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Retraites, dette, fiscalité... Ce qu’il faut retenir de la première confrontation entre les candidats à la présidentielle

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Ce jeudi, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier ont pu présenter, pour la première fois, leurs positions sur plusieurs sujets. Le Figaro fait le point.

Top départ symbolique pour la présidentielle 2027. Ce jeudi, sept prétendants à l’Élysée ont répondu aux questions de cinq patrons, à l’occasion de l’université d’été du Medef, La REF 2026, à Roland Garros. Pendant plus de deux heures, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier ont pu échanger pour la première fois et présenter leurs positions sur plusieurs sujets. Le tout, dans une ambiance parfois tendue.

Retraite, réindustrialisation, emploi, finances publiques... Le Figaro résume les points saillants de ce débat, qui est venu clôturer l’événement de rentrée du mouvement patronal.

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Des désaccords dès l’introduction des débats

En ouverture des discussions, les différents candidats ont tous insisté sur les défis qui attendent l’économie française, et sur la gravité de la situation dans laquelle se trouvait le pays. Les premiers désaccords sont toutefois apparus rapidement. Jean-Luc Mélenchon, par exemple, a dit croire «à l’État», quand Bruno Retailleau, au contraire, a dénoncé un État «vorace» et obèse. «À votre place, j’aurais présenté des excuses», a d’emblée lancé Gabriel Attal à l’endroit du leader insoumis, lui reprochant les propos de l’eurodéputée LFI Manon Aubry sur les milliardaires «nuisibles».

Dette : une multitude de pistes pour reprendre la main sur les finances publiques

Premier sujet abordé lors des discussions, la dette inquiète les patrons. Interrogé sur son projet d’annulation de la dette française détenue par la BCE, Jean-Luc Mélenchon s’est défendu, arguant que «les Américains font ça». Édouard Philippe l’a cependant vertement tancé : «Ce que vous venez de dire, c’est extrêmement dangereux», car cela risque de faire «en sorte que la France finisse interdit bancaire», comme la Grèce en 2008.

Les candidats ont chacun donné leurs pistes pour reprendre le contrôle des finances publiques. Promettant de «baisser drastiquement» le train de vie de l’État et d’inscrire dans la Constitution une règle d’or sur l’endettement, Marine Le Pen dessine deux pistes d’économies : l’Union européenne et l’immigration. De son côté, Raphaël Glucksmann appelle à «taxer les plus hauts patrimoines» et à augmenter la production industrielle pour résorber le déficit. Jean-Luc Mélenchon a appelé à réduire les aides aux entreprises, quand Gabriel Attal a préféré mettre l’accent sur les «dépenses sociales», avec pour objectif de «revenir sous les 3% de déficit en 2032». Intervenant après Marine Tondelier, qui a dénoncé «la fracture sociale» du pays, Bruno Retailleau appelle, enfin, à travailler davantage, en s’en prenant à la gauche et aux 35 heures.

Retraites : des différences irréconciliables

Les candidats ont ensuite étalé leurs désaccords sur les retraites. Marine Le Pen a appelé à agir sur le «taux d’emploi», trop bas en France, et a répété que ceux qui auront commencé à travailler avant 20 ans pourraient partir à 60 ans. Pour la majorité, l’âge légal sera porté à 62 ans, avec 42 années de cotisations et des «incitations» pour ceux qui souhaitent continuer à travailler.

Gabriel Attal et Édouard Philippe ont rappelé leur volonté d’agir pour pousser les salariés à travailler plus longtemps, le premier insistant sur sa volonté de mettre en œuvre un «pilier de capitalisation». Bruno Retailleau, quant à lui, souhaite lier l’âge de départ à la retraite à «l’espérance de vie», «par une équation proportionnelle». Le LR présentera son projet de réforme des retraites «dans quelques jours».

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Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, quant à eux, ont rappelé leur opposition aux réformes portées sous Emmanuel Macron en matière de retraite, «injustes», selon l’eurodéputé, «passées de manière illégitime», selon la leader écologiste.

Réindustrialisation : réduction des coûts à droite, relance de secteurs à gauche

Face à l’urgence de réindustrialiser la France, les candidats ont défendu des remèdes très différents. Gabriel Attal, Bruno Retailleau et Marine Le Pen ont d’abord ciblé le millefeuille normatif. «Il va falloir réduire les coûts, en réduisant les normes», a lancé la candidate du RN, qui promet aussi de baisser les impôts de production. Édouard Philippe, quant à lui, a plaidé pour une «stabilité normative».

Partisan de la planification, Jean-Luc Mélenchon quant à lui cité pêle-mêle la relance de «l’industrie textile», de la «filière bois» ou encore de «l’avion spatial». Après avoir, à l’unisson avec Bruno Retailleau, passé au gril le bilan industriel d’Emmanuel Macron, Marine Tondelier a proposé d’«aider l’industrie française à se transformer», notamment sur le plan écologique.

Fiscalité : un clivage profond entre les candidats

La fiscalité des entreprises a, sans surprise, clivé les candidats. À droite, Édouard Philippe propose «50 milliards d’impôts de production» en moins, compensés par autant d’aides aux entreprises supprimées, puis la fin de la surtaxe sur les grandes sociétés.

Marine Le Pen, comme Bruno Retailleau, qui dénonce lui aussi une fiscalité «punitive», défend la suppression de la C3S et de la CVAE, ainsi que le maintien du pacte Dutreil. Tandis que la candidate RN veut abolir «130 impôts totalement improductifs», le chef de file des Républicains promet 40 milliards d’euros de cotisations sociales en moins dès les premiers mois, ainsi que la suppression du forfait social.

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«Tout le monde paye», rappelle pour sa part Jean-Luc Mélenchon, qui plaide pour une distinction nette entre «capital spéculatif» et «capital productif». Toujours à gauche, Raphaël Glucksmann cible quant à lui «l’optimisation fiscale», qui nourrit et perpétue une «société de privilège», et se réfère volontiers à l’exemple allemand, où les transmissions d’entreprises sont, selon lui, davantage taxées.

Vie quotidienne des entreprises : les normes critiquées vertement par plusieurs candidats

Les normes ont également été ciblées par certains, dans la vie quotidienne des entreprises. Bruno Retailleau souhaite lutter contre la surtranposition des textes européens, et Gabriel Attal désire que le silence de l’administration vaille approbation. «Ce sont des milliers de surnormes» qu’il faut supprimer, a renchéri Marine Le Pen. Même constat pour Édouard Philippe, pour qui «il faut interdire de surtransposer».

À gauche, Marine Tondelier a appelé à ce que l’État ne demande pas aux entreprises ou citoyens «des informations qu’il a déjà», comme l’adresse postale, pour leur simplifier la vie. «Il faut des normes», a toutefois rétorqué Jean-Luc Mélenchon, estimant qu’elles protégeaient notamment les salariés. Une vision partagée par Raphaël Glucksmann.

Emploi : Mélenchon appelle à «augmenter les salaires», la droite et le centre entendent baisser les prélèvements

Sur le coût du travail, une fois de plus, les représentants politiques ont avancé des idées opposées. Pour Jean-Luc Mélenchon, l’urgence est «d’augmenter le smic» et les salaires. Raphaël Glucksmann, quant à lui, appelle à taxer davantage les «méga-héritiers», en échange d’une baisse de la CSG sur les salaires.

De son côté, Gabriel Attal souhaite revenir «sur les hausses du coût du travail intervenues depuis 2024», lorsqu’il était à Matignon. Édouard Philippe entend «élargir la base», réduire les dépenses sociales, quand Bruno Retailleau propose «zéro cotisation, ni salariale, ni patronale», à partir de la 36e heure travaillée.

Énergie : des oppositions sur les renouvelables et le nucléaire

C’est, sans surprise, la cheffe de file des Verts qui a dégainé la première sur le sujet énergétique. Elle a plaidé pour un «prix de l’électricité compétitif et stable» et fustigé la suspension des subventions aux énergies renouvelables proposée par Bruno Retailleau. «Il faut trouver le moyen d’en produire autrement», a abondé le leader des Insoumis, torpillant des «équipements nucléaires qui n’existent pas», probablement en référence aux nouveaux réacteurs EPR2.

«La souveraineté énergétique, c’est d’abord le nucléaire, avec un complément renouvelable», a pourtant rétorqué l’ancien ministre de l’Intérieur, qui promet de baisser de 10% les prix de l’énergie. Pour baisser «massivement le coût de l’énergie», Marine Le Pen promet quant à elle une baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur l’ensemble des énergies.

Logements : entre choc de simplification et emprunts à taux préférentiels

«Le principal symptôme du déclassement aujourd’hui pour les jeunes générations, c’est l’impossibilité de devenir propriétaire». Face à ce constat, Gabriel Attal promet, là aussi, un choc de simplification pour relancer la construction ainsi qu’un achat facilité pour primo-accédants de leur logement social. «D’accord avec vous, mais d’abord on doit régler le problème des passoires thermiques», a fait valoir Jean-Luc Mélenchon.

Bruno Retailleau a abordé, lui, le sujet sous l’angle de la natalité. Il propose pour les futurs parents des emprunts immobiliers à taux préférentiels : «Au premier enfant, ce sera 50% de prise en charge par l’État des taux d’intérêt. Au second, ce sera 75% et au troisième ce sera 100%. C’est de l’argent qui est bien placé.»

L’Europe critiquée à plusieurs reprises

L’Europe a été ciblée à plusieurs reprises par les candidats. Marine Le Pen a appelé à réduire la contribution financière tricolore à l’Union européenne, jugée trop lourde. «Je préfère 1000 fois ce qu’a dit le Premier ministre canadien au traité piteux, que madame von der Leyen qui a été signé en Écosse avec monsieur Trump», a tancé, un peu plus tard, Édouard Philippe, rappelant l’accord qui a permis d’éviter une guerre commerciale entre les deux rives de l’Atlantique, en juillet 2025. L’ancien premier ministre a exhorté l’Union européenne à se réveiller face, notamment, à la menace chinoise.

Même diagnostic chez l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, qui appelle aussi à un «projet manhattan de l’IA» à l’échelle des Vingt-Sept. «Tout ce qui viendra de l’Europe en contradiction avec les intérêts des Français, tels qu’ils sont décrits par leur vote [...], nous désobéirons», a même mis en garde Jean-Luc Mélenchon.

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