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Ils ont moins de 20 ans et ils sont leur propre patron. Rencontre avec de jeunes Rimouskois qui, plutôt que d’aller porter des CV à des employeurs cet été, ont décidé de démarrer une petite entreprise.
Jacob Santerre et Laurent Thériault ont créé leur emploi d’été de rêve à 17 ans, en fondant une entreprise de guide de pêche au bar rayé dans l’embouchure de la rivière Rimouski.
Depuis près de deux mois, ils accompagnent des petits groupes de cinq ou six personnes dans l’expérience, du premier lancer jusqu’à la prise.
On a autant des touristes de Montréal que des habitants de Rimouski qui n’ont jamais vraiment fait ça, avoir autant que ça les deux pieds dans le fleuve, explique l’un des deux cofondateurs d’Expédition pêche BSL, Laurent Thériault.
Depuis [aussi loin] que je me souvienne, j’ai toujours aimé la pêche, j’ai toujours été mordu, confie Laurent, qui assure que, malgré leur jeune âge, ils connaissent leur affaire.

Laurent Thériault, cofondateur d'Expédition pêche BSL
Photo : Radio-Canada / Maxence Matteau
C’est leur enseignant de science de secondaire 4 qui les a initiés à la pêche au bar rayé dans le fleuve, l’été dernier.
Jacob et moi, on allait à la pêche avec notre prof de science pendant les examens de fin d'année, il nous montrait les spots, les petites techniques, il nous a tout appris, raconte-t-il. Tout l'été passé, donc, on a passé nos journées au fleuve à explorer.
Créer l’emploi d’été de ses rêves
L’idée leur est venue en janvier dernier, pendant un cours de musique, alors qu'ils discutaient de leurs plans d’été, raconte Laurent Thériault. Tant qu’à aller à la pêche, on est ici tous les jours, on va amener le monde avec nous, on va les faire tripper.
C’est comme ça que, tranquillement pas vite, le rêve, l’idée du coin de table, est devenu plus réalité, relate-t-il.
Inscription au registre des entreprises, achat d’équipement de pêche : les démarches ont été assez faciles, selon lui, sauf quand est venu le temps de trouver une compagnie d'assurances.
On s'est fait refuser par comme peut être 15, 20 compagnies [...] parce que c'est du jamais vu, on est des jeunes, c'est la première année et on ne savait pas si ça allait marcher, ça fait que les assureurs étaient pas trop sûrs.
Être son propre patron à 14 ans

À 14 ans, Christophe Ouellet a fondé Puribac, une entreprise de nettoyage de bacs à déchets, au début de l’été.
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
Je suis allé porter des CV à des places, puis ils m’ont refusé, ils ne m’ont même pas écrit. Puis au lieu d’attendre pour eux, j’ai décidé de créer ma propre entreprise.
À Rimouski, il y a peu de personnes qui font ça, la compétition n’est pas trop difficile, explique le Rimouskois, qui se déplace lui-même chez ses clients avec sa laveuse à pression et son équipement de nettoyage.
Il est très organisé, témoigne son père, Francis Ouellet, il s’est fait un livre, il rentre ses dépenses, ses revenus. Il a acquis une façon de s’organiser et, dans ses tâches à la maison, ça devient plus naturel.
Si les études de son fils demeurent une priorité, M. Ouellet voit d’un bon œil cet emploi d’été. Je trouvais ça un petit peu plate d’engager un enfant 35 heures, 40 heures/semaine à 14 ans. Alors, quand il a lancé cette idée, je trouvais ça champion, parce qu’il pouvait jouer avec son horaire. Il peut aller jouer avec ses amis, puis il va laver ses bacs en fin de journée.
On entend tellement dire "Ah, les jeunes font rien". C’est pas vrai! [...] on voit des beaux exemples.
Un coup de pouce des réseaux sociaux
Les trois jeunes misent notamment sur les réseaux sociaux pour faire connaître leurs services et pour recruter des clients.
Les réseaux sociaux, ça n’a l’air de rien, mais ça nous aide tellement, affirme Laurent Thériault. À la seconde où on sort une nouvelle vidéo ou qu’on [publie] des nouvelles photos, c’est comme s’il y avait une vague de personnes qui réservent. Surtout quand les clients prennent des poissons, les vues, les likes, les commentaires, ça explose!
Christophe Ouellet tente de publier une vidéo par jour sur Facebook et Tik Tok. J’essaie de faire des situations drôles, d’expliquer pourquoi il faut laver ses bacs, pourquoi c’est important, explique-t-il.
Gérer la croissance de son entreprise est aussi un défi.
Je savais pas que j’allais avoir autant de clients, confesse Christophe Ouellet, je pense qu’il y a cinq personnes qui m’ont écrit, un matin, quand je me suis réveillé. J’avais pas d’agenda, j’avais rien de prévu. [...] Ça a vraiment fait un pic et j’étais pas prêt à ça.
Au début, c'est beaucoup d’essai-erreur

Ludovic Pelletier et Philippe Normand se sont lancés en affaires il y trois ans, à la tête de Services PL, une entreprise qui offre le scellement d’asphalte au bitume et le nettoyage de vitres.
Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Services LP
Les cofondateurs de Services LP à Rimouski sont passés par là, il y a trois ans. Au début, on faisait de la tonte de pelouse, [...] trouver des clients, c’était tought, se souvient Ludovic Pelletier, mais là, on est partis, puis ça roule.
Grâce à un prêt de leur famille, les deux jeunes entrepreneurs ont pu acquérir un véhicule d’entreprise. Ils ont aujourd’hui un entrepôt et ils engagent même quelques amis pour les aider.
Mon père est entrepreneur, puis moi, j’aime pas ça avoir un boss. Je voulais avoir mes horaires, pouvoir travailler de soir, quand je veux, les fins de semaine, c’est moi qui décide quand je rentre. C’est ça qui me plaisait dans le métier.
Ça a évolué vite, rapidement, mais je pense que les deux on a quand même fourni des efforts, renchérit son partenaire, Philippe Normand.
On a été bien entourés, ajoute-t-il, en précisant que des membres de leur famille évoluant dans le monde entrepreneurial ont pu les conseiller.
C’est dur des fois sur le moral, convient-il, tu mets beaucoup plus de temps, beaucoup plus d’effort, mais, en fin de compte, moi, j’aime quand même ça, travailler dur pour moi-même, puis pas avoir un boss.
Les deux étudiants au Cégep de Rimouski consacrent désormais à leur entreprise leurs mois d’été, ainsi que leurs fins de semaine et des soirées aussi durant l’année scolaire.
C’est sûr que je continue en affaires plus tard, peu importe le domaine, affirme Ludovic Pelletier, qui a démarré une seconde compagnie cet été. L’université ne fait pas partie de ses plans. Je vais vraiment me lancer dans ma vie, puis partir, là! J’ai hâte de travailler, conclut-il.
Pour Laurent Thériault, d’Expédition pêche BSL, il s’agit de profiter le plus longtemps possible de cette « petite job d'été tranquille ».
Peut-être encore trois ans, quatre ans, peut-être plus, dit-il. On veut essayer de continuer le plus longtemps possible, jusqu'à ce que la vie embarque, puis que le vrai travail commence.
Avec les informations de Shanelle Guérin et d'Isabelle Damphousse.


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