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Oliver Jones, grand pianiste de jazz montréalais, s’éteint à 91 ans

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Oliver Jones ne fera plus sourire son piano. Le grand jazzman montréalais s'est éteint mercredi à l'âge de 91 ans.

Sa famille et la maison de disques Justin Time Records en ont fait l'annonce en soirée dans un bref communiqué, sans préciser la cause de son décès.

Musicien exceptionnel, âme douce et ami qui a marqué tant de vies, sa gentillesse et son immense talent ont laissé une empreinte indélébile sur de nombreuses personnes et générations, et son souvenir continuera de nous inspirer, peut-on lire.

5:27

Simon Fauteux, relationniste de la légende montréalaise du jazz, lui rend hommage.

Il disait que la piqûre du jazz lui avait probablement été inoculée lorsqu'il avait 4 ans, en voyant Oscar Peterson jouer du piano. Cela se passait au centre culturel de la Petite-Bourgogne, quartier de Montréal où Oliver Jones est né le 11 septembre 1934 et où il a grandi.

Le petit Oliver connaît la musique. Dès l'âge de 3 ans, il jouait de mémoire des chansons entendues à la radio.

Son père était organiste et jouait à la United Union Church.

Je venais à toutes les dimanches avec mes trois sœurs. C'était une place de confort pour tous les Noirs de Montréal, racontait le musicien dans un français qui lui était propre.

Daisy Peterson Sweeney et Oliver Jones.

Daisy Sweeney (née Peterson) en compagnie d'Oliver Jones (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Il apprend le piano avec sa voisine, Daisy Peterson, la sœur d'Oscar Peterson, qui deviendra sa mentore et complice.

Fort doué, le garçon a 9 ans lorsqu'il se produit au Café St-Michel, rue de la Montagne, un des lieux mythiques de l’âge d'or du jazz de Montréal.

Une murale représentant Oliver Jones.

Dans l'arrondissement du Sud-Ouest, à Montréal, une murale du peintre muraliste William Daniel Buller rend hommage à Oliver Jones. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Après avoir travaillé dans la région de Montréal de 1953 à 1963, Oliver Jones s’établit à Porto Rico et devient directeur musical d’un orchestre de variété de style calypso, le Kenny Hamilton Show Band, de 1964 à 1980.

De retour à Montréal en 1981, il fonde avec son ami contrebassiste Charles Biddle le club Biddle’s Jazz and Ribs (devenu House of Jazz), dont il est le pianiste attitré.

Il devient aussi un habitué du Festival international de jazz de Montréal.

Quand je joue, j'entends des couleurs. Parfois je sens vraiment que le piano est une extension de mon cœur et de mon corps.

En 1986, la nouvelle étiquette Justin Time lance Live at Biddle’s Jazz and Ribs. Sur cet album, Oliver Jones joue avec Charles Biddle à la basse et Bernard Primeau à la batterie, et il dirige pour la première fois ce qui deviendra son type d’ensemble préféré, le trio.

En 1986 commencent aussi des tournées qui l'amèneront aux États-Unis et plusieurs fois en Europe. Il se produira en Chine, en Australie et en Afrique, où l'Office national du film (ONF) tournera le documentaire Oliver Jones in Africa.

Il enregistrera plus de 20 albums entre 1980 et 2013. Certains d’entre eux deviennent des références de l’histoire du jazz, comme Lights of Burgundy, en 1985, son premier album de compositions originales.

Il y aura aussi Just Friends, Just 88, From Lush to Lively et Have Fingers, Will Travel, entre autres.

Oliver Jones au piano.

Oliver Jones corrige la partition de sa pièce Lights of Burgundy en 2014.

Photo : Radio-Canada/Christian Côté

Entre 1987 et 1989, il s’illustre lors de concerts avec l’Orchestre métropolitain de Montréal, l'Orchestre symphonique de Québec, l’Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo ainsi que l’Orchestre symphonique de Montréal, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.

Il annonce sa retraite en 2000, mais deux ans plus tard, il lui prend l’envie de retourner en studio pour terminer un album amorcé en 1986, Then and Now, avec le bassiste Skip Bey.

Oliver Jones a accumulé doctorats honorifiques, titres et prix. Citoyen d'honneur de Montréal, il remporte le prix Oscar-Peterson et le prix Martin Luther King Jr; il est fait chevalier de l’Ordre national du Québec et officier de l’Ordre du Canada.

Oliver Jones.

Oliver Jones en entrevue en 2017.

Photo : Radio-Canada

Durant les années 2000, Jones se fait philanthrope. Il veut redonner aux jeunes, en particulier à ceux du quartier de son enfance, auquel il est toujours resté fidèle.

Généreux, il achète des pianos pour plusieurs écoles et églises.

Il prend sous son aile le jeune prodige Daniel Clarke Bouchard, alors âgé de 7 ans.

Ils enregistrent une pièce de Claude Léveillée pour le premier album de l’adolescent, Scènes d’enfants, en 2013.

Après des ennuis de santé en 2015, il annonce finalement sa retraite l'année suivante.

Source : L'encyclopédie canadienne

Avec La Presse canadienne

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