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D'anciens ténors souverainistes de la Mauricie font leur deuil, dans l'immédiat, de la tenue d'un nouveau référendum.
Tant Yves Duhaime, que Jean-Pierre Jolivet et Noëlla Champagne font le constat : qu'en plus du statut minoritaire du gouvernement péquiste, le temps n'est pas du tout propice à ce genre d'exercice politique.
L'ex-ministre péquiste Yves Duhaime, l'élection d'un gouvernement souverainiste signifie bien des choses, sauf le signal de départ d'une campagne référendaire. Un jeu d'alliance à l'Assemblée nationale pourrait rendre la chose possible dans un premier mandat, mais, lui, plaide pour ne rien précipiter jusqu'à un éventuel second mandat. Les astres sont loin d'être alignés.

Yves Duhaime a été président du Conseil pour la souveraineté du Québec en 1995.
Photo : Radio-Canada / Daniel Thibodeau
Il n'y a pas d'urgence. Il faut marcher, il faut s'enligner en politique, avec le peuple, ce que la population veut. Ça, c'est la pensée de René Lévesque, croit M. Duhaime.
Jean-Pierre Jolivet, qui a aussi été ministre péquiste, ne voit rien à l'horizon en matière de référendum, à moins d'avoir le soutien d'un autre groupe parlementaire, et pas avant le départ de Donald Trump.
Je pense que le contexte n'est pas propice à ça au moment où on se parle. Il est sûr et certain qu'en cours de route, on verra, mais je pense qu'il est important que le Québec devienne indépendant, puis les délais, pour moi, ça n'importe pas, estime l’ancien ministre péquiste.
M. Jolivet a milité toute sa vie pour l'indépendance. Avec Yves Duhaime, il avait joué un rôle actif lors des deux premiers référendums, dont celui de 1980 sous René Lévesque, perdu par le camp du oui par une marge de 20 %.
Malgré le retour au pouvoir d'un gouvernement péquiste, le niveau de confiance de gagner une prochaine démarche référendaire n'est pas très élevé pour l'ancienne députée Noëlla Champagne, d'autant que l'appui à la cause stagne autour des 30 %.

Noëlla Champagne a été élue pour la première fois en 2003 lors d'une élection partielle dans la circonscription de Champlain, puis en 2008 et 2012.
Photo : Radio-Canada / Daniel Thibodeau
Financièrement, on se fait ramasser. Chaque jour, des emplois se perdent et là, tu vas leur dire : « est-ce que tu as le goût d'aller dans la rue et de te battre pour ton indépendance? » Ça ne fonctionnera pas , croit Mme Champagne.
Quant aux moyens à prendre pour élargir les appuis, l'ex-ministre péquiste Yves Duhaime est assez audacieux. Il pense qu’il faut carrément aller prospecter dans les comtés de Montréal, historiquement, la chasse gardée des libéraux.
Ça va prendre de la patience. Il faut convaincre ceux et celles qui viennent d'ailleurs viennent nous rejoindre ici, au pays du Québec. D'abord, qu'on les accueille, puis qu'on arrête de leur demander d'où ils viennent, déclare-t-il.
On ne sait pas à quand ira la prochaine fois, mais, si l’avenir le lui permet, Yves Duhaime, maintenant âgé de 87 ans, sautera dans la mêlée référendaire, si on lui en fait la demande.


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