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Votre consommation d'alcool habituelle vous semble excessive ? Vous aimeriez vous libérer d'une dépendance qui vous pèse ? Alors vous faites peut-être partie de ceux qui se sont lancés dans le défi du Dry January, le fameux « mois sans alcool ».
Cette campagne de santé publique incitant à ne pas boire une goutte durant tout le mois de janvier de chaque année a été lancée au Royaume-Uni en 2013 par une association caritative. Elle est désormais largement suivie dans de nombreux pays occidentaux.
Le saviez-vous
L’alcool, deuxième cause évitable de mortalité par cancer, serait responsable chaque année de 28 000 nouveaux cas de cancer en France, selon l’Institut national du cancer (Inca). Il serait en cause également dans les maladies cardiovasculaires et du foie et dans de très nombreux accidents, soit, au total, plus de 40 000 décès par an.
La consommation globale d’alcool ne cesse cependant pas de baisser depuis 60 ans. Elle représentait 26 litres d’alcool pur par habitant âgé de 15 ans et plus en 1961. Elle est désormais de 9,75 litres par habitant selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives.
Une étude pour mesurer l’efficacité du Dry January « à la française »
D'après le sondage YouGov pour Le HuffPost mené sur 1 002 personnes, près d'un quart des Français (23 %) comptaient y participer en ce début d'année 2026, avec 47 % des 25-34 ans intéressés. Un succès impressionnant, sachant que la participation n'était que de 8 % lors de la première édition, en 2020 ! En 2025, 4,5 millions de personnes y avaient participé, selon l'étude Janover.
Malgré sa popularité, l'efficacité de cette campagne d'abstinence alcoolique temporaire n'avait pourtant jamais été évaluée de manière complète et rigoureuse en France.
C'est désormais chose faite, puisque des chercheurs lyonnais ont publié en octobre dernier dans la revue Preventive Medecine une étude prospective visant à identifier les caractéristiques associées à la réussite du défi et à évaluer les améliorations obtenues.
Pour mener leur enquête, les scientifiques ont interrogé un échantillon de 2 123 Français âgés de 48 ans en moyenne participant au Dry January 2024 à travers un questionnaire en ligne.
Leurs résultats montrent que 57 % des participants ont déclaré n'avoir consommé aucun alcool durant tout le mois de janvier. Ces participants ont constaté une amélioration de leur bien-être mental, de la qualité de leur sommeil et de leur santé physique.
Quel est le profil de ceux qui ont réussi le défi ?
L'âge, le niveau d'éducation, le sexe et le niveau initial de consommation ne semblent jouer aucun rôle dans la réussite. Alors, quels facteurs jouent vraiment ?
Ceux qui ont le mieux réussi sont d'abord ceux qui avaient déjà participé à un Dry January les précédentes années. Selon les chercheurs, ces profils semblent mieux anticiper les difficultés et avoir déjà développé des stratégies efficaces pour tenir le coup.
Ce sont aussi ceux qui parviennent le mieux à résister aux pressions de leur entourage, notamment lors des soirées ou des repas.
Le fait d'avoir décidé de ne pas boire du tout pendant un mois plutôt que de simplement réduire ses quantités d'alcool était également un facteur important de réussite.
Les auteurs constatent enfin que le fait de s'être inscrit officiellement au défi augmente les chances de succès ; par exemple, ceux qui ont lu tous ou la plupart des e-mails de soutien avaient des taux d'abstinence plus élevés que ceux qui ne les avaient pas consultés.
Les facteurs qui plombent
En revanche, le fait de fumer a significativement diminué les chances de rester abstinent, suggérant une interaction forte entre alcool et tabac.
Les participants qui considéraient qu'ils avaient une consommation excessive d'alcool, surtout si leur objectif n'était pas de s'abstenir, mais simplement de réduire, ont également moins bien réussi à aller jusqu'au bout. Pour ces profils, les chercheurs suggèrent un accompagnement plus intensif.
Enfin, ceux qui ont l'habitude de boire pour des raisons sociales (pour la convivialité, pour mieux s'intégrer dans les groupes...) ont également eu de moins bons résultats.
Et vous, de quel côté vous situez-vous ? Car, si vous êtes engagé, il n'est pas trop tard pour tenter de redresser la barre !


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