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Dans moins d’un mois, le 19 octobre, près de 3 millions d’Albertains seront appelés aux urnes à l'occasion d'un référendum lors duquel ils se prononceront sur plusieurs questions, dont la question clé ayant trait à la place de l’Alberta au sein du Canada.
Il y aura 10 questions et 3 thèmes principaux. Neuf des questions concernent des aspects sur lesquels le gouvernement souhaite obtenir un soutien fort du public en vue de mettre en oeuvre des réformes, entre autres sur l'immigration et la constitution. La dixième pourrait ouvrir la porte à un autre référendum sur la séparation de l’Alberta du Canada.
Pourquoi une question sur la séparation de l’Alberta ?
La première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, a souvent fait savoir qu’elle n’allait pas elle-même, à titre personnel, présenter une telle question aux électeurs, mais qu'elle le faisait pour respecter une loi provinciale sur les initiatives populaires.
En effet, aussi bien les groupes fédéralistes que les mouvements séparatistes ont organisé des campagnes de signatures de pétition pour forcer un vote sur la question.
Ainsi, après une bataille judiciaire et des débats parlementaires, le 21 mai 2026, c’est le gouvernement de Danielle Smith qui a décidé du libellé de la question et de la soumettre au vote le 19 octobre.
Cette 10e question, mais qui sera comptée en premier lors du dépouillement, est évidemment la plus suivie.
C’est une question présentant deux choix de réponse :
Option 1 : L’Alberta doit rester une province du Canada.
– OU–
Option 2 : Le gouvernement albertain devrait entamer le processus légal prévu par la Constitution canadienne en vue de la tenue d’un référendum contraignant pour déterminer si l’Alberta devrait, ou non, se séparer du Canada.

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La première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, lors d'une conférence de presse le 22 mai 2026.
Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh
Et dans le cas où l'option 2 l'emportait?
Le gouvernement devrait, dans ce cas, organiser un autre référendum, qui serait cette fois légalement contraignant.
Alors, la question de la consultation des peuples autochtones sera certainement clé, tout comme les négociations constitutionnelles éventuelles avec le fédéral et les recours judiciaires inévitables
Pour l'instant, le camp fédéraliste semble avoir l'avantage du soutien populaire, si l'on se fie notamment aux résultats de nombreux sondages réalisés ces derniers mois.
Quelles sont les forces en présence?
En plus du gouvernement provincial qui indique soutenir activement le camp fédéraliste pour la question 10, plusieurs groupes s’organisent pour convaincre le public de voter pour la 2e option.
Parmi les plus influents, il y a Canadiens pour toujours, un groupe fédéraliste qui a notamment organisé la campagne de pétition pour poser une question fédéraliste aux citoyens. Il avait recueilli plus de 438 000 signatures après avoir mené une campagne de plusieurs mois à travers l’Alberta.
D’autres groupes, menés par des figures importantes de la politique albertaine, organisent des événements et des entrevues depuis des mois.
Du côté indépendantiste, les groupes Stay Free Alberta et Alberta Prosperity Project sont les porte-étendards du mouvement, qui compte des personnalités comme l’avocat Jeffrey Rath et le militant Mitch Sylvestre.

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Mitch Sylvestre est l'homme derrière la pétition Stay Free Alberta, qui vise à forcer la tenue d'un référendum sur la séparation de l'Alberta du Canada.
Photo : Radio-Canada / Danielle Bénard
D'autres formations séparatistes ont aussi récolté des sommes importantes ces dernières semaines pour financer leur campagnes. De nombreux événements sont d’ailleurs attendus dans les prochains jours en vue du vote du 19 octobre.
Les 9 autres questions référendaires
La première ministre Danielle Smith souhaite un mandat fort pour les 9 questions sur l’immigration et la Constitution, qu’elle a annoncées en février. Des ressources gouvernementales importantes, notamment publicitaires, ont été déployées depuis des mois à cette fin.
Parmi les éléments qui font l'objet de controverse, il y a la question de faire payer une catégorie d’immigrants pour les services de santé ou d’éducation, par exemple.

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L'Assemblée législative de l'Alberta.
Photo : Radio-Canada / Samuel Martin
Les questions sur l'immigration
Les citoyens pourront répondre oui ou non à ces questions :
Êtes-vous d’accord pour que le gouvernement de l'Alberta renforce son contrôle sur l'immigration pour la ramener à des niveaux plus durables, privilégie la migration économique et accorde aux Albertains la priorité sur les nouvelles possibilités d'emploi?
Êtes-vous d’accord pour que le gouvernement de l'Alberta dépose une loi stipulant que seuls les citoyens canadiens, les résidents permanents et les individus ayant un statut d'immigration approuvé par l'Alberta seront admissibles aux programmes financés par la province, comme les soins de santé, l'éducation et les autres services sociaux?
En supposant que tous les citoyens canadiens et les résidents permanents continuent de bénéficier des programmes sociaux comme c'est le cas actuellement, êtes-vous d’accord pour que le gouvernement de l'Alberta présente une loi exigeant que tous les individus ayant un statut d'immigration légal non permanent résident en Alberta pendant au moins 12 mois avant de pouvoir bénéficier de tout programme de soutien social financé par la province?
En supposant que tous les citoyens canadiens et les résidents permanents continuent de bénéficier d'un système de santé public et de l'éducation publique comme c'est le cas actuellement, êtes-vous d’accord pour que le gouvernement de l'Alberta impose des frais ou une cotisation raisonnables aux individus ayant un statut d'immigration non permanent et vivant en Alberta pour leur utilisation et celle de leur famille des systèmes de santé et d'éducation?
Êtes-vous d’accord pour que le gouvernement de l'Alberta dépose une loi exigeant que les individus fournissent une preuve de citoyenneté, comme un passeport, un certificat de naissance ou une carte de citoyenneté, pour pouvoir voter dans une élection provinciale en Alberta?
Questions constitutionnelles
Les questions dites constitutionnelles devraient avoir des impacts moins immédiats dans la vie des citoyens si le oui l’emporte. On parle, notamment, de réforme de la façon de nommer des juges, de l'abolition du Sénat et du retrait de certains programmes fédéraux.
Ces questions devront également être répondues par oui ou par non.
Êtes-vous d’accord pour que le gouvernement de l’Alberta collabore avec les gouvernements d’autres provinces intéressées afin de modifier la Constitution canadienne pour que ce soient les gouvernements provinciaux, et non le gouvernement fédéral, qui choisissent les juges nommés aux cours provinciales du Banc du Roi et d’appel?
Êtes-vous d’accord pour que le gouvernement de l'Alberta collabore avec les gouvernements d’autres provinces intéressées afin de modifier la Constitution canadienne pour abolir le Sénat fédéral non élu?
Êtes-vous d’accord pour que le gouvernement de l'Alberta collabore avec les gouvernements d’autres provinces intéressées afin de modifier la Constitution canadienne pour permettre aux provinces de se retirer des programmes fédéraux qui empiètent sur leurs compétences, comme les soins de santé, l'éducation et les services sociaux, sans que cela n'entraîne la perte du financement fédéral associé à ces programmes sociaux?
Êtes-vous d’accord pour que le gouvernement de l’Alberta collabore avec les gouvernements d’autres provinces intéressées afin de modifier la Constitution canadienne pour mieux protéger les droits provinciaux contre l’ingérence fédérale, en accordant la priorité aux lois provinciales dans les domaines de compétence constitutionnelle provinciale ou partagés sur les lois fédérales, en cas de conflit entre les lois provinciales et les lois fédérales?
Le gouvernement de l’Alberta souhaite obtenir essentiellement un mandat pour entamer des négociations constitutionnelles, mais l’issue est loin d’être certaine, puisque l’accord d’autres provinces sera nécessaire pour modifier la Constitution canadienne.


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