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Tout le monde ne s'assoit pas autour d'une table pour dévorer une volaille rôtie, le soir du 24 décembre. Certains pays ou régions du monde ont même des traditions un peu étranges.
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Par Emma Derome Publié le 24 déc. 2025 à 20h32
Et si, au lieu de réveillonner autour d’un plat traditionnel en sauce, on passait la nuit à admirer des sculptures en radis, à dévorer un menu de fast-food ou à faire du roller ? Du Japon en passant par le Mexique ou la Slovaquie, voici cinq traditions insolites de Noël qui pourraient vous donner des idées (ou pas).
À Tokyo, l’emprise du poulet frit de Noël
Au Japon, pas de dinde rôtie au four au menu du réveillon, mais du poulet frit. Au pays du Soleil levant, où Noël reste une fête laïque et commerciale, les habitants restent férus de traditions, même modernes. Ainsi est née, dans les années 1970, la curieuse habitude des Japonais de se rejoindre pour manger, en couple comme en famille, au Kentucky Fried Chicken local.
Si la pratique est probablement longtemps restée confidentielle, ce n’est désormais plus une blague. Le 24 décembre, KFC reçoit dix fois plus de clients que d’ordinaire. La statue du colonel Sanders, fondateur américain de la marque, est habillée en tenue de Noël, les réservations sont faites à l’avance, et les amoureux dévorent des « party barrels », des seaux remplis de poulet frit, lors de rendez-vous galants.
Quel rapport avec Noël, diriez-vous ? Simple opportunisme marketing, dans un pays avec à peine 1 % de chrétiens qui, certes, consacre un jour férié au 25 décembre, mais qui n’a pas pour tradition de festoyer autour d’un grand repas familial à la veille de ce dernier.
Le plat de fast-food réconfortant s’est pourtant installé comme un moyen de se faire plaisir en mangeant, tout en marquant le coup de la date, célébrée par habitude depuis la colonisation américaine, mais qui ne signifie pas grand-chose pour la majorité des Japonais.

Depuis quelques années, d’autres enseignes tentent de surfer sur la tendance en proposant le même menu. Car le marché est là : 3,6 millions de personnes vont chez KFC le 25 décembre.
La nuit des radis, une tradition mexicaine
Bien plus sain que le poulet frit ou la dinde au marron, mais qui ne fait pas partie du menu pour autant, c’est le radis qui est mis à l’honneur dans l’État d’Oaxaca, au Mexique. Lors de la Nuit des radis (Noche de Los Rábanos), qui se produit la veille du réveillon, le 23 décembre, on récupère les radis les plus gros et les plus difformes pour les sculpter.
Avec les petits légumes roses, les sculpteurs recréent des petites saynètes et exposent leurs œuvres sur les marchés de Noël. Comme les bonhommes roses et blancs s’oxydent vite, ces derniers ne sont visibles que dans la soirée du 23 au 24 décembre, et nombreux sont ceux qui se pressent pour les admirer.
Pour comprendre d’où vient cette tradition, il faut savoir que la sculpture sur bois est une spécialité de la région. Le radis a été importé par la colonisation espagnole. Il se trouve qu’un jour, des agriculteurs locaux auraient commencé à sculpter des radis en diverses figures afin d’attirer l’attention sur les marchés à Noël. Mais ce n’est que depuis 1897 qu’un concours permet de déterminer les plus beaux radis sculptés. Le gagnant remporte même une belle somme d’argent de 13 000 pesos, soit plus de 600 euros !
Un cornichon de Noël… américain, ou allemand ?
Dans le Midwest des États-Unis, la période de Noël s’accompagne, en plus des traditions connues de tous, d’un rituel singulier centré sur un cornichon… soigneusement dissimulé au cœur du sapin. Une fois les guirlandes et décorations mises en place, un « Christmas Pickle » (« cornichon de Noël ») est caché au milieu des aiguilles.
L’enfant qui parvient à l’apercevoir en premier gagne soit un présent supplémentaire, soit la possibilité d’ouvrir ses cadeaux avant le reste de la famille. Ce petit légume conservé en saumure est considéré comme un porte-bonheur censé apporter de la prospérité pour l’année suivante.
Les habitants du Midwest affirment que cette pratique aurait des racines allemandes, une origine que la plupart des Allemands semblent ignorer. Elle pourrait toutefois avoir été importée avec l’arrivée de migrants venus d’Allemagne, et s’être implantée durablement de l’autre côté de l’Atlantique. En tout cas, la localité de Berrien Springs, dans le Michigan, revendique le titre de « capitale mondiale » du Christmas Pickle.
Le dessert au plafond
En Slovaquie, la soirée de Noël donne lieu à une entorse étonnante au dicton selon lequel « on ne joue pas avec la nourriture ». Le pudding, dessert emblématique du 25 décembre dans ce pays d’Europe de l’Est, se retrouve en effet, à cette occasion, projeté vers le plafond.
La coutume prévoit que l’aîné masculin de la maisonnée lance une cuillerée du mets en hauteur avant que chacun ne commence à en manger. D’après la tradition populaire, plus la portion adhère longtemps au plafond, plus l’année à venir s’annonce favorable pour la famille.
Donner à manger… à une bûche
Voilà une tradition qui fait bien rire les enfants. En Catalogne, le Caga tío, littéralement « le bonhomme qui fait caca », est une petite bûche au visage dessiné, coiffée d’un bonnet rouge et habillée d’une couverture, à laquelle il faut surtout bien donner à manger.
À partir du 8 décembre (l’Immaculée Conception), on le place sous le sapin et on le nourrit de sucreries régulièrement. À la fin du mois, le soir de Noël, la tradition veut que les enfants le frappent joyeusement à coups de bâton en chantant une chanson traditionnelle « Caga tió, caga torró ! ». Soit, si l’on traduit : « bonhomme qui défèque, défèque du nougat ! »
Ils peuvent ensuite soulever la couverture et découvrir des petits cadeaux cachés dedans par leurs parents. La bûche peut ensuite être brûlée et réchauffer la maisonnée.
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