches. Ils paniquent tous parce qu’ils n’arrivent pas à joindre leur famille, raconte-t-elle. Ils ne savent pas si leurs proches sont encore en vie ni où ils se trouvent.

Selon le recensement de 2016 de Statistiques Canada, il y aurait près de 8000 personnes d'origine vénézuélienne à Toronto.

C’est très difficile. On se sent impuissants et désemparés, renchérit Amanda Michelangeli.

Elle vit au Canada depuis 15 ans, mais elle a encore beaucoup d’amis et de famille au Venezuela. Bien qu’elle sache que ses proches vont bien, elle s’inquiète pour tous ceux qui manquent encore à l’appel.

C’est tellement triste de voir le Venezuela enchaîner les catastrophes les unes après les autres, ajoute Mme Michelangeli. La vie ici doit continuer, mais, en tant que Vénézuélien, comment peut-on poursuivre notre vie normale, sachant ce qui se passe là-bas?

Avec les informations de Bienvenu Senga et Catherine Morasse

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