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Près de la moitié des francophones du Manitoba se heurtent à des obstacles pour obtenir des soins ou des services de santé en français dans leur communauté. C’est ce que révèle une étude de Statistique Canada publiée le 14 octobre.
Selon l’étude intitulée Accès aux soins et services de santé parmi la population de langue officielle en situation minoritaire, 40 % des adultes manitobains pour qui il est important de recevoir des services de santé dans la langue officielle minoritaire estiment qu'il est difficile, voire impossible, d'y avoir accès dans leur communauté.
Cette proportion est demeurée identique à celle observée en 2006, précise l’analyste de Statistique Canada Louis Cornelissen.
Parmi ces 40 %, à peine 26 % déclarent recevoir toujours ou souvent des services en français, tandis que 51 % affirment en obtenir rarement ou jamais. De plus, 47 % des personnes qui n'en reçoivent que rarement ou jamais indiquent qu'elles ne sont pas à l’aise d’en faire la demande. Cette réticence a nettement progressé. Elle n’était que de 31 % en 2006.
Huit répondants sur dix (80 %) qui hésitent à réclamer des soins en français attribuent cette gêne à l’absence d'offres ou au manque d’offres actives.
Plus largement, 60 % des personnes interrogées disent qu'elles demandent rarement, voire jamais, des services en français dans les établissements de santé. Dans cette tranche, 77 % expliquent leur silence par le manque d'offres.
Les raisons les plus souvent citées demeurent l'incapacité du professionnel de la santé à s'exprimer en français ou le fait que le patient se considère comme bilingue et accepte d'être soigné dans l’une ou l’autre des langues officielles.
Par ailleurs, seulement 28 % des répondants qui préfèrent recevoir des services en français constatent que ces derniers leur sont offerts spontanément.
Une tendance pancanadienne
À l'échelle nationale, 66 % des adultes d'expression française jugent important d'avoir accès à des soins et à des services de santé en français.
Parmi eux, 33 % considèrent qu'il est difficile, très difficile ou impossible d'obtenir ces services dans leur communauté. Sur ce nombre, 20 % qualifient l'accès de difficile, 11 %, de très difficile, et 3 %, d'impossible. Près de deux répondants sur cinq (39 %) affirment ne recevoir ces soins en français que rarement ou jamais.
Ça confirme ce que Santé en français répète depuis plusieurs années en matière de soins, d’accès, d’offre et de demande, affirme le directeur général de l'organisme au Manitoba, Denis-Michel Thibeault.
Ces chiffres-là ne font que renforcer l’idée qu’il faut continuer à travailler pour démontrer l’importance des services en français.
Denis-Michel Thibeault ajoute que l’essor de l’immigration francophone dans la province accentuera les besoins et rend la consolidation de l'offre d'autant plus urgente.
Encourager la demande
L’étude de Statistique Canada révèle également que près de la moitié (49 %) des adultes francophones qui jugent important d'obtenir des soins en français demandent rarement, voire jamais, à les recevoir dans leur langue.
Parmi les raisons évoquées, 57 % des répondants croient que les professionnels de la santé ne parlent pas français, tandis que 38 % estiment qu'ils ne le maîtrisent pas suffisamment. L’absence d'offre active au point de service a aussi été signalée dans 40 % des cas.
L’offre et la demande active de services en français sont importantes parce que les gens en ont besoin et en veulent.
Le directeur général de Santé en français encourage autant les patients à réclamer des soins dans leur langue que le personnel soignant à se manifester.
Il rappelle que des mesures existent déjà sur le terrain, notamment au sein du réseau Soins communs, où les travailleurs bilingues peuvent apposer une mention sur leur carte d'identité ou porter un insigne indiquant qu'ils s'expriment en français.
On croit sincèrement que, quand les gens vont recevoir les services de santé en français, ils vont être plus confortables et ça va faire que les soins de santé vont être plus sécuritaires et plus appropriés, conclut Denis-Michel Thibeault.


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