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Life 31/08/2026 19:00
Si ce cliché de votre progéniture sur le seuil de l’école est particulièrement craquant, le poster sur Instagram, Facebook ou TikTok n’est pas sans risques.

Viktor Cvetkovic / Getty Images
Pourquoi partager les photos de rentrée de ses enfants sur les réseaux est une mauvaise idée
Votre fille semble sans doute très enthousiaste avec son cartable flambant neuf avant de franchir le seuil de l’école en ce mardi 1er septembre. Et votre fils très mignon, sa boîte à goûter à la main et un grand sourire aux lèvres. Mais avant de publier la photo de leur rentrée sur votre story Instagram ou votre compte Facebook, quelques instants de réflexion s’imposent. Car le « sharenting » (pour « share », partager, et « parenting », parentalité) est loin d’être sans risques.
Tout d’abord parce que ces images peuvent aisément être utilisées à des fins malveillantes, soulignent les spécialistes. Tout ce que vous publiez en ligne « ne vous appartient plus vraiment », souligne l’association e-Enfance dans un document publié à l’occasion de la dernière rentrée scolaire. « Les images postées en ligne peuvent être réutilisées sans votre accord pour créer de faux profils » ou « pour alimenter des bases d’images, notamment à des fins pédocriminelles ».
Selon un rapport de la Fondation pour l’enfance cité par e-Enfance, « 50 % des images ou des vidéos d’enfants échangées sur les forums pédocriminels ont été initialement publiées par leurs parents via les réseaux sociaux ». Et avoir un profil privé n’est pas forcément suffisant pour éviter les risques, met en garde la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés). Les internautes malintentionnés peuvent malgré tout récupérer des photos si « l’un de vos contacts les [a] partagées publiquement ou avec d’autres “amis” ».
L’émoji sur le visage ne suffit pas
Par ailleurs, à l’heure de l’intelligence artificielle, la récupération des images entraîne de nouveaux risques, poursuit la Cnil. L’IA rend plus accessible « la création d’hyper-trucages (ou de deep-fake) permettant, par exemple, de dénuder les mineurs à partir de photographies publiées sur les réseaux sociaux ». Autant de contenus pédopornographiques qu’il sera très difficile – voire impossible – de faire retirer ensuite.
Et même si vous optez pour la technique de l’émoji sur le visage de votre enfant, la vigilance est de mise. « Même avec un visage couvert, vous partagez une quantité massive d’informations », soulignait auprès du quotidien britannique The Independent la spécialiste en cybersécurité Lisa Ventura il y a quelques mois. Cela va de l’âge approximatif de l’enfant à l’horaire de ses trajets, la localisation de son école ou ses centres d’intérêt. En croisant avec les autres photos ou informations qui figurent sur votre profil, ces données peuvent exposer l’intimité de votre famille.
Précautions
Avant de cliquer sur « envoyer », il convient donc de prendre une série de précautions. « Ne partagez pas les images de votre enfant avec tous vos abonnés sur les réseaux sociaux alors que vous pouvez les transmettre à vos proches de manière privée », recommande la Cnil. Cela peut être sur un groupe WhatsApp, une conversation Messenger, un cloud partagé… Et pourquoi pas un album papier, suggère e-Enfance ?
L’association recommande également d’« éviter les photos où l’on voit le visage, le nom, l’uniforme ou des lieux identifiables ». Par ailleurs, elle encourage les parents à « ne jamais publier une image où l’enfant est dans une situation gênante, vulnérable ou intime ». Les pleurs du petit dernier à l’heure d’entrer à l’école peuvent paraître touchants sur le moment, qu’en sera-t-il dans quelques mois ? Même vigilance pour les photos en maillot de bain pour votre récap des vacances.
« Avant de publier une photo ou une vidéo de votre enfant sur les réseaux sociaux, il est nécessaire d’en parler avec lui et d’obtenir son accord » en fonction de son degré maturité, souligne par ailleurs la Cnil. L’autorité administrative rappelle que la loi du 19 février 2024 « visant à garantir le respect du droit à l’image des enfants » a consacré ce principe. La loi réaffirme également que « les parents doivent veiller au respect de la vie privée de leur enfant, y compris son droit à l’image ». En cas de désaccord entre les parents, le juge aux affaires familiales peut intervenir.
Et s’il est toujours préférable de prendre un maximum de précautions au préalable, rien n’empêche de faire du tri a posteriori, note la Cnil. Dans les photos et vidéos, mais pas seulement. « Faites fréquemment le tri dans vos abonnés sur vos réseaux sociaux pour éviter d’être suivi par des personnes que vous ne connaissez pas », illustre la commission. Certaines applications permettent aussi de créer des groupes restreints pour partager des photos plus intimes.
Et pour savoir déterminer si un cliché peut être posté en public, la spécialiste Lisa Ventura propose un parallèle éclairant. « Si vous ne donneriez pas une version physique de cette photo à un inconnu dans la rue, ne la postez pas en ligne. »


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