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La saisie de pancartes lors des manifestations lycéennes choque de plus en plus et à juste titre. On se croirait dans un dictature, un régime autoritaire africain mais on n’ose imaginer telle accusation infâme ! Des vidéos circulent, des juristes s’indignent, et pourtant les confiscations continuent. Cette tribune défend un point de vue : celui d’une atteinte à la liberté d’expression que rien ne justifie et une dérive policière. Voler des pancartes en accusant les manifestants d’infractions sans établir de PV n’est rien d’autre que du « vol » !.
Des slogans confisqués sous les caméras
« On vise le bac, la BAC nous vise » ou « Gazer les violeurs, pas les mineurs » : ces phrases ont fini dans les mains de policiers. Les lycéens, eux, défilaient pour réclamer des moyens et dénoncer des violences policières. Une vidéo de Radio Nova, partagée plus de 4 000 fois, montre un gendarme saisir une pancarte. Une élue LFI, Julie Garnier, a aussi dénoncé un abus de pouvoir devant une gendarme. Malgré tout, la pratique n’a pas cessé, au contraire.
Une pratique totalement illégale
Les juristes cités sont nets. Pour Olivier Cahn, professeur de droit pénal, la saisie n’est légale qu’en cas d’infraction. Critiquer la police reste totalement légal. Thomas Hochmann rappelle que la Cour européenne protège une certaine dose d’exagération. Quant à l’avocat Arié Alimi, il parle de vol quand les pancartes sont jetées. Par ailleurs, une vraie infraction appellerait une contravention ou une garde à vue, pas une confiscation sans suite ; c’est clair.
Un ordre oral, des traces visibles
Aucun ordre écrit n’existera, c’est évident. Ce genre de consigne se donne de vive voix. Pourtant, un major cité par Mediapart affirme avoir reçu des consignes de sa hiérarchie sur les banderoles anti-police. Ensuite, la répétition des scènes fait le reste. Selon moi, une pratique aussi visible, filmée et sans conséquence ne relève pas de simples initiatives individuelles. Elle suggère une tolérance, voire un feu vert, venu de la hiérarchie.
Et si c’était l’Iran ?
Imaginez la même scène à Téhéran. Les chaînes d’information parleraient aussitôt de censure d’État. En France, la même confiscation passerait pour un incident de maintien de l’ordre. L’hypocrisie de l’élite politique corrompue en France n’a pas d’équivalent dans le monde ni dans l’Histoire.
Dire que ces clowns se font passer pour de grands démocrates et ne cessent de faire la leçon à l’Iran, la Russie, l’Algérie… bref au monde entier alors qu’ils gazent et tabassent des gamins de 13 ans !
Ce que répond la police sur les saisie de pancartes
Le ministre Laurent Nuñez qualifie de mensonge l’idée d’instructions politiques de répression. La commissaire Anouck Fourmigué assure qu’aucune consigne n’a été donnée. Ouiiii ! On vous croit ! Selon elle, certaines pancartes tenues sur un piquet peuvent constituer une arme par destination. Ouiiii ! Bien sûr ! Le ridicule ne tue plus ! Toutefois, ils n’expliquent pas pourquoi de simples cartons, portant des slogans critiques, finissent confisqués.
Qui a donné la consigne ?
Reste à le savoir. Des plaintes pour vol et les enquêtes de l’IGPN peuvent y répondre. Tant que la lumière n’est pas faite, la saisie de pancartes demeure un scandale que les lycéens, et nous tous, devons exiger d’éclaircir. Une plainte pourrait permettre de remonter très vite la chaîne de responsabilité qui finira à n’en point douter chez Nuñez… D’autant que ce dernier n’est pas à son premier mensonge et que la police est devenue spécialiste en faux et usage de faux en écritures publiques.


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