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Au Festival Photo de La Gacilly, Sophie Hatier célèbre la nature telle qu'on la voit

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Rencontre avec Sophie Hatier, exposé au Festival Photo de La Gacilly jusqu'au 4 octobre 2026.

Sophie Hatier

Sophie Hatier devant sa série « Loin des jardins ». A gauche, sa photo « coup de cœur ». ©Emilie JOUVIN

Par Emilie Jouvin Publié le 19 juil. 2026 à 6h00

Le Festival Photo de La Gacilly, qui se déroule du 1er juin au 4 octobre 2026, accueille les visiteurs autour du thème « 1826-2026 : La photographie, une aventure française ». Tout au long de l’été, nous vous proposons des portraits de photographes. Cette semaine, Sophie Hatier, 55 ans, qui vit entre Grignan et Paris.

Au Festival photo de La Gacilly, vous proposez Loin des jardins. Une série qui est le fruit de 15 ans de travail et une puissante célébration de la nature sauvage à l’état brut. Comment avez-vous découvert la photographie ?

« J’ai d’abord été comédienne pendant quelques mois. Ce n’était pas du tout mon truc ! Puis j’ai été photographe de plateau pour des théâtres nationaux. Ensuite, je suis partie avec un appareil photo en voyage et je me suis : là, c’est intéressant ! Après m’être consacrée au reportage, je me suis trouvée une écriture photographique. »

Comment a été construit Loin des jardins ?

« C’est une série composée elle-même de plusieurs séries avec un regard, une façon de photographier qui évolue mais qui part de la même façon d’aborder le monde. À savoir qu’il n’y a pas un territoire en particulier mis en avant, c’est une exposition qui n’est pas territoriale. Les photos de l’exposition ont été prises en France, en Norvège, en Islande et en Namibie, mais les lieux ne sont jamais précisés. Les espaces parcourus sont photographiés comme de silencieux tableaux abstraits où je ne saisis que l’essentiel : mer, ciel, terre, savane, forêt, falaise, geyser… » 

Qu’avez-vous voulu montrer, à travers vos photos ?

« C’est une contemplation de la nature, que j’aime. J’ai voulu placer cette contemplation comme activité intellectuelle. Et dire le bonheur que j’ai et que l’on peut trouver à être complètement dans ce rapport, à savoir un rapport qui n’est pas anthropocentré : ce n’est pas l’homme qui est au-dessus de tout. »

Dans vos photographies animalières, on aperçoit les animaux de loin, au centre de paysages immenses. Pourquoi avoir fait ce choix ?

« J’ai voulu inverser complètement la proposition dans ce domaine. J’ai choisi de ne pas utiliser de téléobjectif et j’ai laissé l’animal à distance, tel que l’on peut le voir. C’est-à-dire tout petit, fragile, pas du tout terrifiant. Une vue comme un dessin d’enfant, d’une beauté incroyable. J’ai essayé de traduire cette fragilité. »

Comment avez-vous travaillé ? Êtes-vous restée à l’affût pendant des heures ?

« Non, les animaux étaient là, mais j’attendais des heures oui, pour avoir la lumière idéale, celle que je voulais : une lumière douce, ce qui n’est pas toujours le cas, notamment en Namibie. J’attends aussi que l’animal soit bien placé, dans un décor qui me plaise. Ça peut prendre du temps, pour construire une série cohérente. »

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Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

« Je suis retournée dans le sud de la Norvège, et je vais faire le nord cet été. J’adore le nomadisme. C’est là où je me sens le plus à mon aise. J’aime réduire tout à l’essentiel. J’adore voyager seule et être complètement disponible, sans être parasitée. »

Avez-vous une photo coup de cœur, parmi celles composant la série présentée à La Gacilly ?

« Oui : la photo qui commence la série. C’est celle que je montre beaucoup et qui sert de couverture au livre qui porte le même nom que l’exposition : Loin des jardins. C’est une photo assez emblématique de mon travail. Un travail complètement photographique, organique, mais à la lisière de l’abstraction. Elle est très représentative de ce que je fais. »

C’est votre première au Festival photo de La Gacilly. Qu’en pensez-vous ?

« C’est un festival magnifique, j’aime qu’on y montre toutes sortes de clichés, sans opposer les photographes entre eux. »

Au Festival photo de La Gacilly, les œuvres de Sophie Hatier sont à retrouver à la Galerie du Grand Chêne.

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