Véronique n’a jamais pu parler avec ses parents de son adoption. Elle en est convaincue aujourd’hui, ils l’ont accueillie «pour faire joli» sur les photos de famille. En 2001, après leur mort, elle décide enfin de briser le tabou et contacte la Fondation Terre des hommes¹, par laquelle elle est arrivée de Corée en Suisse en 1969. «Ils étaient bienveillants, mais aussi réticents», estime-t-elle. Elle croyait avoir reçu tout ce qui la concernait.
Des années plus tard, elle découvre aux Archives cantonales vaudoises (ACV) des documents qu’elle n’avait jamais vus. Certains papiers lui sont remis caviardés, pour protéger la confidentialité de ses parents décédés. Dans d’autres, il y a des découpages, des corrections, des photos qui ne coïncident pas. «J’estime avoir un droit quant à cette histoire qui est la mienne, qui m’appartient.»


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