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Le ministère de la Santé a annoncé mercredi le déploiement d'un nouveau service de transport médical d'urgence par hélicoptère pour desservir les régions de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent. Les opérations viennent tout juste de commencer, mais leur déploiement est déjà remis en cause dans la région de Rimouski.
Le transport par hélicoptère s’ajoute au Programme d'évacuations aéromédicales du Québec (EVAQ). Il vise à réduire les délais d'accès aux soins spécialisés dans les grands centres pour des patients en région qui sont dans un état critique. Actuellement, les patients du Bas-Saint-Laurent sont transférés à Québec en ambulance ou par avion.
En attendant la construction d’héliports, qui devrait arriver en deuxième phase du projet, des patients en région seront transportés en ambulance jusqu’à un aéroport pour ensuite être transportés par hélicoptère jusqu’à Québec. C’est ce qu’a annoncé la ministre de la Santé Sonia Bélanger en conférence de presse.
Le premier transport héliporté a été plus long qu’un trajet en ambulance
Le transport d’urgence par hélicoptère est déployé depuis lundi et la Fédération du préhospitalier du Québec (FPHQ) note qu'il y a déjà eu un premier cas dans la région. La personne a quitté l’hôpital de Rimouski pour se rendre en ambulance jusqu'à l'aéroport à Notre-Dame-du-Portage, en hélicoptère jusqu'à l'aéroport Jean-Lesage, puis encore en ambulance jusqu'à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.
Résultat : le transport aurait pris plus de 3 heures, alors qu’un trajet urgent en ambulance entre l’hôpital régional de Rimouski et l’institut à Québec peut prendre entre 2 heures 50 minutes et 3 heures, selon la FPHQ. Les nombreux transferts ont allongé le délai avant que la personne puisse recevoir les soins dont elle avait rapidement besoin. Pour le vice-président exécutif de la FPHQ, Jérémie Corneau-Landry, c'est inacceptable.
C'est quand même préoccupant de dire qu’on va faire 100 kilomètres de route avec un patient pour l'amener à Notre-Dame-du-Portage, pour ensuite partir à Québec, quand on a un aéroport juste ici à côté, explique-t-il en parlant de l’aéroport de Rimouski.
La réponse qu’on s’est fait donner par une personne de confiance, c’est que la capacité de carburant de l’hélicoptère n’est pas capable de faire un aller-retour Québec-Rimouski, confie M. Corneau-Landry. On comprend donc que le service ne pourra couvrir efficacement qu’une partie du Bas-Saint-Laurent.
Dans les communications du gouvernement, le périmètre desservi par le projet de transport héliporté est d’ailleurs passé de 275 kilomètres à 250 kilomètres depuis la dernière annonce en février. Cela fait douter M. Corneau-Landry de l’accès au service pour les patients de Rimouski.
Pour nous, le programme, actuellement, c’est un flop. Ce qu’on demande au gouvernement, c’est de revoir la structure.

Jérémie Corneau-Landry est vice-président exécutif de la Fédération du préhospitalier du Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Voyer
La FPHQ croit que le projet est intéressant et viable à long terme, mais qu'il a été déployé de manière trop précipitée, sans les infrastructures adéquates. Son vice-président recommande de s’inspirer de ce qui se fait en Europe pour revoir le fonctionnement du service de transport d’urgence héliporté.
Ça nous préoccupe grandement que le gouvernement déploie aujourd'hui un projet qui est encore embryonnaire, qui n'est pas prêt, seulement pour respecter un délai, une mise en place qu'il avait promis aux citoyens, dénonce M. Corneau-Landry.
Questionnée par écrit, la ministre de la Santé nous a répondu que le nouveau service de transport médical héliporté est en opération depuis seulement quelques jours.Il est donc normal qu’une période d’ajustement soit nécessaire au démarrage. C’est d’ailleurs pour cette raison que le déploiement se fait de façon graduelle.
Un manque de formation déploré
La Fédération du préhospitalier dénonce aussi que les ambulanciers n'ont pas reçu de nouvelles formations ou procédures quant à la mise en place du nouveau service. Toujours par écrit, la ministre soutient que c'est Santé Québec qui a la responsabilité d’accompagner et de former les différents intervenants concernés et qu'elle a confiance que la transition va se faire adéquatement.
Du côté de Santé Québec Bas-Saint-Laurent, on dit qu'on a été un peu pris de court par la mise en place rapide du service. L'organisation indique qu'elle va s'assurer que les entreprises ambulancières transmettent bien les procédures aux paramédicaux.


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