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À quelques kilomètres près, le ressenti est parfois radicalement différent d'une ville à l'autre. L'emplacement d'une ville au sein d'une topographie géographique particulière, la densité de sa végétation ou au contraire son niveau de « bétonnage », créent un microclimat. Ce phénomène est connu sous le nom d'îlot de chaleur urbain. Avec la hausse des températures liée au réchauffement climatique, ce microclimat peut devenir dangereux, au point de rendre cette ville carrément invivable.
Les chercheurs de l’université d'East Anglia, en Angleterre, se sont intéressés à ces villes dans lesquelles le réchauffement sera augmenté dans le futur. Nous ne parlons pas ici d'un futur lointain, à l'horizon 2100 par exemple, mais d'un futur beaucoup plus proche : celui dans lequel le niveau de réchauffement atteindra +2 °C à l'échelle mondiale par rapport à la période préindustrielle (sachant que nous sommes déjà à un niveau d'environ +1,4 à +1,5 °C), c'est-à-dire d'ici 2050 ou peut-être avant. En résumé, d'ici 25 à 40 ans.
La grande majorité des prévisions climatiques se basent sur l'évolution de l'atmosphère, des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines, et parfois sur d'autres composantes comme l'état de la biodiversité. Mais prévoir le climat futur d'une ville demande aussi de connaitre les spécificités de celle-ci : c'est ce qu'ont tenté de faire les chercheurs anglais pour 104 moyennes et grandes villes du monde (entre 300 000 et 1 million d'habitants).
Les villes des régions tropicales vont subir un réchauffement décuplé
Face au réchauffement, ce sont les villes des pays ayant un climat tropical ou subtropical qui sont les plus touchées. Dans un réchauffement planétaire à +2 °C, 81 % se réchaufferont beaucoup plus vite que celles situées juste à côté. Les villes de pays concernés par la mousson seront les plus concernées : la Chine, l'Inde, et l'Afrique de l'Ouest (comme le Niger et le Bénin). Parmi les autres pays présents dans la liste, le Brésil, le Maroc, l'Algérie, la Turquie, l'Afghanistan, l'Égypte, l'Irak, le Mali, l'Angola, le Mexique, la Thaïlande, mais aussi, les États-Unis.
En rouge, les îlots de chaleur urbains les plus importants au cours de l'année (en haut) et au cours de la saison chaude (en bas). © PNAS
Les grandes villes du monde où la chaleur deviendra invivable lors de la saison chaude sont :
- Jalandhar et Patiala (Inde)
- Fuyang et Shanqiu (Chine)
- Kirkouk (Iraq)
- Assiout (Égypte)
Certaines de ces villes vont se réchauffer de plus de +3 °C, alors que la moyenne mondiale sera de +2 °C.
Les conditions seront également bien plus chaudes dans ces villes que dans celles situées à proximité :
- Marrakech (Maroc)
- Fayetteville, Birmingham, Wichita ou encore Greenville (États-Unis)
Les villes indiennes (ici Delhi) et chinoises sont les plus touchées par un dangereux îlot de chaleur urbain. © AlexAnton, Adobe Stock
La moyenne annuelle des températures dépassera de près d'un degré dans ces villes, celle des villes avoisinantes. Au niveau annuel, la différence ne paraît pas énorme, mais au quotidien et en particulier lors de la saison chaude, l'écart entre ces villes et celles situées à côté sera très important.
Le niveau de réchauffement mondial atteindra, et dépassera, de manière quasiment certaine, les +2 °C selon les Nations unies. Les villes qui sont concernées par un microclimat surchauffé doivent donc se préparer dès maintenant à aménager leurs territoires si elles veulent rester vivables d'ici quelques dizaines d'années.


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