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La co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, propose d’investir sept millions de dollars dans le Tribunal administratif du logement (TAL) et de rendre les plaintes anonymes afin de protéger les locataires d’éventuelles représailles. Le parti propose également de fixer les hausses de loyer au taux d’inflation et de pénaliser les propriétaires laissant des logements vacants.
Avec ces mesures et quelques autres, Québec solidaire estime avoir les moyens de « régler la crise du logement ». Présentement, le TAL est « dépassé » par la crise actuelle du logement, dit Mme Ghazal, et ne traite que 10 % des appels. « En 2024-2025, plus de 900 000 appels à l’aide sont restés sans réponse. Plus d’un million de demandes ont été logées et à peine 10 % ont été accueillies par un employé, le reste étant traité par un système automatisé. »
Québec solidaire affirme recevoir de nombreuses plaintes de locataires dans ses bureaux partout au Québec. « Je pense à tous ces gens qui reçoivent des augmentations de loyer de 15 %, de 20 %, de 30 % sans aucune justification, sans explication, sans qu’il y ait eu des grands travaux qui aient été faits dans leur logement. Je pense aux histoires de gens en détresse qui font appel au TAL mais qui vivent pendant des mois sous la pression de leur propriétaire harcelant », dit Ruba Ghazal.
Un stress important
Jointe au téléphone, Diane Vermette est une travailleuse communautaire retraitée de 76 ans qui vit dans son logement de Trois-Rivières depuis 25 ans. Elle a récemment appris que son propriétaire vendait ses logements à « une compagnie à numéro de Montréal ».
Ces nouveaux propriétaires ont rencontré trois des locataires des six logements et ont offert 5000 $ à chacun pour leur départ. Une quatrième personne a reçu une offre de 2500 $, qu’elle a acceptée à regret. Mme Vermette, qui a longtemps dirigé ce qui s’appelle aujourd’hui Info-logis Mauricie, refuse de s’en aller. « On est trois sur six à résister, à ne pas vouloir partir », dit-elle.
« Ils ne m’ont pas offert d’argent à moi. Ils ont essayé la méthode douce, et un charmant jeune homme est venu me dire à quel point ça ne serait pas drôle à cause des travaux, qu’il faudrait que je déménage deux fois parce qu’il faut refaire le toit et l’électricité. J’ai dit non, je ne pars pas. Je ne signe pas de résiliation de bail. Il a repris en disant qu’il y aurait une augmentation de loyer. »
Mme Vermette a bien l’intention de contester cette augmentation. Mais elle ajoute : « Je suis stressée depuis ce temps-là. J’essaie de me dire que je vais traverser la rivière quand je vais y arriver. Mais tout d’un coup qu’ils se mettent à faire du harcèlement subtil, comme couper l’électricité n’importe quand ou installer une machine qui va faire du bruit pendant 24 heures pour me faire flancher parce que j’ai 76 ans ? »
Environ 60 % des plaintes reçues à Info-logis Mauricie proviennent de femmes seules, dont plusieurs sont âgées, qui se font harceler par leur propriétaire, ajoute-t-elle.
Le fait que son immeuble soit vendu à des propriétaires n’habitant pas à Trois-Rivières accentue aussi son malaise. « Quand j’ai appris par mon propriétaire qu’il vendait à une compagnie à numéro de Montréal, tout de suite, je me suis dit : ils ne viennent pas ici pour élever leurs enfants ; ils viennent ici pour faire de l’argent. »
Aux yeux de Ruba Ghazal, les « vrais coupables de la crise de l’habitation sont les spéculateurs immobiliers qui continuent à s’enrichir sur le dos du monde ». Québec solidaire a d’ailleurs l’intention de faire de l’accessibilité au logement son cheval de bataille lors de la prochaine campagne électorale québécoise.


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