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L’installation d’une centrale photovoltaïque sur le lac du Dagour se concrétise. Une situation suscitant la colère de l’association Les Lacs du Lauragais, opposée au projet.
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Par Ines Souifi Publié le 8 sept. 2026 à 1h39
L’implantation d’une centrale photovoltaïque flottante sur le lac du Dagour, un plan d’eau à cheval sur les communes de Bourg-Saint-Bernard, Lanta, Prunet et Saussens, est toujours d’actualité. Ce projet rendu public en 2021 et porté par l’Association Foncière de Remembrement (AFR) de Bourg-Saint-Bernard, avec l’appui d’EDF Renouvelables, vient même de faire un bond en avant. En effet, un panneau affichant le permis de construire de la centrale photovoltaïque a fait son apparition sur les berges du lac au cours de l’été. Une situation qui ne fait pas l’unanimité.
Un recours déposé
Mobilisé contre ce projet depuis le départ, l’association Les Lacs du Lauragais n’a pas changé sa vision des choses. « Notre lutte continue », harangue sa présidente, Claire Pélissier. Une assemblée générale est d’ailleurs prévue par l’association le mardi 8 septembre à 19 h dans la salle des fêtes de Prunet, afin d’échanger sur ce fameux permis de construire et de sensibiliser les participants.
« Nous avons déposé un recours auprès de maître Courrech à Toulouse (un cabinet d’avocats spécialisé dans l’urbanisme NDLR) », confie la présidente de l’association. Elle pointe notamment du doigt les impacts que pourrait avoir d’après elle la construction d’une telle infrastructure – qui prévoit la mise en place de panneaux solaires flottants sur environ 7,2 hectares soit 27 % du plan d’eau – sur l’environnement.
« Nous devons préserver nos points d’eau, nous l’avons d’autant plus remarqué après les divers épisodes de canicule que nous avons subis cet été. Nous sommes inquiets par rapport aux effets que pourrait avoir la centrale sur la qualité de l’eau, avec le développement de cyanobactéries, et sur la biodiversité », détaille Claire Pélissier.

Plusieurs études réalisées
De son côté, EDF Renouvelable assure à Voix du Midi Lauragais que « des études sur le milieu naturel ont été réalisées par les bureaux d’études indépendants sur un cycle biologique complet de fin 2021 à mi 2023, portant sur les habitats, la flore, la faune, et sur les caractéristiques physico-chimiques du plan d’eau ». « À l’issue de cet état initial, de nombreuses mesures d’évitement, de réduction et d’accompagnement ont été définies avec les experts indépendants en charge des études écologiques pour que la centrale s’adapte aux enjeux de la retenue d’eau. Les autorisations administratives et environnementales prennent en compte ces études dans leurs décisions », ajoute l’entreprise.
Actuellement, le lac du Dagour permet l’approvisionnement en eau de 400 hectares de terres agricoles réparties sur dix communes. Ce sont d’ailleurs plusieurs agriculteurs irriguant qui ont donné leur accord à EDF Renouvelables pour implanter une centrale photovoltaïque flottante. Si cette dernière venait à s’installer, sa puissance de 8,19 MWc produirait une électricité bas carbone et locale pour alimenter l’équivalent de 4 700 habitants.
Une installation en 2026 ?
Après une phase d’études environnementales, techniques et de concertation entre 2020 et 2022, une étude du dossier et une phase d’enquête publique fin 2025, à l’issue de laquelle un avis favorable a été rendu, le projet a obtenu un permis de construire en mars 2026. « Je trouve ça d’ailleurs honteux de l’avoir installé en juillet, lorsque les gens sont en vacances, alors qu’ils l’ont obtenu il y a plusieurs mois », s’agace la présidente des Lacs du Lauragais.
Au départ, EDF Renouvelables prévoyait une installation en 2026 et une mise en service en 2027. Mais si le permis de construire est bien là, « l’autorisation environnementale est en cours d’instruction par les services de l’État », explique le producteur d’énergies renouvelables. La centrale ne sera donc « pas installée en cette fin d’année ».
« Si la construction de cette centrale photovoltaïque arrive à son terme on sacrifie notre patrimoine environnemental », déplore Claire Pélissier. La présidente de l’association suppose que cette première installation pourrait en engendrer d’autres dans le Lauragais, un territoire qu’elle ne veut pas voir « s’industrialiser ». Des actions et des mobilisations à l’encontre du projet pourraient donc être organisées dans les prochains mois.
Infos pratiques
Assemblée générale de l’association Les Lacs du Lauragais : mardi 8 septembre à 19 h, dans la salle des fêtes de Prunet
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