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Cet accord, ayant pour but d’organiser des événements musicaux au sein de la cathédrale, suscite l’indignation, notamment chez les descendants du vice-amiral Horatio Nelson, dont le corps repose sous le dôme central.
Peut-on organiser des concerts dans un lieu où reposent des morts ? À cette question, la cathédrale Saint-Paul de Londres a répondu oui. Le 1er septembre dernier, celle-ci a en effet publié un communiqué sur son site internet annonçant en grande pompe un accord de quatre ans avec la célèbre discothèque londonienne Fabric afin d’organiser des événements musicaux au sein même de l’édifice.
«C’est une rencontre extraordinaire et inattendue entre deux facettes très différentes de Londres», se réjouissait le cofondateur de Fabric à l’annonce du partenariat. Son enthousiasme a rapidement été douché par la réaction des descendants d’Horatio Nelson, dont le corps repose sous le dôme central, dans la crypte, aux côtés de l’architecte du monument, Christopher Wren, et du duc de Wellington Arthur Wellesley, qui a vaincu Napoléon à Waterloo.
«N’y a-t-il donc plus rien de sacré ?»
Nelson fut un illustre vice-amiral de la Royal Navy, mort à Trafalgar en 1805. Sa mémoire vit toujours aujourd’hui grâce à la Nelson Society, une association britannique créée en 1981 et présidée par Peregrine Hood, un descendant du frère aîné du commandant de la marine. C’est lui qui est monté au créneau pour s’opposer à la décision des gestionnaires de la cathédrale Saint-Paul.
«N’y a-t-il donc plus rien de sacré ? Quel triste constat sur l’état actuel de l’intégrité spirituelle et du christianisme. Il est profondément déprimant de voir la cathédrale Saint-Paul adopter une telle position», s’est-il lamenté dans une déclaration au Times . «Nelson était issu d’une famille profondément ancrée dans la foi, et c’est peut-être cette utilisation abusive d’un lieu sacré qui lui aurait causé un malaise encore plus grand que la perspective de voir des foules danser sur sa tombe.»
Un premier concert le 29 octobre
Le premier concert doit avoir lieu le 29 octobre. Le nom de l’artiste qui se produira n’a pas encore été dévoilé. Avec ce genre d’événements, la directrice de l’accueil des visiteurs à la cathédrale espère attirer de nouveaux visiteurs et les encourager «à découvrir et à s’intéresser à cet édifice historique d’une manière nouvelle et enthousiasmante». Si elle promet également un «programme soigneusement élaboré de concerts exceptionnels», cela n’a pas convaincu la Nelson Society, qui a exhorté la cathédrale à mettre fin au contrat avec Fabric.
«Il est inconcevable de savoir ce qu’ils avaient en tête lorsqu’ils ont pris la décision de conclure un contrat avec cette boîte de nuit. C’est à ne pas croire», a déclaré Andy Smith, attaché de presse de l’association, qui estime également que le fait que cela se déroule dans «la cathédrale la plus prestigieuse du pays» était profondément offensant pour les chrétiens. La cathédrale Saint-Paul a pourtant déjà accueilli des concerts en partenariat avec Fabric en 2024 et 2025.
Réputation sulfureuse
Pour autant, il s’agissait d’événements ponctuels et non d’un partenariat institutionnalisé sur quatre ans. Par ailleurs, la boîte de nuit traîne une réputation sulfureuse, notamment liée à la consommation de drogue dans l’établissement, situé à Farringdon dans le centre de Londres. En 2016, elle a d’ailleurs perdu sa licence après que le conseil municipal d’Islington eut constaté ce qu’il a qualifié de «culture de la consommation de drogue».
Plus tôt cette année-là, deux jeunes de 18 ans sont décédés lors d’incidents distincts après avoir consommé des stupéfiants dans cette discothèque. L’établissement a rouvert ses portes en janvier 2017 après avoir convenu de nouvelles conditions d’octroi de licence avec le conseil municipal et la police métropolitaine, notamment un âge minimum d’entrée plus élevé et des mesures de sécurité renforcées, rappelle la BBC.
«Rave dans la nef»
Les événements musicaux organisés dans des cathédrales britanniques ont déjà suscité la controverse. En 2024, la cathédrale de Canterbury avait notamment accueilli des soirées de type «silent disco», un concept dans lequel les participants dansent et écoutent de la musique diffusée directement dans des casques audio, plutôt que par des haut-parleurs.
Des opposants avaient dénoncé une «rave dans la nef» et lancé une pétition pour demander l’annulation des événements, qui avait recueilli plus de 1600 signatures. À l’origine de cette mobilisation, Cajetan Skowronski estimait que ces soirées ne «rapprocheraient pas les jeunes du Christ», mais risquaient au contraire de leur donner le sentiment que «le divertissement mérite davantage notre attention que Dieu».


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