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La guerre en Iran se poursuit et le détroit d’Ormuz continue d’être bloqué par les forces iraniennes. Sans ce passage crucial pour le commerce du pétrole, le prix du baril continue d’exploser, créant une hausse du prix à la pompe à travers la planète. À Montréal, le litre d’essence a même franchi la barre des 2 $ jeudi, chose qui n’était pas arrivée depuis 2022 lors du début de la guerre en Ukraine. Que peuvent faire les pays face à cette situation majoritairement hors de leur contrôle ? Le Devoir vous propose un tour d’horizon des solutions mises en place tout autour de la planète.
L’Agence internationale de l’énergie
Qualifiant la situation « d’urgente », l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’organisation intergouvernementale chargée de coordonner les politiques énergétiques, a déjà commencé à libérer des millions de barils de pétrole que les pays membres détenaient en réserve afin de contrer la flambée des prix, du moins en partie.
Fin mars, l’AIE a pris une nouvelle mesure en proposant aux gouvernements des actions pour réduire la consommation pétrolière. L’organisation a formulé dix recommandations, demandant de travailler de la maison lorsque possible, de réduire la limite de vitesse des autoroutes de 10 km/h, d’encourager le transport en commun et le covoiturage ou bien d’encourager la cuisine à l’électricité.
Amériques
Au Canada, aucune mesure gouvernementale pour remédier à la hausse des prix à la pompe n’a été prise. Jeudi, le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, a demandé au gouvernement de Mark Carney de suspendre les taxes sur l’essence et le diesel jusqu’à la fin de 2026 pour notamment permettre de mitiger la hausse des prix liée au conflit qui embrase le Moyen-Orient.
Le gouvernement du Québec n’a pas non plus annoncé de mesure pour aider à la pompe, mais cela pourrait bientôt changer : les deux aspirants successeurs de François Legault, Christine Fréchette et Bernard Drainville, ont tous deux dit vouloir redonner aux Québécois l’argent supplémentaire perçu par le gouvernement en raison de la hausse des prix. L’un d’eux deviendra chef de la Coalition avenir Québec et de facto premier ministre le 12 avril.
Nos voisins du sud n’ont eux non plus pas eu droit à des mesures pour les aider à naviguer les coûts qui augmentent. Lors d’une allocution mercredi soir, le président américain, Donald Trump, a affirmé que les États-Unis n’ont « pas besoin » du pétrole des pays du Golfe, en mentionnant les impacts de la fermeture du détroit d’Ormuz.
Si les États-Unis n’importent pas, ou très peu, de pétrole de la région, la hausse des prix se fait ressentir tout autour de la planète, comme le marché est international.
Peu de mesures ont été déployées en Amérique du Sud, comme plusieurs pays ont refusé de réduire la hausse des prix. Des pays sont aussi protégés en partie, comme le Brésil, qui dépend moins du marché pétrolier pour alimenter ses véhicules.
Europe et Asie
Le commissaire de l’Union européenne responsable de l’énergie, Dan Jørgensen, a souligné mercredi qu’il allait « bientôt » révéler une « boîte à outils » de mesures pour faciliter la situation des États membres. Il a dit vouloir miser sur une réponse unie pour ne pas trop déstabiliser les marchés.
À ce jour, la réponse européenne n’est pas homogène. L’Italie a, par exemple, retardé de plus d’une décennie son plan pour mettre fin au charbon. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a demandé la construction de centrales électriques au gaz et plusieurs pays de la région ont proposé des coupes de taxes sur l’essence.
En Asie, la région la plus touchée par la fermeture du détroit d’Ormuz, c’est principalement le charbon qui est priorisé pour tenter d’utiliser moins de pétrole. Le Sri Lanka a notamment instauré une semaine de travail de quatre jours, alors que la Thaïlande a demandé à ses citoyens d’utiliser moins d’air climatisé.
Afrique et Océanie
Étant un grand importateur de pétrole, l’Afrique est aussi particulièrement vulnérable à la flambée des prix du pétrole. Parmi les quelques pays qui ont mis en place des mesures, l’Afrique du Sud a réduit sa taxe sur le carburant et le Zimbabwe va ajouter plus d’éthanol à l’essence vendue.
En Australie, les trois prochains mois seront marqués par une coupe de 50 % sur la taxe que le gouvernement perçoit sur le carburant. Pour sa part, la Nouvelle-Zélande a décidé de donner de l’argent aux ménages à plus bas revenu. Ce sont environ 150 000 ménages qui seront concernés, la majorité d’entre eux recevant 50 dollars néo-zélandais (environ 40 dollars canadiens) par semaine.
Avec l’Associated Press


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