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Dans le hameau saskatchewanais de Weirdale, la tradition rurale du souper d'automne ne s'essouffle pas. En réunissant plus de 300 convives autour de recettes maison et d'ingrédients locaux, cet événement annuel permet autant de tisser des liens intergénérationnels que de financer la survie de la salle communautaire.
Cigares au chou roulés à la veille de l'événement, tartes artisanales et plus de 1200 pérogies façonnés par une quinzaine de bénévoles : à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Prince Albert, la salle communautaire locale a célébré en grand la fin des récoltes.
La nourriture est merveilleuse, lance le bénévole Keith Palibroda. Originaire de Weirdale, il a choisi d'y revenir après avoir vécu à Saskatoon pendant 27 ans. Pour lui, le souper d'automne offre d'abord un prétexte rassembleur. C'est formidable pour les familles de sortir après les récoltes, de se réunir, de partager un bon repas et de se visiter, souligne-t-il.
Alors que la population locale déclinait au début des années 2000 pour atteindre une cinquantaine d'habitants, l'événement avait été abandonné. Les membres du conseil d'administration de la salle communautaire ont finalement décidé de relancer la tradition en 2020.
On s'est dit que ce serait amusant de faire un bon vieux souper d'automne traditionnel à l'ancienne, se rappelle l'organisatrice Beverly Palibroda.
L'engouement a rapidement dépassé les attentes du comité organisateur. Nous sommes devenus très populaires. Dès que j'en fais la promotion, les billets s'envolent habituellement en deux semaines et nous avons maintenant une liste d'attente, ajoute Mme Palibroda.
Le 4 octobre dernier, plus de 300 personnes ont été servies en deux services, tandis que des repas pour emporter étaient livrés directement aux agriculteurs occupés à finir de moissonner dans les champs.

Servi en deux tablées, le souper d'automne de Weirdale accueille plus de 300 convives, en plus d'offrir des repas pour emporter précommandés.
Photo : Radio-Canada / Lisa Risom
Des profits essentiels pour la salle communautaire
Indispensable pour payer les 6000 $ de frais annuels de la salle grâce aux dons locaux, ce souper permet aussi aux nouveaux résidents de briser l'isolement.
Pour les nouveaux résidents, prêter main-forte en cuisine constitue aussi un moyen privilégié de briser l'isolement. Originaire de Liverpool en Angleterre, Gemma Nelson a épluché un plein seau de pommes de terre pour sa première participation bénévole.
Je viens d'une grande ville où l'on peut parfois se sentir anonyme, confie-t-elle. Ici, par contre, il y a un réel sentiment de communauté. Les gens sont tellement accueillants et chaleureux.
Pour la néo-Saskatchewanaise, s'asseoir à table après avoir travaillé en cuisine prend tout son sens : C'est gratifiant de savoir qu'on a donné un coup de main. Il est vraiment important que cela continue et que les plus jeunes s'impliquent eux aussi.

Des bénévoles s'activent des semaines à l'avance pour le souper d'automne de Weirdale, dont Gemma Nelson (à droite), une nouvelle recrue cette année.
Photo : Radio-Canada / Lisa Risom
Le défi de la relève
La transmission du savoir-faire culinaire entre les générations demeure au cœur des préoccupations. Établie dans le secteur depuis 1953, Nettie Karuk, 92 ans, se souvient de l'époque où la salle était chauffée à l'aide d'un simple poêle à bois.
Autrefois, les gens apportaient même leur propre sel de la maison. On n'achetait pas les choses comme on le fait aujourd'hui, se remémore l'aînée. Aux côtés d'Eunice Bodnarenko, 98 ans, et d'Elsie Sass, octogénaire, elle s'est affairée à préparer le festin, tout en lançant un appel aux plus jeunes : Nous devons simplement encourager davantage de jeunes à apprendre sur le tas.
Beverly Palibroda reconnaît qu'il est difficile de recruter des parents occupés par leur carrière et leurs enfants. Ce sont surtout des femmes dans la cinquantaine et la soixantaine qui font le travail dans la cuisine, constate-t-elle, déterminée à poursuivre l'aventure aussi longtemps que les bénévoles répondront présents. Cela crée un véritable lien d'appartenance. Nous sommes tellement nombreux à garder des souvenirs heureux des soupers d'automne de notre enfance.
Avec les informations de Lisa Risom


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