Disciple de Michael Haneke, dont il fut directeur de casting pour Le Ruban blanc, Markus Schleinzer est un cinéaste rare. Autant dire que Rose, son troisième opus en vingt ans, n'a rien d'une partie de plaisir. Mais aussi, quel film! Après Michael (2011), étude d'un cas de séquestration d'enfant, hissé en compétition à Cannes, et Angelo (2018, inédit en Suisse), exposé d'un racisme historique à travers le cas d'un garçon africain devenu mascotte de cour à Vienne, le voici qui revient, toujours aussi détaché en apparence, avec l'histoire édifiante d'une femme qui, au sortir de la guerre de Trente Ans, a choisi de vivre comme un homme. Un «cas» inventé de toutes pièces, mais composé à partir de dizaines d'autres recensés quoique mal connus.
Dans la première moitié du XVIIe siècle, quelque part dans l'Allemagne protestante (le film a été tourné dans le Harz, région centrale de basse montagne), un mystérieux soldat arrive dans un village isolé, se déclarant héritier d'une ferme abandonnée. L'étranger d'apparence plutôt frêle, le visage marqué d'une terrible cicatrice, suscite d'abord la méfiance des villageois. Mais il leur présente un document qui atteste ses dires puis s'avère bientôt travailleur, pieux et utile à la communauté. Tout se complique le jour où il se voit proposer par un voisin sa fille aînée en mariage contre un bout de terrain. Impossible de refuser cette offre ultime d'intégration, doublée d'un test de masculinité pour qui en douterait encore.


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