Selon l’Office fédéral de la statistique, en 2021, 6% des enfants vivaient dans une famille recomposée. C’est également le cas de Noémie et de Léon, et dans Rochebrune, Sophie Divry nous raconte les dessous de leur quotidien instable. Elle est une adolescente renfrognée, il a la moitié de son âge et des accès de colère intempestifs. Ce sont les enfants respectifs d’Isabelle Fuzeau et de Xavier Daubard. Il est concepteur de jeux vidéo, elle est psychologue spécialisée dans la reconversion professionnelle. Elle vient de la petite classe moyenne, il a grandi dans un milieu bourgeois. Le couple a des vertiges, mais il compte sur les vacances de la Toussaint et un séjour dans un coin (fictif) du massif des Ecrins pour prendre de la hauteur et apaiser ses frustrations.
Rochebrune, le titre du dixième roman de Sophie Divry, est aussi le nom du village encastré qui sert de cadre à cette dramédie conjugale. Mordante et sans pitié, comme on l’avait notamment découverte dans La Condition pavillonnaire (Ed. Noir sur Blanc, 2014), on y retrouve l’autrice au sommet de son acuité, distillant des formules chocs qui fendent le ciel chargé des relations hommes-femmes et plus généralement la condition humaine: «Etre adulte, c’est peut-être cela: se comporter courageusement et que plus personne ne vous en félicite», songe Isabelle pendant la traversée d’une rivière en crue.


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