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Les chefs mi'kmaw de Nouvelle-Écosse réclament un moratoire sur les descentes de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans les magasins de cannabis de leurs communautés.
Cet appel lancé par la Maw-lukutijik Saqmaq, également connue sous le nom d’Assemblée des chefs mi’kmaw de Nouvelle-Écosse, survient à la suite du blocage de plusieurs autoroutes provinciales par des communautés des Premières Nations, la semaine dernière.
Les barrages ont été érigés en signe de protestation contre la multiplication des descentes policières dans des communautés autochtones au cours des derniers mois.
Les dirigeants des Premières Nations affirment disposer d’un droit issu d’un traité leur permettant de vendre du cannabis, ce que le gouvernement provincial conteste.

Des membres de la Première Nation mi’kmaw de Sipekne'katik, en Nouvelle-Écosse, ont manifesté sur une voie de l'autoroute 102, au nord d'Halifax, le 2 avril 2026. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Blair Rhodes
L'assemblée a déclaré jeudi dans un communiqué qu'elle souhaitait un moratoire sur les descentes jusqu'à ce qu'elle ait eu l'occasion d'avoir de véritables discussions de nation à nation avec la province.
Elle a indiqué que malgré les déclarations du ministre de la Justice, Scott Armstrong, et du premier ministre, Tim Houston, aucun représentant du gouvernement provincial n'avait contacté le groupe pour organiser une réunion et que ses demandes étaient restées sans réponse.
Nous proposons depuis longtemps au gouvernement provincial des solutions sur la manière dont les Mi’kmaq pourraient [...] gérer la vente de cannabis dans nos communautés, mais la Nouvelle-Écosse ne s’est pas montrée disposée à engager le moindre dialogue avec les dirigeants mi’kmaw, a soutenu dans un communiqué Sidney Peters, coprésident de l’assemblée et chef de la Première Nation de Glooscap.
Les tensions ne cessent de monter depuis que la province a diffusé en décembre une directive à la police pour qu’elle sévisse contre ce qu’elle qualifie de magasins de cannabis illégaux.

En Nouvelle-Écosse, la régie provinciale des alcools, la NSLC, est le seul détaillant autorisé à vendre légalement du cannabis à usage récréatif. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Brett Ruskin/CBC
Le gouvernement provincial n’autorise la vente de cannabis que par l’intermédiaire de la Nova Scotia Liquor Corporation (NSLC), une société d'État, et établit un lien entre la vente non réglementée de cannabis et le crime organisé, affirmant que les profits contribuent à financer la traite de personnes.
Le ministère de la Justice a déclaré dans un communiqué qu’il venait d’envoyer une nouvelle lettre aux chefs jeudi, leur proposant de se rencontrer pour discuter de l’objectif commun consistant à soutenir la communauté, garantir la sécurité publique et respecter la loi.
La lettre précise que toute discussion relative à l’application de la loi doit être renvoyée à la police locale. Elle réitère l’offre précédente de la province concernant un modèle réglementé par l’intermédiaire de la NSLC, dont le gouvernement affirme que les bénéfices reviendraient aux communautés des Premières Nations pour soutenir les services locaux, tout en garantissant la sécurité.


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