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Par Vincent Clairmont
Le 14 octobre, LFI a présenté son contre-budget : 106,4 milliards de recettes nouvelles, 81,7 milliards de dépenses nouvelles, et un objectif de déficit de 5 % du PIB. C'est celui du gouvernement. Ce n'est pas un autre budget. C'est le même, avec 106 milliards de prélèvements en plus.
Le 14 octobre, au siège de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon et Éric Coquerel, président de la commission des finances de l'Assemblée, ont présenté leur budget pour 2027 : 106,4 milliards d'euros de recettes nouvelles, 81,7 milliards de dépenses nouvelles. L'objectif de déficit affiché est de 5 % du PIB. C'est celui du projet de loi de finances de Sébastien Lecornu.
Mélenchon se dit « dans l'épure ». Lisons-le donc en comptable.
Ma thèse, et je la tiens jusqu'au bout : ce contre-budget n'est pas une alternative au budget Lecornu. C'est le même budget, avec 106 milliards de prélèvements en plus et 82 milliards de dépenses publiques en plus, pour le même déficit. Sur la carte libertarienne publiée hier par Eric V. dans ces colonnes, Mélenchon est placé à +5 sur l'axe de l'État, tout en haut. Le document du 14 octobre est le chiffrage de ce +5.
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Le Courrier des StratègesÉric Verhaeghe

Ce que paie le contribuable
Les prélèvements obligatoires représentaient 43,6 % du PIB en 2025, selon l'Insee. 106 milliards de plus, sur un PIB d'environ 3 000 milliards, c'est près de 3,5 points supplémentaires : un taux de l'ordre de 47 %.
La taxe sur les héritages doit rapporter 20 milliards de plus. Or l'ensemble des droits de succession et de donation a rapporté 20,7 milliards en 2025. Le programme double donc l'impôt sur la transmission. Le « rabotage » des niches doit rapporter 22 milliards, dont le crédit d'impôt recherche, le pacte Dutreil, qui allège la transmission d'une entreprise familiale à condition que les héritiers la gardent, et le crédit d'impôt pour l'emploi à domicile. Celui qui paie, c'est le fils qui reprend l'atelier de son père, et la retraitée qui déclare son aide-ménagère au lieu de la payer de la main à la main.
Où va l'épargne
LFI veut aussi « mobiliser » 100 milliards d'épargne par an : plafond du Livret A porté à 30 000 euros pour flécher 30 à 40 milliards vers le logement, assurance-vie rendue « moins intéressante » pour pousser l'argent vers un nouveau produit.
Je travaille dans une maison de gestion. Quand un client nous confie son argent, l'allocation se décide par contrat et il la signe. Ici, l'épargnant apporte l'argent et l'État décide de l'allocation, en rendant moins rentable tout ce qu'il n'a pas choisi.
C'est ce que la carte d'Eric V. appelle la pente : la décision descend d'en haut. Mises appelait cela l'éviction : chaque euro fléché par l'État vers le logement manque à l'entreprise qui l'aurait emprunté.
La dette et ceux qui la détiennent
LFI annonce 25 milliards de réduction de la dette dès la première année. Un État qui vise 5 % de déficit emprunte plus de 150 milliards nets dans l'année. Sa dette ne baisse pas. Elle augmente un peu moins vite.
Le même document prévoit d'annuler ou de geler la dette française détenue par la Banque centrale européenne, ce que Coquerel a confirmé. L'Eurosystème détient




























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