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C’est une grande journée pour la francophonie terre-neuvienne. Alors que la Journée officielle de la Francophonie est célébrée le 30 mai, des festivités ont lieu un peu partout dans la province afin de souligner l’histoire, l’identité et la vitalité de la communauté francophone.
Cette journée a aussi été marquée par une annonce importante pour les jeunes de la province, devant plusieurs dignitaires réunis à l’Édifice de la Confédération, juste avant le lever du drapeau franco-terre-neuvien-et-labradorien, qui célèbre cette année son 40e anniversaire.
Le maire de Saint-Jean, Danny Breen, a annoncé une enveloppe de 50 000 $ remise à la Fédération des francophones de Terre-Neuve-et-Labrador afin de soutenir la candidature de la ville pour accueillir les Jeux de l’Acadie en 2029.
C’était un des critères absolument nécessaires pour pouvoir déposer sa candidature auprès de la Société des Jeux de l’Acadie. Il faut qu’il y ait un minimum de 50 000 $ promis par la municipalité qui sera hôtesse pour qu’une candidature soit recevable, confie Gaël Corbineau, directeur général à Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL), fier que cette première étape soit franchie.
Une première dans son histoire
On avait décidé depuis quelques mois, avec la Fédération, avec nos autres organismes communautaires, de demander à ce que Saint-Jean puisse recevoir les Jeux en 2029.
Bien que d’autres municipalités risquent de soumettre leur candidature, selon lui, le momentum y est. Ça marquera le cinquantième anniversaire des Jeux eux-mêmes, qui ne sont jamais venus à Terre-Neuve. Ça marquera aussi le 80e anniversaire de Terre-Neuve-et-Labrador dans la Confédération canadienne.

L'étonnant Acajoux, mascotte de Jeux de l'Acadie, présente des médailles qui seront décernées lors de la 45e finale, qui aura lieu en juin à Edmundston, au Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
La province possède plusieurs atouts pour accueillir les Jeux, mais le principal défi demeure de faire venir plus de 2000 jeunes sur l’île de Terre-Neuve.
La Fédération affirme vouloir travailler de pair avec la Société des Jeux de l’Acadie et rappelle que la province est habituée à relever ce type de défis logistiques.
En ce qui concerne les organismes francophones, moins nombreux, ainsi que la taille de la communauté, ces éléments n’effraient pas M. Corbineau.
Seulement à Saint-Jean, il n'y a pas loin de 3000 francophones de langue maternelle, donc il y a quand même un bassin, note-t-il.
Il y a aussi un énorme bassin d'anglophones qui ont fait l'immersion française, donc c'est quand même pas négligeable. Les bénévoles qui viendront des autres provinces sont aussi les bienvenus.

De petits drapeaux de la francophonie terre-neuvienne étaient distribués lors de la levée du drapeau, ce 29 mai 2026, à l’Édifice de la Confédération.
Photo : Radio-Canada / Marie-Eve DuSablon
Pour Tristan Claveau, président de Franco-Jeunes de T.-N.-L. (FJTNL), ce type d’événement permettrait de promouvoir la francophonie d’ici et de donner envie aux jeunes de continuer à parler français.
Naomi Félix-Gaddes, une enseignante de l’École Notre-Dame-du-Cap qui a occupé différents postes aux Jeux de l’Acadie — dont celui de cheffe de mission de la délégation de la province il y a deux ans à Dieppe, au Nouveau-Brunswick — se dit confiante.
Ça fait des années, puis des années que nos anciens chefs de mission demandent pour avoir les Jeux ici, à Terre-Neuve. Après l'expérience qu'ils ont eue avec les Jeux du Canada, j'imagine que nous pourrons trouver un moyen d'avoir les bénévoles nécessaires, dit-elle.
Ça pourrait ouvrir les yeux, pas juste pour les anglophones, mais pour les francophones pour leur montrer que nous pouvons avoir une identité.
Elle a rappelé les défis uniques auxquels fait face la province, notamment les grandes distances entre les communautés francophones, qui compliquent la formation et la préparation des équipes sportives.
Malgré ces obstacles, elle estime que les Jeux représenteraient une occasion exceptionnelle de rassemblement et de valorisation de la francophonie terre-neuvienne.
Une francophonie vivante, notamment grâce à l’immigration
Que ce soit l’association communautaire des francophones, la FFTNL ou la directrice de l’École des Grands-Vents, tous s’entendent pour dire que la francophonie se porte très bien ces jours-ci.

Céline Monnier, directrice de l'école des Grands-Vents entourée des élèves Viviane Spirrell et Sam Blouin, le 29 mai 2026, la veille de la Journée officielle de la francophonie de Terre-Neuve-et-Labrador.
Photo : Radio-Canada / Marie-Eve DuSablon
C'est l'occasion de vraiment avoir une célébration, de les rendre fiers, de développer leur sentiment d'appartenance à la communauté.
Sam Blouin, élève de 4e année à l’École des Grands-Vents, qui participe aux activités du carnaval de son école, précise que parler français est une force.
Il y a 396 millions de francophones à travers la planète. Je ne sais pas ce que la planète serait sans eux.
On peut le voir avec nos écoles, ici, à Saint-Jean. En tout cas, moi, quand je suis arrivé, il n'y avait qu'une seule école, qui n'était pas pleine. Aujourd'hui, on en a deux. Les services de petite enfance aussi se développent beaucoup. Ça aide beaucoup à retenir nos jeunes et à lutter contre l'assimilation, souligne Gaël Corbineau.
Il dit d’ailleurs travailler avec les gouvernements fédéral et provincial pour offrir un volet postsecondaire aux jeunes pour ainsi leur permettre de rester dans la région.
Tony Cornect, président de la FFTNL, ajoute qu’il faut se tenir ensemble, notamment dans les régions plus rurales. C'est vivant, c'est dynamique, divers. Mais on est une famille. C'est vraiment important pour la survie de la francophonie acadienne de la province de Terre-Neuve-et-Labrador de travailler ensemble, parce qu'elle est pas mal dispersée.
M. Corbineau rappelle que certaines villes de la Côte-Ouest sont en pleine ascension, notamment Corner Brook, qui est en développement. Stephenville connaît également une certaine revitalisation, après avoir été très dynamique dans le passé. Historiquement, la ville a d’ailleurs été un important foyer acadien et francophone, et cette dynamique renaît aujourd’hui.


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