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- Cigarette électronique : les premières alertes sur les effets du vapotage à long terme
Alors que l’on dénombre 3 à 5 millions de vapoteurs en France, de premières études pointent certains risques, encore à élucider, du vapotage chronique.
En partenariat avec Destination Santé - Aujourd'hui à 17:00 | mis à jour aujourd'hui à 17:45 - Temps de lecture :
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Le vapotage nicotinique peut se poursuivre longtemps après l’arrêt du tabac. Le Dr Ivan Berlin (tabacologue, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris) l’explique par une dépendance redoutable à la nicotine entretenue par ces dispositifs : « l’addiction à la nicotine peut expliquer l’utilisation prolongée de produits qui en contiennent, qu’ils soient pharmaceutiques (substituts nicotiniques) ou non (e-cigarette, pouches/sachets ou snus blanc, interdits en France, etc.), d’autant plus lorsque la dépendance s’est installée très jeune. Même après l’arrêt du tabac, le besoin de nicotine peut persister du fait de modifications durables du circuit cérébral de la récompense. La dépendance est installée et le produit utilisé en remplacement du tabac peut la prolonger. »
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Le point clé est la vitesse d’arrivée de la nicotine au cerveau : plus elle atteint rapidement les récepteurs nicotiniques, plus elle produit un effet immédiat et renforce les associations entre la prise de nicotine et certaines situations ou sensations, entretenant la dépendance. Or cette vitesse de délivrance varie selon les produits.
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« Les patchs diffusent la nicotine lentement et entraînent peu de prises répétées, commentait le Dr Berlin au 20e Congrès de la Société Francophone de Tabacologie (24-25 septembre 2026, Rennes). À l’inverse, les formes à délivrance plus rapide, comme les gommes ou le vapotage, peuvent davantage renforcer les mécanismes de dépendance et favoriser un usage prolongé. »
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Le vapotage nicotinique peut se poursuivre longtemps après l’arrêt du tabac. Le Dr Ivan Berlin (tabacologue, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris) l’explique par une dépendance redoutable à la nicotine entretenue par ces dispositifs : « l’addiction à la nicotine peut expliquer l’utilisation prolongée de produits qui en contiennent, qu’ils soient pharmaceutiques (substituts nicotiniques) ou non (e-cigarette, pouches/sachets ou snus blanc, interdits en France, etc.), d’autant plus lorsque la dépendance s’est installée très jeune. Même après l’arrêt du tabac, le besoin de nicotine peut persister du fait de modifications durables du circuit cérébral de la récompense. La dépendance est installée et le produit utilisé en remplacement du tabac peut la prolonger. »
Le point clé est la vitesse d’arrivée de la nicotine au cerveau : plus elle atteint rapidement les récepteurs nicotiniques, plus elle produit un effet immédiat et renforce les associations entre la prise de nicotine et certaines situations ou sensations, entretenant la dépendance. Or cette vitesse de délivrance varie selon les produits.
« Les patchs diffusent la nicotine lentement et entraînent peu de prises répétées, commentait le Dr Berlin au 20e Congrès de la Société Francophone de Tabacologie (24-25 septembre 2026, Rennes). À l’inverse, les formes à délivrance plus rapide, comme les gommes ou le vapotage, peuvent davantage renforcer les mécanismes de dépendance et favoriser un usage prolongé. »
Vapotage prolongé : que sait-on de ses effets à long terme ?
Faute de recul scientifique sur les conséquences sanitaires d’un vapotage maintenu pendant plusieurs années, difficile de se prononcer, mais en juin 2026, un premier signal a concerné le risque de cancer du poumon. Une étude publiée dans Nature Medicine s’est intéressée aux conséquences du maintien du vapotage chez des personnes ayant cessé de fumer. Les chercheurs suggèrent que le vapotage après l’arrêt du tabac pourrait atténuer les bénéfices du sevrage tabagique complet en matière de prévention du cancer du poumon.
Dans cette étude chez les personnes qui ont arrêté de fumer mais continuent à vapoter, le risque de développer un cancer du poumon est environ 50 % plus élevé par rapport aux non-vapoteurs. Selon le Dr Berlin, « cette étude apporte un élément nouveau car elle est la première à avoir suivi pendant environ six ans les conséquences du vapotage après l’arrêt du tabac, à partir de données recueillies en Corée du Sud. » Autrement dit, remplacer la cigarette par la e-cigarette diminue les risques liés au tabagisme, mais le bénéfice reste inférieur à celui obtenu après un arrêt complet, sans poursuite de l’inhalation de nicotine. A suivre.
Et si on s’intéressait de près aux aérosols des liquides des e-cigarettes ?
Les aérosols de e-cig sont des mélanges complexes dont la toxicité respiratoire dépend notamment de leur composition et de leur dépôt dans les différentes régions des voies aériennes. Clément Mercier, ingénieur de recherche à Mines Saint-Étienne, a étudié l’effet de différents e-liquides vapotés sur les cellules des voies respiratoires (pharynx, bronches, voies aériennes distales). Il a notamment comparé la présence et la forme de la nicotine, ainsi que les proportions de propylène glycol et de glycérine végétale (PG/VG).
Qu’a constaté le chercheur ? « Notre étude montre que la toxicité aiguë des aérosols de cigarette électronique est principalement liée à la nicotine, fait remarquer Clément Mercier, mais qu’elle dépend aussi de sa forme chimique, du ratio PG/VG et de la région des voies aériennes considérée. » En effet, la nicotine « classique » (freebase) endommage davantage la protection naturelle des cellules respiratoires que le sel de nicotine. Ce dernier provoque une réaction inflammatoire plus modérée.
Les liquides contenant beaucoup de propylène glycol semblent plus agressifs, en particulier au niveau des petites voies respiratoires situées en profondeur dans les poumons. À l’inverse, les cellules du pharynx semblent peu sensibles dans les mêmes conditions. Enfin, l’augmentation d’un marqueur de l’inflammation (l’interleukine 8) est limitée mais elle apparaît lorsque les cellules sont exposées aux doses les plus importantes.


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