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Politique 11/07/2026 18:44 Actualisé le 11/07/2026 18:54
Les adhérents du PS ont voté en faveur d’un processus de désignation taillé sur mesure, ou presque, pour l’eurodéputé. Rester en surplomb ou entrer dans la mêlée ? Il doit désormais trancher.

CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Après le choix du PS pour 2027, les regards (et les pressions) se tournent vers Raphaël Glucksmann.
Peut-il se permettre de refuser un obstacle pourtant taillé sur mesure ? Après le vote des militants socialistes en faveur d’une primaire réservée aux adhérents du PS et de Place publique, le petit parti de Raphaël Glucksmann, tous les regards se tournent vers l’eurodéputé. Va-t-il accepter de se plier à ce départage ?
Alors qu’Olivier Faure proposait d’ouvrir cette compétition à tous les sympathisants du PS pour élargir son corps électoral (et pourquoi pas viser un million d’électeurs), les militants socialistes ont voté jeudi soir à 55,5 % pour la réserver aux seuls adhérents du parti et des « organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste ».
Un choix qui détourne la formation à la rose des autres forces de gauche désireuses d’organiser une primaire unitaire, et qui ancre le PS dans ce qu’il définit désormais comme un espace social-démocrate, davantage tourné vers le centre. Ses partenaires ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, Marine Tondelier en tête, en prenant acte dès vendredi de l’enterrement du processus unitaire. Désormais, le PS et ses satellites vont mener une campagne interne pour désigner leur champion en octobre.
« Je crois qu’il n’a pas le choix »
Il s’agit clairement d’une aubaine pour Raphaël Glucksmann, dans sa course vers la présidentielle. Certes, l’essayiste a toujours assuré qu’il n’envisageait pas de se plier à un quelconque départage, aussi restreint soit-il, pour ménager sa singularité sur le spectre politique. « Je ne pense pas que ce soit la manière d’enclencher une dynamique », indiquait-il encore en janvier dernier, après avoir dénoncé « un truc d’appareils qui produit une synthèse molle. Cela ne fonctionnera pas ».
Mais celui offert par les roses en ce début d’été pourrait lui plaire bien davantage, dans l’optique de récupérer la force politique du Parti socialiste. Ce dont il aura cruellement besoin pour mener campagne, comme l’ont montré ses épopées aux deux dernières élections européennes, rendues possibles en partie par le soutien - financier et militant - de la formation dirigée par Olivier Faure. « Je crois qu’il n’a pas le choix. Quand on veut le soutien des socialistes, le moins que l’on puisse faire, c’est de se plier à la règle démocratique », a d’ailleurs sifflé le premier secrétaire, vendredi.
Message reçu ? Pas forcément. L’eurodéputé, qui espérait imposer sa candidature grâce à son bon score en 2024 et des sondages encourageants, semble malgré tout indécis. Sa seule réponse, pour l’heure, réside dans un communiqué de presse de sa formation, qui a salué une « main tendue » de la part du PS, qu’il entend bien « saisir. » « Le processus initié est un début et nous allons engager des discussions très rapidement avec nos amis socialistes », est-il ajouté.
Glucksmann agace déjà certains au PS
Reste que les confidences de ses proches, distillées çà et là à la presse depuis le vote du PS, montrent précisément le dilemme qui se pose à Raphaël Glucksmann : refuser la primaire, pour rester en surplomb de la mêlée, au risque de perdre définitivement le soutien des socialistes ? Ou se plier à ce départage, risqué, en ce qu’il pourrait attirer de nombreux prétendants, et donc incertain ? En d’autres termes, « on ne va pas aller se rouler dans la boue avec Ségolène Royal et Philippe Brun », explicite un proche de l’eurodéputé dans les colonnes de Libération, en visant deux des candidats aujourd’hui déclarés.
Un choix cornélien, qui, résumé avec cette morgue - notamment à l’égard de l’ancienne finaliste de la présidentielle - passe mal chez certains socialistes. « Je viendrai au premier débat avec la boue sous mes chaussures de la terre du plateau du Neubourg que tu sembles mépriser », a directement répondu le député de l’Eure Philippe Brun sur les réseaux sociaux, en attaquant le profil très parisien de son potentiel adversaire. Un échange aux allures de bande-annonce de ce scrutin interne.
Voilà donc le choix qui attend Raphaël Glucksmann dans les jours à venir. Pour l’aider à trancher, ses proches semblent désireux de multiplier les conditions auprès du PS. Parmi elles, la question d’imposer des parrainages obligatoires aux éventuels prétendants, histoire d’empêcher les candidatures baroques, ou le fait d’accélérer le calendrier, pour que l’essayiste ne perde pas trop de plumes dans des débats restreints. Une façon de tailler encore davantage le processus à sa main. Et, peut-être, de vaincre sans péril.


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