Contenant des fibres végétales solubles, les boissons aux prébiotiques ont pour objectif de nourrir le microbiote intestinal. Plutôt en vogue ces derniers temps, ces breuvages amélioreraient la santé intestinale et le confort digestif. Cependant, une récente enquête du magazine 60 millions de consommateurs met en garde contre les excès.
Boissons aux prébiotiques VS boissons probiotiques
Tout d’abord, il est important de faire la différence entre les boissons aux prébiotiques et les boissons probiotiques, bien que les deux se destinent au renforcement du microbiote intestinal, la flore microbienne en lien avec la santé. Les boissons probiotiques sont des breuvages fermentés contenant des micro-organismes vivants – des bactéries ou des levures – afin d’enrichir le microbiote. Citons le kéfir, le lait fermenté ou encore, le kombucha.
En ce qui concerne les boissons aux prébiotiques, il n’est pas question de micro-organismes vivants mais de fibres végétales solubles comme l’inuline, dont le but est de nourrir les bactéries déjà présentes dans le microbiote. Elles contiennent généralement des fibres prébiotiques ajoutées, des édulcorants naturels et parfois du vinaigre de cidre. Citons les boissons à la chicorée, les sodas prébiotiques (Yass, JOA, Poppi) et autres jus de légumes fermentés etc.
Crédit : Soda Review Dude / WikipediaDes effets positifs et négatifs
Le 2 février 2026, le magazine 60 millions de consommateurs a publié son enquête concernant les boissons aux prébiotiques, dans laquelle s’est exprimé Joël Doré, directeur de recherche Inrae spécialisé dans la microbiologie de l’alimentation. L’intéressé a notamment affirmé que l’inuline comme celle ajoutée dans ce type de boissons, augmente la proportion des bactéries bifidus du microbiote. Il s’agit ici d’un aspect positif, puisqu’il est question de combler un déficit de fibres. Seulement voila, Joël Doré a également évoqué des effets indésirables, en lien avec une fermentation très rapide dans l’intestin.
A partir de 5 à 7 grammes par jour, il est possible de ressentir des ballonnements mais également des douleurs viscérales en raison d’une distension abdominale. Or, le fait est que certaines boissons contiennent déjà plus ou moins cette quantité de fibres solubles dans une seule cannette. Evidemment, ces apports s’ajoutent aux fibres déjà présentes dans l’alimentation quotidienne, que l’on retrouve notamment dans les pommes, l’avoine, les poireaux, les oignons, les asperges les pois chiches et autres lentilles.
Des risques de cancer du foie
En 2019, une étude étasunienne publiée dans la revue Médecine/sciences laissait entendre qu’une consommation d’inuline supérieure à 7 grammes par jour pourrait favoriser les risques de cancer du foie. Ceci serait particulièrement le cas chez les personnes concernées par une augmentation des acides biliaires toxiques dans le foie. Les chercheurs de l’Université d’état de Georgie (Etats-Unis) avaient alors recommandé de surveiller l’apport en inuline, notamment chez les individus ayant une maladie hépatique.
« Une exposition prolongée aux produits de fermentation microbienne (butyrate) des fibres alimentaires solubles (inuline) conduit au développement de carcinomes hépatocellulaires (CHC – cancers du fois) chez des souris présentant une dysbiose du microbiote intestinal. », pouvaient-on lire dans l’étude.
Ainsi, la balance risque/bénéfice des boissons aux prébiotiques n’est pas vraiment positive, en tout cas en ce qui concerne une consommation au quotidien. Dans la mesure ou deux canettes font déjà dépasser les seuils acceptables d’inuline, les risques sont bien réels. De plus, il est essentiels de rappeler que lorsque l’on parle de sodas prébiotiques, il est bel et bien question de boissons sucrées et aromatisées, donc faisant partie des aliments ultra-transformés.


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