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Les images qui nous arrivent de la vallée de la Bhote Koshi, au nord du Népal, sont terrifiantes et témoignent de la violence de cette crue éclair. Mercredi 26 août, une énorme masse d'eau a soudainement dévalé le lit de la rivière dans cette vallée escarpée, proche de la frontière avec le Tibet chinois, dévastant tout sur son passage. Infrastructures, ponts et bâtiments d'une douzaine de localités népalaises ont été frappés par ce torrent, avant d'être ensevelis sous une épaisse couche de boue et de débris.
Le bilan humain, encore provisoire, fait état de 270 morts et plus de 1 000 personnes portées disparues, dont 4 Français. Il pourrait encore s'alourdir alors que les secours poursuivent leurs recherches dans les zones dévastées.
Mais derrière cette apparente vague de destruction se cache une succession d'événements beaucoup plus complexe. Car cette crue n'a probablement pas commencé dans la rivière, mais plusieurs kilomètres plus haut, sur les flancs d'un glacier.
Effondrement d’un glacier plutôt que rupture de lac glaciaire
Si la rupture d’un lac glaciaire a immédiatement constitué la première hypothèse, les heures qui ont suivi ont permis aux scientifiques d'analyser les données disponibles. Les premières conclusions pointent désormais vers un autre scénario.
Les analyses montrent qu'une portion de la partie basse d'un glacier situé à 5 200 mètres d'altitude s'est brutalement effondrée. « Il est confirmé qu'une partie importante du front de ce glacier s'est effondrée, déclenchant l'événement. Elle a probablement entraîné avec elle une quantité considérable de roches et de sédiments », explique Vikram Gupta, spécialiste de la géologie de l'ingénieur et enseignant à l'université du Sikkim (Inde), à USNews.
Cette masse de glace et de roche aurait ainsi dévalé la pente sur 1 200 mètres avant de finir sa course dans le lit de la rivière Lhende. C'est là que le drame se serait véritablement enclenché. En obstruant le cours d'eau, les débris ont formé un barrage naturel derrière lequel une importante quantité d'eau s'est rapidement accumulée. Lorsque cet obstacle a cédé, une masse d'eau chargée de sédiments et de blocs s'est brutalement déversée dans les vallées en aval.
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BİNLERCE İNSAN CANLI CANLI TOPRAĞA GÖMÜLDÜ, KÖYLER HARİTADAN SİLİNDİ.
Herkes yağmur yağmadan bu Selin nasıl olduğunu konuşuyor?
???? Saniyeler içinde kütle sel her şeyi alıp götürdü, köyler yok oldu, insanlık tarihinin gördüğü en büyük felaketlerden biri… pic.twitter.com/WOsC6asvwB
Un mur d’eau et de débris qui a déferlé dans les vallées
« S'il n'y avait eu que de l'eau claire, elle n'aurait pas provoqué un tel niveau de destruction, explique Binod Parajuli, responsable de la division chargée de la prévision des crues, au Kathmandu Post. Mais une fois que les débris se sont mélangés à l'eau, la hauteur de l'écoulement a considérablement augmenté. »
Pour Tenzing Chogyal Sherpa, expert en sciences atmosphériques, il s'agit de « l'un des événements les plus dévastateurs dans cette région » (New York Times). Et pour cause : en à peine 30 minutes, le niveau de la rivière a grimpé de neuf mètres ! Une montée extrêmement brutale, cohérente avec le scénario d'une libération soudaine d'eau et de débris, plutôt qu'avec celui d'une crue de mousson classique. Les autorités hydrologiques népalaises indiquent d'ailleurs qu'il n'y a pas eu de fortes précipitations dans la région de Rasuwa les 25 et 26 août, ce qui rend peu probable l'hypothèse d'une crue directement provoquée par des pluies abondantes.
Mais qu'est-ce qui a provoqué l'effondrement initial du glacier ? C'est désormais l'une des principales questions auxquelles les scientifiques tentent de répondre.
Pas de cause sismique a priori
Dans un premier temps, les capteurs sismiques installés dans la région avaient enregistré un signal correspondant à une magnitude de 4,4, laissant penser qu'un séisme aurait pu déstabiliser le glacier et provoquer son effondrement. Mais les nouvelles analyses de l'USGS (Institut d'études géologiques des États-Unis) suggèrent que ce signal sismique aurait en réalité été produit par le glissement de terrain lui-même. L'effondrement aurait ainsi généré des vibrations équivalentes à celles d'un séisme de magnitude 5,2.
Reste donc à comprendre pourquoi cette partie du glacier s'est brutalement effondrée. Les premières observations satellitaires apportent quelques éléments de réponse, sans toutefois permettre de trancher. Elles montrent notamment une forte diminution récente de la couverture neigeuse et une exposition accrue de la glace sur les glaciers concernés. Des températures élevées et une fonte rapide ont donc pu contribuer à fragiliser le glacier, mais il est encore trop tôt pour établir un lien direct avec le changement climatique.
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Ce dernier modifie néanmoins profondément l'environnement glaciaire de l'Himalaya. Le recul et l'amincissement des glaciers, la multiplication et l'agrandissement des lacs glaciaires, mais aussi la déstabilisation de certains versants peuvent favoriser des enchaînements catastrophiques comme celui observé dans la vallée de la Bhote Koshi. L'événement du 26 août rappelle ainsi que, dans ces montagnes, une catastrophe peut naître très loin en amont et se transformer en quelques minutes en une crue dévastatrice dans les vallées habitées.
Cette vulnérabilité est d'autant plus préoccupante que le Népal a déjà été confronté à plusieurs crues d'origine glaciaire ces dernières années. En juillet 2025, une vidange brutale d'un lac glaciaire avait déjà provoqué une crue dévastatrice dans cette même région. Deux événements rapprochés, mais issus de mécanismes différents, qui illustrent la diversité des dangers auxquels sont désormais exposées les vallées de l’Himalaya.


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