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À Compiègne, Mohamed a perdu sa vitrine, mais visiblement pas son humour ni son sens des affaires.
Des pavés au menu du Tacos School
Le 1er octobre 2026, les abords du lycée Mireille-Grenet, à Compiègne, sont agités par un mouvement de contestation. Plusieurs individus cagoulés, vêtus de noir et armés de projectiles, s’en prennent au restaurant Tacos School, situé à quelques centaines de mètres de l’établissement.
Mohamed, le gérant, assiste à la scène depuis les caméras de surveillance de son commerce. Il saute dans sa voiture, mais arrive trop tard. Sa vitrine est brisée et des morceaux de verre jonchent le sol. Une décoration intérieure assez radicale, qui ne figurait probablement pas dans son projet d’aménagement.
Le commerçant n’avait pourtant rien demandé. Il vend des tacos, pas des réformes de l’Éducation nationale. Une nuance qui semble avoir échappé à ses visiteurs.
Ces violences surviennent alors que la mobilisation lycéenne s’étend à travers la France. Mais entre réclamer des professeurs et démolir le restaurant du quartier, il existe encore quelques différences.
Une vitrine en moins, des tacos à 6 euros
Plutôt que de transformer son restaurant en bunker, Mohamed choisit une arme autrement plus redoutable : l’humour.
Sur la devanture endommagée, il installe une affiche qui annonce la couleur : « Fallait passer par la tepor, pas défoncer le décor ! »
Traduction pour les moins jeunes : il suffisait de passer par la porte.
Et comme Mohamed n’est manifestement pas rancunier, il accompagne sa plaisanterie d’une offre à 6 euros destinée aux lycéens. Le verre est cassé, les prix aussi. Au moins, cette fois, c’est volontaire.
On imagine la réunion commerciale : comment attirer davantage d’élèves ? Distribution de prospectus ? Publicité sur les réseaux sociaux ? Non, une vitrine fracassée et une bonne dose d’autodérision feront l’affaire.
La meilleure réponse aux casseurs ? Un peu d’humour
L’épisode aurait pu se terminer par une fermeture prolongée et un commerçant écœuré. Mohamed préfère faire sourire ses clients. Une réaction d’autant plus remarquable que les dégâts, eux, sont bien réels.
Dans un climat où les manifestations lycéennes alimentent les tensions politiques, le restaurateur refuse de confondre les élèves avec les individus qui ont attaqué son établissement.
Il n’excuse pas les dégradations. Il choisit simplement de ne pas laisser les casseurs lui voler, en plus de sa vitrine, sa bonne humeur.
Une chose est sûre : les auteurs des dégradations ont réussi à casser du verre. Mohamed, lui, a réussi à faire de cette mésaventure une publicité pour son commerce.
Et pour une fois, le meilleur sens de la répartie ne venait pas d’un plateau de télévision, mais d’un vendeur de tacos.


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